lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA00172 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DUJONCQUOY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au Tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 19 août 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2120288/6-2 du 14 décembre 2021, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2022, M. B, représenté par
Me Anne Dujoncquoy, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du 14 décembre 2021 du Tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler l'arrêté contesté devant ce tribunal ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, subsidiairement de consulter pour avis la commission du titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris à la suite d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis du collège de médecins de l'OFII a été émis sur la base de documents médicaux non actualisés depuis 2018, que cet avis n'est pas suffisamment motivé faute d'indiquer la durée du traitement nécessité par son état de santé, et qu'il ne comporte aucune mention sur la procédure suivie ;
- les premiers juges n'ont pas répondu à cet argument ;
- le préfet de police était tenu de saisir la commission du titre de séjour ;
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de droit, dès lors que le préfet n'a pas exercé sa compétence ; le tribunal n'a pas répondu à ce moyen ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation et méconnaît l'article
L.313-11.11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut accéder en Tunisie aux soins nécessités par son état ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à la durée de son séjour en France ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie résider sur le territoire français depuis plus de dix ans ;
- le préfet n'a pas appliqué le précédent arrêt de la Cour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A B, ressortissant tunisien né le 30 octobre 1979, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 313-14 de ce code. Par un arrêté du 2 septembre 2019, le préfet de police a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné. M. B a demandé l'annulation de cet arrêté au tribunal, qui a rejeté sa demande par un jugement du 8 janvier 2020. Ce jugement a été annulé par un arrêt du 3 décembre 2020 de la Cour administrative d'appel de Paris qui a enjoint au préfet de police de réexaminer la situation du requérant. Par un arrêté du 19 août 2021, le préfet de police a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B relève appel du jugement du 14 décembre 2021 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande dirigée contre cet arrêté.
3. Contrairement à ce que soutient le requérant, le tribunal a répondu, notamment au point 3 du jugement attaqué, s'agissant de l'erreur de droit invoquée, et au point 8 s'agissant de la procédure suivie par le collège de médecins de l'OFII, aux moyens invoqués devant lui.
4. M. B reprend en appel les moyens qu'il invoquait en première instance, tirés de ce que l'arrêté contesté a été pris à la suite d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis du collège de médecins de l'OFII a été émis sur la base de documents médicaux non actualisés depuis 2018, que cet avis n'est pas suffisamment motivé faute d'indiquer la durée du traitement nécessité par son état de santé et qu'il ne comporte aucune mention sur la procédure suivie, de ce que le préfet de police était tenu de saisir la commission du titre de séjour, de ce que l'arrêté contesté est insuffisamment motivé, de ce qu'il est entaché d'erreur de droit, faute pour le préfet d'avoir exercé sa compétence, de ce qu'il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation, méconnaît l'article L.313-11.11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faute pour lui de pouvoir accéder en Tunisie aux soins nécessités par son état, de ce que cet arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce qu'il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Par un jugement précisément motivé, le tribunal a écarté l'argumentation développée par M. B à l'appui de chacun de ces moyens. Il y a lieu, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, d'écarter les moyens ainsi renouvelés devant la Cour par le requérant, qui ne présente aucun élément de fait ou de droit nouveau, par rapport à l'argumentation qu'il avait développée devant le tribunal. Par ailleurs, l'arrêté contesté ayant été pris à la suite d'un nouvel examen par le préfet de la situation du requérant, en exécution de l'injonction donnée par la Cour, M. B n'est pas fondé à soutenir que cet arrêté aurait été pris en méconnaissance du précédent arrêt de la Cour.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B ne peut qu'être regardée comme manifestement dépourvue de fondement. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation du jugement et de l'arrêté contestés doivent, en application de l'article
R. 222-1 précité du code de justice administrative, être rejetées. Et par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 21 novembre 2022.
Le président de la 2ème chambre
de la Cour administrative d'appel de Paris,
Isabelle BROTONS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026