LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-22PA00219

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-22PA00219

vendredi 31 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-22PA00219
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCAMUS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler la décision du 24 mars 2021 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Par un jugement n° 2110508 du 18 novembre 2021, le tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 24 mars 2021 et a enjoint à ce dernier de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrés le 17 janvier 2022, le préfet de police demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2110508 du 18 novembre 2021 du tribunal administratif de Paris ;

2°) de rejeter la demande de Mme A.

Il soutient que :

- c'est à tort que le tribunal a retenu le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de Mme A ;

- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, Mme A, représentée par Me Camus, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête, et à ce que soit mis à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le moyen soulevé par le préfet de police n'est pas fondé ;

- l'arrêté du préfet de police du 24 mars 2021 méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des liberté fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris du 11 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé, sur sa proposition, Mme Lorin, rapporteure publique désignée en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Vrignon-Villalba a été entendu au cours de l'audience publique :

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 31 décembre 1988, est entrée en France, selon ses déclarations, le 30 novembre 2014. Elle a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'un enfant français. Par arrêté du 24 mars 2021, le préfet de police a rejeté sa demande. Par un jugement du 18 novembre 2021, le tribunal administratif de Paris a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet de police de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Le préfet de police relève appel de ce jugement.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :

2. Contrairement à ce que soutient Mme A, la circonstance que le préfet de police lui a, en exécution de l'injonction prononcée à l'article 2 du jugement attaqué, délivré une autorisation provisoire de séjour, ne privent pas d'objet l'appel du préfet de police contre ce jugement.

Sur le moyen retenu par le tribunal :

3. Pour annuler la décision du 24 mars 2021 par laquelle le préfet de police a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A, le tribunal a jugé que cette décision était entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation de l'intéressée.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est mère d'un enfant né en France le 12 février 2015, qu'elle a déclaré, notamment devant la commission du titre de séjour le 4 février 2021 et devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles le 18 mars 2016, avoir fait reconnaître par un ressortissant français, qui ne contribue pas à son entretien et à son éducation, aux seules fins d'obtenir un titre de séjour en qualité de mère d'un enfant français, en reconnaissant ainsi que son enfant n'était pas français. Par ailleurs, Mme A a été incarcérée au mois de septembre 2015, pour des faits de violence avec usage d'une arme suivie d'incapacité supérieure à huit jours commis le 21 septembre 2015 à l'encontre du père biologique de cet enfant, ce dernier ayant été placé auprès de l'aide sociale à l'enfance. Par ailleurs, si Mme A fait valoir qu'elle a un autre enfant né en France, le 25 novembre 2020, elle n'établit pas ni même n'allègue l'existence d'une vie commune avec le père de l'enfant, ni même que celui-ci, dont il ressort au surplus des pièces du dossier qu'il est en situation irrégulière en France, entretiendrait des liens avec son enfant. Si, ainsi que le tribunal l'a souligné, par un jugement en assistance éducative du 1er mars 2021, le tribunal des enfants de B a renouvelé la mesure de placement de l'enfant aîné de Mme A, pendant une nouvelle durée d'un an et que le juge des enfants a décidé, après avoir relevé le besoin d'un cadre sécurisant et rassurant pour le premier enfant de Mme A, que celle-ci bénéficie d'un droit de visite et d'hébergement à raison d'un week-end par mois, cette circonstance ne permet pas de dire que la décision attaquée, qui ne fait pas obligation à Mme A de quitter le territoire français, est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de Mme A.

5. Il résulte de ce qui précède que le préfet de police est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Paris a accueilli le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de Mme A pour annuler sa décision du 24 mars 2021.

6. Il appartient toutefois à la Cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mme A devant le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris et devant la Cour.

Sur les autres moyens soulevés par Mme A :

7. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

8. Il ressort des pièces du dossier que le fils aîné de Mme A a été placé en famille d'accueil dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert, Mme A d'un côté et son père biologique de l'autre bénéficiant d'une journée de sortie une fois par mois et d'un droit de visite et d'hébergement un week-end par mois. Le jugement du 1er mars 2021 du juge des enfants au tribunal judicaire de B, en dernier lieu, souligne les difficultés auxquelles l'enfant fait face et la nécessité pour lui de bénéficier " d'un cadre sécurisant et rassurant " s'agissant tant de sa famille d'accueil que des relations avec ses parents et leurs familles respectives. Il ressort également des termes de l'ordonnance du 27 octobre 2020 fixant les droits de visite que Mme A détient seule l'autorité parentale. Enfin, il n'est pas allégué par le préfet que le père de l'enfant serait en situation irrégulière en France, pas plus qu'il n'est contesté qu'il y a fondé une nouvelle famille et qu'il a donc vocation à y rester. Dans ces conditions, en refusant à Mme A un titre de séjour, et alors même que la décision attaquée n'implique pas par elle-même que Mme A quitte le territoire français, le préfet de police a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. Il résulte de ce qui précède que le préfet de police n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a annulé sa décision du 24 mars 2021 et lui a enjoint de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête du préfet de police est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Vrignon-Villalba, présidente de la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,

- M. Aggiouri, premier conseiller,

- M. Perroy, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 31 mars 2023.

L'assesseur le plus ancien

K. AGGIOURILa présidente rapporteure

C. VRIGNON-VILLALBA

La greffière,

A. MAIGNAN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions