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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-22PA00279

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-22PA00279

jeudi 31 mars 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-22PA00279
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantBOUKHELIFA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A C a demandé au Tribunal administratif de Paris d'annuler la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur née du silence gardé sur son recours hiérarchique notifié le 2 novembre 2018, ensemble la décision implicite du préfet de police née du silence gardé sur sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " notifiée le 29 mai 2018.

Par un jugement n° 1902224/5-1 du 7 janvier 2022, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 19 janvier et

4 février 2022, Mme C, représentée par Me Boukhelifa, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 1902224/5-1 du 7 janvier 2022 du Tribunal administratif de Paris ;

2°) d'annuler la décision implicite du préfet de police née du silence gardé sur sa demande de titre de séjour et la décision implicite du ministre de l'intérieur née du silence gardé sur son recours hiérarchique ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions contestées méconnaissent les stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 6 alinéa 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme C, ressortissante algérienne née le 26 juillet 1973, est entrée en France pour la dernière fois le 22 juin 2016 sous couvert d'un visa de long séjour délivré au titre du regroupement familial. Elle a sollicité, par une demande notifiée le 29 mai 2018, le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Une décision implicite de rejet est née le 29 septembre 2018 du silence gardé pendant plus de quatre mois par le préfet de police sur cette demande. Le silence gardé par l'autorité administrative pendant un délai de deux mois sur le recours hiérarchique formé par Mme C le 17 octobre 2018, dont le ministre de l'intérieur a accusé réception le 2 novembre 2018, a également fait naître une décision implicite de rejet de ce recours le 2 janvier 2019. Mme C relève appel du jugement

n° 1902224/5-1 du 7 janvier 2022 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

3. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Les membres de la famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. () l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente ".

4. Mme C reprend en appel le moyen développé en première instance tiré de ce que la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour méconnaîtrait les stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié dès lors que le décès de son époux n'aurait pas dû porter préjudice à ses droits de bénéficier d'un titre de séjour sur ce fondement, que la procédure de regroupement familial avait été accueillie favorablement par l'autorité administrative et que le visa de long séjour avait été délivré à l'intéressée. Toutefois, Mme C ne développe au soutien de ce moyen aucun argument de fait ou de droit pertinent et ne produit aucun document de nature à remettre en cause l'analyse et la motivation retenues par le Tribunal administratif de Paris. Par suite, il y a lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges.

5. En second lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Mme C soutient qu'elle vit au domicile qui était celui de son défunt époux et qu'elle exerce une activité salariée lui permettant de subvenir à ses besoins. Toutefois, si elle produit un certificat de mariage du 4 novembre 2021 entre elle et M. B, né en France le 2 mars 1959, elle n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité d'une vie commune à la date de la décision contestée, ni l'intensité de ses liens personnels et familiaux en France. De même, Mme C n'établit ni même n'allègue être dépourvue de toute attache familiale en Algérie. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet de police, en refusant de lui délivrer un certificat de résidence, aurait méconnu les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien précité et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit, par suite, être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Copie en sera adressée au préfet de police et au ministre de l'intérieur.

Fait à Paris, le 31 mars 2022.

Le président de la 8ème chambre,

R. LE GOFF

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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