mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA00657 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP JEROME ROUSSEAU & GUILLAUME TAPIE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au Tribunal administratif de Paris d'annuler la décision du 25 juin 2020 par laquelle le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris l'a mis en demeure, dans un délai de trois mois, de faire cesser la mise à disposition aux fins d'habitation du local situé bâtiment A, sous-sol, couloir de gauche, 3ème porte gauche n° 8 de l'immeuble situé D, dont il est propriétaire.
Par un jugement n° 2011140/6-1 du 26 novembre 2021, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 février, 29 mars, 10 juin, 30 août et 16 novembre 2022, M. C, représenté par la SARL Rousseau et Tapie, demande à la Cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le jugement n° 2011140/6-1 du 26 novembre 2021 du Tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2020 du préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la régularité du jugement :
- il est irrégulier faute d'être signé ;
- c'est à tort que les premiers juges ont estimé qu'aucun moyen de légalité externe n'était invoqué dans sa requête initiale et que les moyens de légalité externe invoqués ultérieurement étaient irrecevables comme tardifs ;
En ce qui concerne la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée, qui présente le caractère d'une mesure de police et doit en conséquence être motivée, est entachée d'un vice de procédure pour avoir a été prise en méconnaissance des droits de la défense, faute pour lui d'avoir été mis à même de présenter en temps utile ses observations écrites sur les mesures envisagées ;
- c'est à tort que les premiers juges ont estimé, au visa de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, qu'il avait mis les locaux à disposition d'occupants ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, le local n'étant pas impropre à l'habitation ;
- à titre subsidiaire, un expert devra être désigné en vue de se prononcer sur l'habitabilité du logement, notamment au vu des possibilités d'élargissement et de son niveau d'éclairement.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 octobre 2022, le ministre de la santé et de la prévention conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Bernard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire d'un local dans un immeuble situé D. A la suite de l'enquête d'inspecteurs assermentés du service technique de l'habitat de la Ville de Paris effectuée le 9 septembre 2019, le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, l'a mis en demeure par un arrêté du 25 juin 2020 d'en faire cesser la mise à disposition à des fins d'occupation dans un délai de trois mois. Le recours gracieux formé le 25 juin 2020 par M. C a été rejeté le 31 août suivant. M. C relève appel du jugement du 26 novembre 2021 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 25 juin 2020.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique dans sa rédaction alors applicable : " Les caves, sous-sols, combles, pièces dépourvues d'ouverture sur l'extérieur et autres locaux par nature impropres à l'habitation ne peuvent être mis à disposition aux fins d'habitation, à titre gratuit ou onéreux. Le préfet met en demeure la personne qui a mis les locaux à disposition de faire cesser cette situation dans un délai qu'il fixe ".
3. Selon l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix () ". En l'absence de dispositions législatives instaurant une procédure contradictoire particulière préalablement aux mises en demeure de faire cesser l'occupation aux fins d'habitation, les mesures prévues par les dispositions précitées de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, qui présentent le caractère de mesures de police, doivent être précédées, en application des dispositions combinées précitées des articles L. 211-2 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, d'une information préalable du propriétaire qui doit être mis à même de présenter des observations sur les mesures que l'administration envisage de prendre.
4. M. C, qui était, à la date de notification de la décision attaquée, résident en Thaïlande et pouvait dès lors, conformément aux dispositions des articles R. 421-1 et R. 421-7 du code de justice administrative, présenter des moyens de légalité externe dans un délai de quatre mois à compter du 27 juillet 2020, date à laquelle sa demande de première instance a été enregistrée, contrairement à ce qu'a estimé le tribunal administratif, soutient que la décision attaquée, qui présente le caractère d'une mesure de police et doit en conséquence être motivée, est entachée d'un vice de procédure pour avoir a été prise en méconnaissance des droits de la défense, faute pour lui d'avoir été mis à même de présenter en temps utile ses observations écrites sur les mesures envisagées.
5. Il résulte de l'instruction que le courrier du 10 janvier 2020 par lequel le préfet a invité M. C à présenter ses observations dans un délai de 15 jours, sans autres précisions, d'une part, vise l'article L. 1331-22 du code de la santé publique et mentionne que le local est par nature impropre à l'habitation, d'autre part, énonce également, qu'une " procédure d'insalubrité " est engagée, alors que les deux procédures afférentes sont distinctes, notamment s'agissant de leurs conséquences. Ce courrier n'avise par ailleurs pas son destinataire de l'intention de l'administration de prendre un arrêté de mise en demeure de faire cesser la mise à disposition à des fins d'habitation du local dont il est propriétaire, compte tenu des constats opérés par le service technique de l'habitat de la Ville de Paris à la suite de l'inspection du 9 septembre 2019, qui sont partiellement résumés. A cette occasion, M. C n'a par ailleurs pas été informé de la possibilité de consulter son dossier. S'il a présenté des observations écrites, les courriers des 27, 28 et 29 janvier 2020, des 6, 8, 12, 18, 22 et 24 février 2020 ainsi que du 19 juin 2020, évoqués dans son mémoire en défense par le préfet ne sont pas produits au dossier. Il suit de là que le moyen tiré de ce que M. C n'a pas été mis à même de présenter des observations sur les mesures que l'administration envisageait de prendre est fondé.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 25 juin 2020 du préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. C de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement n° 2011140/6-1 du 26 novembre 2021 du Tribunal administratif de Paris et l'arrêté du 25 juin 2020 du préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris sont annulés.
Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris et à la directrice
générale de l'agence régionale de santé d'Île-de-France
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Le Goff, président,
- Mme Jayer, première conseillère,
- Mme Larsonnier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.
La rapporteure,
M-D ALe président,
R. LE GOFF
Le greffier,
P. TISSERAND
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026