vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA00778 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ANNE SEVAUX & PAUL MATHONNET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B et la société Permis accélérés ont demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l'État à leur verser les sommes respectives de 5 000 euros et de 140 038 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de l'illégalité de l'arrêté du 24 juillet 2018 par lequel le préfet de police a abrogé l'arrêté du 5 septembre 2016 autorisant M. B à exploiter l'établissement d'enseignement à titre onéreux de la conduite des véhicules terrestres à moteur et de la sécurité routière dénommé " école de conduite des Batignolles " situé 31 rue Brochant à Paris.
Par un jugement n° 2002492/6-1 du 17 décembre 2021, le tribunal administratif de Paris a condamné l'État à verser la somme de 24 719 euros à la société Permis accélérés et a rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 février 2022 et 21 avril 2022, M. B et la société Permis accélérés, représentés par la SCP Sevaux et Mathonnet, demandent à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Paris du 17 décembre 2021 en ce qu'il n'a pas fait droit à l'intégralité de leurs demandes ;
2°) de condamner l'État à leur verser les sommes respectives de 5 000 euros et de 140 038 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'illégalité fautive de l'arrêté du 24 juillet 2018 a causé à la société Permis accélérés un préjudice commercial et d'image résultant de la fermeture inopinée de l'établissement " école de conduite des Batignolles " du 24 juillet 2018 au 13 août 2018 et des effets de cette fermeture sur sa clientèle ;
- c'est à tort que les premiers juges ont rejeté la demande au titre des frais de procédure, la somme allouée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne réparant pas l'intégralité du préjudice subi ;
- M. B a subi un préjudice moral du fait de la fermeture de son établissement.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Pena, rapporteure publique,
- et les observations de Me Schott, représentant M. B et la société Permis accélérés.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 mai 2011, le préfet de police a délivré à M. B, gérant de la société Permis accélérés, un agrément en vue de l'exploitation de l'établissement d'enseignement de la conduite " école de conduite des Batignolles " au 31 rue Brochant, dans le 17e arrondissement de Paris. Cet agrément été renouvelé pour cinq ans le 5 septembre 2016. À l'issue d'un contrôle de l'établissement réalisé le 3 mai 2018, le préfet de police a retiré, par un arrêté du 24 juillet 2018, l'agrément délivré à M. B. Par une ordonnance du 10 août 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a suspendu l'exécution de cet arrêté. Par un jugement n° 1814288/6-3 du 16 mai 2019, le même tribunal a annulé l'arrêté du 24 juillet 2018. Par un courrier du 8 octobre 2019, M. B a demandé au préfet de police d'indemniser les préjudices subis par la société et par son gérant du fait de l'illégalité de l'arrêté du
24 juillet 2018, liés à la fermeture de l'" école de conduite des Batignolles " jusqu'au
13 août 2018. La demande a été implicitement rejetée le 9 décembre 2019. M. B et la société Permis accélérés relèvent appel du jugement du 17 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Paris a condamné l'État à verser la somme de 24 719 euros à la société Permis accélérés et a rejeté le surplus de leurs demandes.
Sur les préjudices de la société Permis accélérés :
2. D'une part, la société Permis accélérés demande en appel la somme de 110 000 euros au titre du préjudice commercial et d'image qu'elle estime avoir subi du fait de la fermeture de l'établissement " école de conduite des Batignolles " durant treize jours, du 31 juillet 2018 au 13 août 2018, en conséquence de l'arrêté du 24 juillet 2018 entaché d'illégalité fautive. Elle fait valoir une insatisfaction de sa clientèle et se prévaut du caractère très concurrentiel de son activité. Toutefois, alors que son manque à gagner a été réparé par le jugement de première instance, elle ne justifie pas de la réalité du préjudice invoqué durant la brève période de fermeture subie par l'établissement. Sa demande à ce titre ne peut dès lors qu'être rejetée.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Les frais de justice exposés devant le juge administratif en conséquence directe d'une faute de l'administration sont susceptibles d'être pris en compte dans le préjudice résultant de la faute imputable à celle-ci. Toutefois, lorsque l'intéressé avait qualité de partie à l'instance, la part de son préjudice correspondant à des frais non compris dans les dépens est réputée intégralement réparée par la décision que prend le juge dans l'instance en cause.
4. Il résulte de l'instruction que la société requérante a bénéficié, à l'occasion des instances ayant donné lieu à la suspension puis à l'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2018, de la somme totale de 3 000 euros en application des dispositions précitées. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter une indemnisation complémentaire au titre des frais de justice qu'elle a exposés du fait de l'illégalité fautive imputable à l'administration.
Sur le préjudice de M. B :
5. M. B soutient que la fermeture de l'établissement " école de conduite des Batignolles " durant treize jours du 24 juillet au 13 août 2018 a été à l'origine d'un préjudice moral caractérisé par une dépression et des troubles dans ses conditions d'existence, qu'il évalue à la somme de 5 000 euros. Il ne justifie cependant pas de la réalité du préjudice invoqué par la production d'un arrêt de travail daté d'avril 2019 et de deux attestations délivrées par sa secrétaire et son fils. Sa demande doit dès lors être rejetée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B et la société Permis accélérés ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris n'a pas fait droit à l'intégralité de leurs demandes.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et de la société Permis accélérés est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B, à la société Permis accélérés et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Ivan Luben, président de chambre,
- Mme Isabelle Marion, première conseillère,
- Mme Gaëlle Mornet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
La rapporteure,
G. CLe président,
I. LUBEN
Le greffier,
É. MOULIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026