vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA01166 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | MACAREZ |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.
Par une ordonnance n° 2116241 du 11 février 2022, le président de la 11ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a rejeté la demande de M. C.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2022, M. C, représenté par Me Macarez, demande à la Cour :
1°) d'annuler l'ordonnance n° 2116241 du 11 février 2021 du président de la 11ème chambre du tribunal administratif de Montreuil ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office, ainsi que la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à l'autorité compétente de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa demande, le tout dans un délai d'un mois et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que le tribunal lui a opposé la forclusion sur sa demande, dès lors qu'il a déposé une demande de réexpédition du courrier ;
- les médecins du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'avaient pas la compétence pour formuler un avis éclairé sur la possibilité de soin en Côte d'Ivoire ;
- sur le fond, le traitement nécessaire n'est effectivement pas disponible en Côte d'Ivoire ;
- la décision méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a été prise en violation des articles L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a sollicité le renouvellement de son titre " vie privée et familiale " qui lui avait été délivré pour la période du 13 janvier au 12 juillet 2020. Il demande à la Cour l'annulation de l'ordonnance du 11 février 2022 par laquelle le président de la 11ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a rejeté comme irrecevable pour tardiveté sa demande dirigée contre l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai d'un mois, ainsi que l'annulation de ladite décision.
2. Aux termes en outre du premier alinéa du I de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 3°, 5°, 7° ou 8° du I de l'article L. 511-1 ou sur le fondement de l'article L. 511-3-1 et qui dispose du délai de départ volontaire mentionné au premier alinéa du II de l'article L. 511-1 ou au sixième alinéa de l'article L. 511-3-1 peut, dans le délai de trente jours suivant sa notification, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision mentionnant le pays de destination et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou d'interdiction de circulation sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 18 octobre 2021 a été expédié à M. C par envoi postal sous pli recommandé avec demande d'avis de réception à l'adresse donnée par l'intéressé à l'administration. Ce pli a été retourné par La Poste au préfet avec la mention de ce que le destinataire avait été avisé de la présentation du pli le 21 octobre 2021 et de ce qu'il ne l'avait pas réclamé pendant sa mise en instance au bureau de poste principal de Seine-Saint-Denis. Il est par ailleurs constant que l'arrêté ainsi notifié mentionnait les voies et délais de recours. Or, la requête de M. C n'a été enregistrée au tribunal administratif de Montreuil que le 26 novembre 2021, postérieurement à l'expiration du délai de recours de trente jours. Si M. C soutient avoir souscrit le 18 août 2021 un contrat de réexpédition de son courrier de son domicile de Sevran à sa nouvelle adresse à Villepinte, il ressort des pièces du dossier qu'il a établi une demande de communication de la copie de l'arrêté au plus tôt le 26 octobre 2021, dans laquelle figurait son adresse chez M. A impasse Ronsard à Sevran, identique à celle qu'il avait indiquée dans sa demande et à laquelle le courrier a été présenté le 21 octobre. En outre, c'est cette adresse qu'il avait mentionnée, le 10 septembre 2021, lors de sa reconnaissance de paternité auprès de la mairie de Sevran. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait informé les services préfectoraux d'un changement d'adresse antérieurement à la notification de l'arrêté attaqué. Ainsi, sa demande devant le tribunal était tardive et dès lors irrecevable. Dès lors, c'est à bon droit que le président de la 11ème chambre du tribunal administratif de Montreuil l'a rejetée comme irrecevable. Par suite, les autres moyens de la requête ne peuvent qu'être écarté comme inopérants.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par ordonnance du 11 février 2022, le président de la 11ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande d'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé le renouvellement de son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, ainsi que celles relatives à l'attribution des frais de l'instance ne peuvent également qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 12 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Carrère, président,
- M. Simon, premier conseiller,
- Mme Boizot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la Cour, le 2 juin 2023.
Le rapporteur,
C. SIMONLe président,
S. CARRERELa greffière,
C. DABERT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026