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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-22PA01471

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-22PA01471

mardi 21 juin 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-22PA01471
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantWERBA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au Tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination.

Par un jugement n° 2012703 du 28 janvier 2022, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 10 mars 2022 au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, que le président de la 6ème chambre de cette juridiction a transmise à la Cour par une ordonnance n° 22VE00564 du 15 mars 2022, M. A, représenté par Me Werba, demande au juge d'appel :

1°) d'annuler le jugement n° 2012703 du 28 janvier 2022 du Tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer immédiatement une carte de séjour temporaire ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard, dans l'attente du réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel, les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. A n'a invoqué que des moyens de légalité interne en première instance. Il n'est par suite pas recevable à soulever en appel des moyens de légalité externe, qui relèvent d'une autre cause juridique, à l'exception des moyens d'ordre public. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté à l'origine du litige, invoqué pour la première fois en appel et qui n'est pas d'ordre public, doit être écarté.

3. Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. ".

4. Contrairement à ce que soutient M. A, il ressort de la motivation de l'arrêté à l'origine du litige que le préfet de la Seine-Saint-Denis, saisi par cet étranger d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, a examiné s'il pouvait bénéficier d'une régularisation par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " puis par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ". L'absence de transmission de la demande d'autorisation de travail à la direction de consultation des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi avant la décision de rejet de la demande de titre de séjour est sans incidence sur la légalité de celle-ci.

5. M. A, ressortissant ghanéen né le 4 mai 1989, est entré en France dans des conditions et à une date que les pièces qu'il a produites en première instance, transmises à la Cour avec le dossier de sa demande, ne permettent pas de déterminer avec certitude. Il a été embauché le 24 août 2015 comme " employé de quai " sous un faux nom par une société appartenant au secteur des transports et y a été employé jusqu'au mois d'avril 2019, d'après les bulletins de paye produits en première instance. Son employeur a en effet suspendu l'exécution du contrat de travail après avoir découvert la fraude du salarié. Il est célibataire et n'établit pas avoir d'attache familiale en France où il a été en situation irrégulière depuis son entrée. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Saint-Denis, en rejetant sa demande de titre de séjour, n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Il suit de ce qui a été dit aux points 2 à 5 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision de rejet de la demande de titre de séjour, invoquée à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

7. Compte tenu des éléments de la situation personnelle de M. A analysés au point 5, l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

8. Le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des autres décisions contenues dans l'arrêté à l'origine du litige ne peut qu'être écarté en raison du rejet des conclusions dirigées contre celles-ci.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A, en ce qu'elle tend à l'annulation du jugement attaqué et de l'arrêté à l'origine du litige, est manifestement dépourvue de fondement. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Paris, le 21 juin 2022.

Le président,

Claude JARDIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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