vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA01579 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS CHETIVAUX - SIMON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société Balcia Insurance a demandé au tribunal administratif de Melun de condamner la société Idem Cuisines à lui verser une somme de 182 966,55 euros au titre du dégât des eaux survenu à l'école Langevin.
Par une ordonnance n° 2200142 du 7 avril 2022, le président de la 8ème chambre du tribunal administratif de Melun a rejeté la demande comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 et 21 avril 2022, la société Balcia Insurance, représentée par Me du Pavillon, demande à la Cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du tribunal administratif de Melun ;
2°) de renvoyer l'affaire au tribunal ;
3°) à titre subsidiaire, d'évoquer l'affaire et de condamner la société Idem Cuisines à lui verser une somme de 182 966, 55 euros, assortie des intérêts à compter du 10 février 2021 ;
4°) de mettre à la charge de la société Idem Cuisines une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que l'ordonnance attaquée a rejeté sa demande comme présentée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître dès lors que ses conclusions n'étaient pas dirigées contre la société Axa France ;
- elle est recevable à demander la condamnation de la société Balcia Insurance dès lors qu'elle a indemnisé la commune d'Ivry-sur-Seine ;
- le sinistre est dû à un défaut de montage du raccordement de la fontaine à eau, dont la société Balcia Insurance était chargée de l'entretien ; elle était soumise, à ce titre, à une obligation de résultat et elle ne se prévaut d'aucune cause exonératoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2022, la société Idem Cuisines, représentée par la SELAS Chetivaux Simon s'en rapporte à la justice s'agissant de la compétence de la juridiction administrative, de l'annulation de l'ordonnance du 7 avril 2022 et du renvoi de l'affaire devant le tribunal, à titre subsidiaire, si la Cour devait statuer au fond, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Balcia Insurance une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle n'a commis aucune faute ;
- la société requérante n'établit pas la réalité de son préjudice.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- la loi n° 2001-1168 du 11 décembre 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Jayer, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Idem Cuisines est liée à la commune d'Ivry-sur-Seine par un contrat de dépannage et d'entretien du matériel de restauration, parmi lequel figurent les fontaines à eau. A la suite d'un dégât des eaux causé par la rupture du branchement de l'une de ces fontaines, la société Balcia Insurance, assureur de la commune d'Ivry-sur-Seine, a recherché la responsabilité de la société Idem Cuisines. La société Balcia Insurance relève appel de l'ordonnance par laquelle le tribunal administratif de Melun a rejeté comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître sa demande de condamnation de la société Idem Cuisines.
Sur la régularité de l'ordonnance :
2. D'une part, le tribunal a rejeté la demande de la société Balcia Insurance comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître au motif qu'il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé. Toutefois, si le tribunal a regardé la demande de la société Balcia Insurance comme dirigée contre la société Axa France, assureur de la société Idem Cuisines, la seule circonstance que la société avait mis en demeure la société Axa France de prendre en charge le coût du sinistre ne permettait pas de regarder ses conclusions, dirigées exclusivement contre la société Idem Cuisines, comme dirigées contre la société Axa France alors, au surplus, qu'elle avait joint à sa demande une demande indemnitaire formée auprès de la société Idem Cuisines.
3. D'autre part, le contrat conclu le 5 mars 2013 entre la commune d'Ivry-sur-Seine et la société Idem Cuisines, qui constitue un marché public de service passé en application du code des marchés publics, alors applicable, est un contrat administratif en vertu de l'article 2 de la loi du 11 décembre 2001 portant mesures urgentes de réformes à caractère économique et financier. La société Balcia Insurance recherchant la responsabilité de la société Idem Cuisines en application de ce contrat, la juridiction administrative est compétente pour connaître du litige.
4. Il résulte de ce qui précède que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le tribunal a rejeté la demande de la société Balcia Insurance comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Elle doit, par suite, être annulée.
5. Les parties concluant, à titre principal, au renvoi de l'affaire, il y a lieu de renvoyer l'affaire devant le tribunal administratif de Melun pour qu'il soit à nouveau statué sur la demande de la société Balcia Insurance.
Sur les frais du litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Balcia Insurance et la société Idem Cuisines sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'ordonnance n° 2200142 du 7 avril 2022 du tribunal administratif de Melun est annulée.
Article 2 : L'affaire est renvoyée devant le tribunal administratif de Melun.
Article 3 : Les conclusions des sociétés Balcia Insurance et Idem Cuisines présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société Balcia Insurance, à la société Idem Cuisines et à la commune d'Ivry-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 17 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Briançon, présidente,
Mme d'Argenlieu, première conseillère,
Mme Saint-Macary, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
La rapporteure,
M. A
La présidente,
C. BRIANÇON
La greffière,
O. BADOUX-GRARE
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026