mercredi 29 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA01680 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | COMPIN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Par un jugement n° 2117200 du 17 mars 2022, le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2022, et un mémoire, enregistré le 24 juin 2022, M. B, représenté par Me Compin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Compin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de séjour :
- elle méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnait l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant serbe né le 4 décembre 1963, déclare être entré en France en 2001. Il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire entre le 10 juillet 2006 et le 9 juillet 2009 puis d'une carte de résident en qualité de conjoint de français. A l'expiration de sa carte de résident, il a sollicité une carte de résident permanent. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
3. M. B fait valoir en appel, qu'à la date de l'arrêté pris à son encontre, il résidait régulièrement en France depuis plus de dix ans et ne pouvait donc, en application du 3° de l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faire l'objet d'une mesure d'expulsion. Toutefois M. B ne fait pas l'objet d'une expulsion mais d'une obligation de quitter le territoire français. Unn tel moyen est par conséquent inopérant.
4. Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ". Aux termes de l'article L. 426-4 du même code : " A l'expiration de la carte de résident () dont il est titulaire, une carte de résident permanent, à durée indéterminée, peut être délivrée à l'étranger qui en fait la demande, à condition que sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il satisfasse aux conditions prévues à l'article L. 413-7. La délivrance de la carte de résident permanent est de droit dès le deuxième renouvellement d'une carte de résident, sous réserve des mêmes conditions que celles prévues au premier alinéa () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné une première fois le 13 mai 2016 pour non-respect de l'interdiction imposée par le juge aux affaires familiales d'entrer en contact avec son ex-épouse, dans un contexte de menaces de mort proférées à son encontre puis, de nouveau pour les mêmes faits, le 9 janvier 2019. Cette seconde condamnation pénale l'a également reconnu coupable d'avoir harcelé son ex-épouse, entraînant une incapacité supérieure à huit jours et la dégradation des conditions de vie de l'intéressée avec altération de sa santé, en la suivant à la sortie de l'école de leur enfant et de l'avoir menacée de mort, de manière réitérée. Cette seconde condamnation pénale a ainsi prononcé une peine d'emprisonnement d'un an dont six mois avec sursis mise à l'épreuve pendant deux ans, impliquant notamment une interdiction de paraître aux abords du domicile de son ex-épouse et de l'école de leur enfant et une interdiction d'entrer en relation avec la victime et son fils en dehors du cadre fixé par le juge aux affaires familiales et le juge des enfants. Ces faits, qui sont réitérés et relativement récents à la date de l'arrêté attaqué, suffisent à faire regarder sa présence en France comme constitutive d'une menace pour l'ordre public au sens et pour l'application des dispositions citées au point précédent du présent arrêt. En outre, si le requérant fait valoir qu'il a respecté la dernière condamnation, ce dont son ex-épouse a attesté par une lettre rédigée le 11 août 2021, il ressort des pièces du dossier que celle-ci a en réalité déposé une main courante le 19 août 2020, se plaignant du non-respect par le requérant de l'interdiction d'entrer en contact avec son fils en dehors des lieux médiatisés les 24 et 25 juin 2020 alors que celui-ci refuse par ailleurs les rencontres en lieu médiatisé. De même, s'il est vrai que le requérant a bénéficié d'un mesure d'aménagement de peine, le juge de l'application des peines a néanmoins relevé, dans son jugement du 9 janvier 2020, qu'il est " manifeste que l'intéressé ne perçoit pas la gravité des faits " et n'est pas engagé dans une démarche de soins et que " des interrogations demeurent sur sa capacité à respecter les interdictions, d'autant plus qu'il n'a pas investi la mesure d'aide éducative en milieu ouvert ".
6. Il est certes constant que M. B résidait régulièrement en France depuis quinze ans à la date de l'arrêté attaqué et qu'il est père d'un enfant de nationalité française qui était alors âgé de douze ans. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné à deux reprises pour des faits de non-respect de l'ordonnance de protection rendue au bénéfice de son ex-épouse en raison des menaces de mort dont elle était victime ainsi que pour des faits de harcèlement à l'encontre de cette dernière. En outre, il ressort des pièces du dossier que la mère de l'enfant s'est vu attribuer l'exercice exclusif de l'autorité parentale à compter de l'année 2015, ainsi que le bénéfice d'une ordonnance de protection en raison du risque de violences physiques et verbales du requérant à son encontre. Le juge aux affaires familiales a ainsi, en dernier lieu le 12 juin 2018, confirmé le jugement du 9 février 2017 conférant l'autorité parentale exclusive à la mère et réservant les droits de visite et d'hébergement du père. Ce jugement a en outre prononcé une interdiction d'entrer en contact avec la mère et l'enfant. Le requérant fait néanmoins valoir, en se prévalant d'une lettre du 11 août 2021 rédigée par son ex-épouse, que l'enfant a manifesté, au mois de juin 2021, soit quelques jours avant l'arrêté attaqué, sa volonté de reprendre des relations soutenues avec son père. Toutefois, l'attestation en ce sens de la mère de l'enfant n'est pas suffisamment probante, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, pour établir, à elle seule, la réalité des nouvelles modalités de visite de l'enfant invoquées. A cet égard, le requérant n'a pas justifié avoir saisi le juge aux affaires familiales comme il l'indique et n'a produit aucune décision du juge des enfants ou du juge aux affaires familiales postérieure à la dernière décision versée au dossier, datée du 21 novembre 2019. Or cette dernière décision judiciaire évoque la nécessité d'une expertise psychiatrique aux fins d'apprécier la façon dont il est possible que le requérant prenne sa place de père vis-à-vis de l'enfant et ordonne la poursuite de la mesure d'action éducative en milieu ouvert.
7. Dans ces conditions, et compte tenu de la menace à l'ordre public que la présence en France du requérant représente, la décision attaquée n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni celles de l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, malgré l'ancienneté de sa résidence en France et la promesse d'embauche dont il se prévaut d'ailleurs postérieure de près d'un an à l'arrêté attaqué.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 29 juin 2022.
Le président,
T. CELERIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°22PA01680
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026