lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA01993 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LENDREVIE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au Tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2011476 du 30 mars 2022, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2022, M. A, représenté par Me Lendrevie, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2011476 du 30 mars 2022 du Tribunal administratif de Montreuil ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ou un récépissé ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 20 000 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la régularité du jugement attaqué :
- il a été rendu sur une procédure irrégulière, en méconnaissance du droit à un procès équitable, du droit à un recours effectif et des droits de la défense, dès lors que son conseil n'a pas été en mesure de présenter des observations orales à l'audience, le tribunal administratif n'ayant pas pris en compte sa demande de retenir l'affaire due à un retard ;
- il est entaché d'une erreur de fait et d'appréciation dès lors que M. A a séjourné sur le territoire français pendant plus de dix ans ;
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté contesté :
- il est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ;
- le préfet aurait dû préalablement saisir la commission du titre de séjour ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé au regard de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur ;
- la circulaire du 28 novembre 2012 est invocable ;
- il peut se prévaloir des critères de la circulaire du 28 novembre 2012, la preuve de la présence régulière en France, le nombre de fiches de paie et les perspectives d'embauche ainsi que ses attaches familiales en France ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne retenant pas l'existence de motifs exceptionnels d'admission au séjour ;
- l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant égyptien né le 16 octobre 1967, est entré en France le 21 août 2001 selon ses déclarations. Par un jugement du 30 mars 2022, dont il relève appel, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 septembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de destination.
Sur la régularité du jugement :
3. En premier lieu, il est constant que les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience tenue devant le Tribunal administratif de Montreuil le 24 février 2022 au cours de laquelle l'affaire a été examinée. M. A ne saurait soutenir qu'il a été irrégulièrement privé de son droit de présenter des observations orales lors de l'audience, dès lors que le tribunal n'était pas tenu de prendre en compte la demande de son conseil de retenir l'affaire au-delà de l'heure à laquelle elle devait être appelée et qu'au demeurant, il n'établit pas que cette demande aurait été acceptée. M. A n'est par suite pas fondé à soutenir que le jugement est intervenu au terme d'une procédure irrégulière en méconnaissance du droit à un procès équitable, du droit à un recours effectif et des droits de la défense.
4. En second lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir de ce que le jugement attaqué serait entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
5. En premier lieu, M. A soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation s'agissant de son ancienneté sur le territoire français. Cependant, s'il maintient résider habituellement en France depuis le mois d'août 2001, il ne produit en appel aucune pièce supplémentaire de nature à étayer ses allégations, de sorte qu'il ne développe au soutien de ce moyen aucun argument de droit ou de fait pertinent de nature à remettre en cause l'analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges.
6. En deuxième lieu, M. A n'établit pas, comme il a déjà été dit au point 5 de la présente ordonnance, résider habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de la décision contestée. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était pas tenu de soumettre pour avis à la commission du titre de séjour sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
7. En troisième lieu, M. A reprend en appel le moyen soulevé en première instance tiré de ce que l'arrêté serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il réitère son argumentation de première instance et n'apporte pas d'éléments probants de nature à remettre en cause les réponses que le tribunal administratif a apportées à ce moyen Le requérant, qui n'établit pas plus en appel qu'en première instance que son admission au séjour répondrait à des considérations humanitaires ou se justifierait au regard de motifs exceptionnels, ne développe au soutien de ce moyen aucun argument de droit ou de fait pertinent de nature à remettre en cause l'analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges.
8. En quatrième lieu, les énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne constituent pas des lignes directrices dont les intéressés peuvent utilement se prévaloir devant le juge, notamment en se prévalant des articles L. 312-3, L. 312-2 et R. 312-8 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, M. A ne peut utilement se prévaloir ni d'une insuffisance de motivation de l'arrêté au regard de cette circulaire, ni de ce que le préfet l'aurait méconnue.
9. En cinquième lieu, M. A soutient que l'arrêté méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cependant, il ne produit en appel aucune pièce supplémentaire de nature à étayer ses allégations de sorte qu'il ne développe au soutien de ce moyen aucun argument de droit ou de fait pertinent de nature à remettre en cause l'analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation du jugement attaqué et de l'arrêté du 29 septembre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis doivent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Paris, le 28 novembre 2022.
Le président de la 8ème chambre,
R. LE GOFF
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026