mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA02278 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI & MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a saisi le Tribunal administratif de Paris d'une demande tendant à l'annulation de la décision du 23 août 2021 par laquelle la présidente de l'université de Paris l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire pour une durée maximale d'un an.
Par un jugement n°2122975/5-2 du 21 avril 2022, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, M. B, représenté par Me Hutman, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du 21 avril 2022 du Tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler la décision mentionnée ci-dessus du 23 août 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Paris la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est irrégulier pour insuffisance de motivation et erreur de droit ;
- la décision litigieuse est entachée de défaut de motivation ;
- la décision litigieuse est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2023, l'université Paris Cité, anciennement université de Paris, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête et demande, en outre, qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B sont infondés.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 22 février 2023, M. B maintient ses conclusions par les mêmes moyens.
Par une ordonnance du 15 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
4 avril 2023 à 12 heures.
Par une communication faite le 21 avril 2023, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, la Cour a informé les parties qu'elle était susceptible de soulever d'office l'incompétence du tribunal administratif pour connaître de la demande en annulation de la décision par laquelle le président de l'université a suspendu M. B professeur des universités, qui ressortit à la compétence de premier et dernier ressort du Conseil d'Etat en application du 3° de l'article R. 311-1 du code de justice administrative, alors même que la suspension décidée sur le fondement de l'article L. 951-4 du code de l'éducation est une mesure à caractère conservatoire et ne revêt pas un caractère disciplinaire.
Par un mémoire, enregistré le 25 avril 2023, M. B a répondu à cette communication.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Naudin, rapporteure publique,
- les observations de Me Hutman pour M. B,
- et les observations de Me Rossignol pour l'université Paris Cité.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, professeur des universités, à la retraite depuis septembre 2022, enseignant-chercheur à l'université de Paris Diderot, devenue l'université de Paris, a exercé ses fonctions au sein du département d'études psychanalytiques de l'UFR Institut Humanité, Sciences et Sociétés (IHSS), en qualité de membre du centre de recherches psychanalyse, médecine et société, et a également été élu vice-président du conseil d'administration de l'université Paris Diderot de 2014 à 2018. Après avoir été alertée, au mois d'octobre 2018, de présumés dysfonctionnements au sein du département d'études psychanalytiques de l'UFR IHSS, la présidente de l'université de Paris a sollicité une mission d'enquête auprès de l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche, devenue inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR). A la suite du rapport rendu par l'IGESR au mois de novembre 2019, la présidente de l'université de Paris a saisi, le 8 décembre 2019, la section disciplinaire compétente à l'égard des enseignants-chercheurs pour examiner les faits reprochés. En 2021, la présidente de l'université de Paris a été informée de nouveaux faits qui seraient imputables à M. B. Par un arrêté du 23 août 2021, la présidente de l'université de Paris a suspendu le requérant de ses fonctions à titre conservatoire pour une durée maximale d'un an, pour des faits qualifiés de harcèlement.
M. B a saisi le tribunal administratif de Paris d'une demande tendant à l'annulation de cet arrêté. Par un jugement du 21 avril 2022, le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. M. B relève appel de ce jugement.
2. Aux termes de l'article R. 311-1 du code de justice administrative : " Le Conseil d'Etat est compétent pour connaître en premier et dernier ressort :( ) 3° Des litiges concernant le recrutement et la discipline des agents publics nommés par décret du Président de la République en vertu des dispositions de l'article 13 (troisième alinéa) de la Constitution et des articles 1er et 2 de l'ordonnance n° 58-1136 du 28 novembre 1958 portant loi organique concernant les nominations aux emplois civils et militaires de l'Etat ".
3. M. B était professeur des universités, agent public dont la nomination est prononcée par décret du Président de la République, et un litige afférent à une mesure de suspension constitue un litige concernant la discipline alors même que la mesure de suspension ne présente pas, par elle-même, le caractère d'une sanction disciplinaire. Par suite, le présent litige relève de la compétence en premier et dernier ressort du Conseil d'Etat. En conséquence, il y lieu d'annuler le jugement attaqué et de transmettre la demande de première instance de M. B et la présente requête d'appel au Conseil d'Etat.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement n°2122975/5-2 du 21 avril 2022 du Tribunal administratif de Paris est annulé.
Article 2 : Le dossier de la requête de M. B est transmis au Conseil d'État.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C B et à l'université Paris Cité.
Copie en sera adressée au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Célérier, président de chambre,
- M. Niollet, président assesseur,
- M. Pagès, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
D. PAGES
Le président,
T. CELERIER
La greffière,
E. TORDO
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026