jeudi 16 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA02329 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | REGHIOUI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné
Par un jugement n° 2128177/8-1 du 24 mars 2022, le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 20 mai 2022, M. A, représenté par Me Reghioui, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Paris en date du 24 mars 2022;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant égyptien né le 11 juin 1991 et entré en France le 1er mars 2014, muni de son passeport revêtu d'un visa Schengen, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et droit d'asile. Par un arrêté du 1er décembre 2021, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
3. L'arrêté en litige comporte les considérations de droit et de fait sur lesquels il se fonde. Par ailleurs, il ressort des termes de l'arrêté que le préfet de police a bien tenu compte des éléments de la situation personnelle de M. A. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ne peuvent qu'être écartés.
4. M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que le préfet statuait sur la demande de titre de séjour de l'intéressé. Le moyen tiré de ce que les décisions contestées auraient été prises en méconnaissance du principe du contradictoire doit donc être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ( ) ".
6. M. A, qui allègue résider en France depuis le 1er mars 2014, soit depuis moins de dix ans à la date de l'arrêté, n'entre pas dans le cas prévu par le second alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelé au 4° de l'article L. 432-13 du même code, où le préfet de police doit obligatoirement soumettre la demande d'admission exceptionnelle au séjour à la commission du titre de séjour lorsqu'elle envisage de refuser celle-ci. Par ailleurs, compte tenu des éléments qui seront précisés au point 8 quant à sa situation privée et familiale, le requérant n'établit pas qu'il remplirait effectivement les conditions de délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 423-23. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision est intervenue au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.
7. En l'espèce, M. A, qui est célibataire et sans charge de famille, établit résider habituellement sur le territoire français depuis l'année 2014 en produisant notamment des relevés bancaires, des documents émanant de juridictions, des bulletins de paie à compter de l'année 2020, ou bien encore des factures. Il justifie exercer une activité professionnelle de façadier depuis le 1er octobre 2020 dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, en produisant notamment l'ensemble de ses bulletins de paie, un document " Cerfa " de demande d'autorisation de travail établi le 9 juillet 2021, un courrier établi par le gérant de la société l'employant sollicitant l'obtention d'une autorisation de travail à son bénéfice, ainsi qu'un document présenté comme son diplôme en " ornementation et publicité " en date du 26 février 2009. Contrairement à ce qu'il allègue, le préfet de police a pris en compte son expérience et ses qualifications professionnelles. Toutefois, compte tenu à la fois de la faible ancienneté dans son emploi et de sa situation personnelle, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le préfet de police, qui n'a pas entaché sa décision d'inexactitude matérielle ou d'erreur de droit, a pu estimer que M. A, qui ne peut utilement se prévaloir des orientations générales de la circulaire du 28 novembre 2012, ne justifiait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels d'admission au séjour au regard des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et lui refuser en conséquence la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " salarié " sur le fondement de cet article.
8. M. A se prévaut de ce qu'il réside en France depuis 2014, y est intégré socialement et professionnellement et y dispose de membres de sa famille dont certains sont de nationalité française alors qu'il n'a plus de parents en Egypte. Toutefois, il n'apporte aucun élément de nature à établir l'intensité particulière des liens privés ou familiaux allégués et est, par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point précédent, célibataire et sans charge de famille, sans établir qu'il serait dépourvu de famille en Egypte où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans, en se bornant à produire le certificat du décès de son père survenu le 4 avril 2011. Dans ces conditions, et en dépit de l'activité professionnelle qu'il exerce depuis le mois d'octobre 2020, le préfet de police, en refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. A, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de ce refus. Il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage fait une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie sera adressée, pour information, au préfet de police.
Fait à Paris, le 16 juin 2022.
Le président,
T. CELERIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°22PA02329
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026