mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA02735 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PATUREAU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A a demandé, au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour.
Par un jugement n° 2110533 du 6 avril 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2022, M. A, représenté par Me Patureau, demande au juge des référés :
1°) de prononcer la suspension, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir et jusqu'à ce que la Cour statue au fond, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à un nouvel examen de sa demande, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir et jusqu'à ce que la Cour statue au fond, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, le versement de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour ; la décision le fait passer d'un statut régulier à un statut irrégulier, ce qui crée cette présomption quand bien même les motifs qu'il avait invoqués pour solliciter un titre de séjour ont été modifiés ;
- il ne dispose plus de l'autorisation de travailler, et la rupture de son contrat de travail par son employeur l'exposerait à de graves difficultés financières.
Sur le jugement du tribunal administratif de Montreuil :
- il est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'administration était tenue d'examiner sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui sont d'ordre public.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreurs de droit ; le préfet de la Seine-Saint-Denis ne pouvait subordonner l'instruction de la demande de renouvellement de titre de séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au désistement de sa demande sur le fondement de l'article L. 425-9 du même code ; et le préfet a rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour fondée sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans autres références à sa situation personnelle et professionnelle que celles formulées par la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation, tant en faits qu'au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; la présence d'enfants majeurs en République Dominicaine ne saurait neutraliser sa présence ininterrompue en France depuis plus de dix-sept ans, dont onze années en situation régulière, et son intégration sociale et professionnelle ; il justifie d'un niveau B1 en expression orale et d'un niveau A2 en compréhension orale, et d'une activité professionnelle déclarée depuis 2010 ; son épouse est titulaire d'un titre de séjour valable du 3 octobre 2020 au 2 octobre 2021 ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; le préfet reprend les termes de l'avis de la commission du titre de séjour, sans prendre en compte son niveau en français, ni les preuves de son intégration professionnelle de longue date ni du fait qu'il réside avec son épouse sur le territoire français ; les motifs de la décision ne montrent pas qu'un examen de sa demande sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile ait été réalisé ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le champ de l'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié n'est plus limité aux métiers et aux zones caractérisés par des difficultés de recrutement ; une résidence habituelle de longue durée en France, l'exercice d'un emploi déclaré et une intégration sociale et professionnelle constituent des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- la requête n° 22PA022323, enregistrée le 20 mai 2022, par laquelle M. A demande l'annulation du jugement du 6 avril 2022 du tribunal administratif de Montreuil et celle de l'arrêté du 7 juin 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision de la présidente de la Cour administrative d'appel de Paris du 15 octobre 2021 désignant Mme Vinot, présidente de chambre, en application de l'article
L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de
Mme Dubuy-Thiam, greffière d'audience :
- le rapport de Mme B ;
- les observations de Me David, substituant Me Patureau, présentées pour M. A, qui maintient ses conclusions par les mêmes moyens, et ajoute qu'il est toujours atteint des pathologies ayant justifié la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé, et que c'est en raison d'un mauvais conseil qu'il a renoncé à demander la délivrance d'un tel titre de séjour.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience à 9 h 10.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 6 avril 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté la demande de M. A, ressortissant haïtien né le 14 janvier 1962, tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour. M. A, qui a présenté à la Cour une requête tendant à l'annulation de ce jugement du tribunal administratif de Montreuil et de cet arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 7 juin 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui, notamment, s'était vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable du 18 mai 2014 au 17 mai 2015, un récépissé de demande de renouvellement d'un titre de séjour dont la validité avait expiré le 12 mai 2016, délivré le 11 août 2016 et valable jusqu'au 10 novembre 2016, puis une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " délivrée le 15 août 2018 en raison de son état de santé et valable jusqu'au 14 août 2020, a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et a été mis en possession d'un récépissé de demande de renouvellement d'un titre de séjour, délivré le 15 avril 2021 et valable jusqu'au 14 juillet 2021. Par l'arrêté du 7 juin 2021 en litige, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande.
5. En premier lieu, il ressort des énonciations de l'arrêté attaqué, qui sont corroborées par les termes de la requête, que si M. A a demandé le renouvellement de son titre de séjour, il a expressément renoncé à obtenir de nouveau un titre de séjour en raison de son état de santé. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutient M. A, il ne peut pas être présumé, en l'espèce, que la situation relative à l'urgence serait satisfaite.
6. En second lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment des motifs de l'arrêté et des termes mêmes de la requête, que M. A a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié. Or M. A n'apporte aucun début de preuve à l'appui de son allégation selon laquelle les services de la préfecture l'auraient incité à renoncer à la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour que sa nouvelle demande, présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 de ce code, soit instruite. D'autre part, et en tout état de cause, alors que M. A soutient qu'il serait toujours atteint des pathologies ayant justifié la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé de sorte que son état de santé justifierait la délivrance, de plein droit, d'une carte de séjour délivrée sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, laquelle lui permet de travailler, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué qu'à la suite de l'édiction de l'arrêté en litige M. A aurait demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 de ce code.
7. Il suit de là que M. A n'est pas fondé à soutenir que la situation d'urgence dont il cherche à se prévaloir, pour demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 7 juin 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis, résulterait de l'exécution de cet arrêté. Par suite, la condition relative à l'urgence ne peut pas être regardée comme satisfaite en l'espèce.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions par lesquelles M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 7 juin 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis, ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens invoqués par le requérant sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Paris, le 13 juillet 2022.
La greffière,
F. DUBUY-THIAM La juge des référés,
H. B
La République mande et ordonne au minister de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026