jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA02857 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler les arrêtés du 28 mai 2022 par lesquels le préfet de police, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination et, d'autre part, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois.
Par un jugement n° 2211919/8 du 7 juin 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris a annulé les décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français et a rejeté le surplus des conclusions de sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2022, M. A, représentée par Me Goeau-Brissonnière, demande à la Cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le jugement n° 2211919/8 du 7 juin 2022 du tribunal administratif de Paris en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
3°) d'annuler la décision du 28 mai 2022 portant obligation de quitter le territoire français ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il est en possession d'un passeport en cours de validité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2023, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer et " en tout état de cause " au rejet de la requête.
Il soutient que :
- suite à l'ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil le 4 mai 2022, le requérant a été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour qui a eu pour effet d'abroger l'obligation de quitter le territoire et qui prive d'objet les conclusions à fin d'annulation de la requête, ce qui est constitutif d'une cause de non-lieu à statuer ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gobeill a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en janvier 2004, a fait l'objet, par un arrêté du 31 janvier 2022 du préfet de la Seine-Saint-Denis, des décisions l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire pour une durée d'un an. Par une ordonnance du 17 mars 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a rejeté la demande présentée par l'intéressé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative tendant à ce qu'il soit enjoint à l'autorité administrative de lui délivrer un rendez-vous pour lui permettre de déposer une demande de titre de séjour. Par un jugement du 23 mars 2022, le tribunal administratif de Montreuil a annulé la décision du 31 janvier 2022 au motif que M. A ne pouvait être regardé comme étant entré irrégulièrement en France et dépourvu d'un titre de séjour dès lors que la décision contestée avait été prise durant le délai de deux mois dont il disposait pour déposer une telle demande après la date de son dix-huitième anniversaire, soit avant le 1er mars 2022. Par une ordonnance du 4 mai 2022, et à la suite de ce jugement, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de communiquer à M. A une date de rendez-vous afin de lui permettre de déposer une demande de titre de séjour. A la suite de cette ordonnance, l'intéressé a été convoqué pour le dépôt d'une demande de titre de séjour et mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour. Par deux arrêtés du 28 mai 2022, le préfet de police a, d'une part, prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec fixation du pays de destination et, d'autre part, décidé d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois. Par un jugement du 7 juin 2022, le tribunal administratif de Paris a annulé les décisions refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français. M. A relève appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. M. A, déjà représenté par un avocat, ne justifie pas du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Paris et n'a pas joint à son appel une telle demande. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de non-lieu à statuer :
4. Il ressort des pièces du dossier, et ainsi qu'il a été dit au point 1, que M. A a été convoqué le 27 juin 2022 pour le dépôt d'une demande de titre de séjour et mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'instruction de sa demande. Cette décision a eu pour effet d'abroger l'arrêté contesté du 28 mai 2022. Par suite, les conclusions de M. A sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.
Sur les frais du litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par M. A.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation du jugement n° 2211919/8 du 7 juin 2022 du tribunal administratif de Paris et de la décision du préfet de police du 28 mai 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lapouzade, président de chambre,
- M. Diémert, président-assesseur,
- M. Gobeill, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 juin 2023.
Le rapporteur,Le président,
J.-F. GOBEILLJ. LAPOUZADE
La greffière,
Y. HERBER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026