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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-22PA02949

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-22PA02949

mercredi 30 novembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-22PA02949
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantANGLADE & PAFUNDI A.A.R.P.I

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B A a demandé au tribunal administratif de Paris de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'expiration de ce délai et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un jugement n° 2208932 du 27 mai 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Paris, après l'avoir admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 27 juin 2022, M. B A, représenté par Me Pafundi, demande à la Cour :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler ce jugement ;

3°) d'annuler cet arrêté ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, sa demande de réexamen n'ayant pas fait l'objet par l'office français de protection des réfugiés et apatrides d'une décision d'irrecevabilité et ayant formé un recours devant la cour nationale du droit d'asile, toujours pendant, il bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de cette convention.

Par une décision du 3 octobre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a constaté la caducité de la demande de M. B A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Paris a désigné M. d'Haëm, président assesseur à la 4ème chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Par une décision du 3 octobre 2022 susvisée, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a statué sur la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B A. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les magistrats " ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

3. M. B A, ressortissant tchadien, né le 25 août 1990 et entré en France, selon ses déclarations, le 11 août 2015, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur général de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 8 décembre 2015, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile en date du 16 novembre 2016. La demande présentée par l'intéressé, le 2 décembre 2019, tendant au réexamen de sa demande d'asile a été rejetée par une décision du directeur général de l'OFPRA en date du 19 mai 2020. Par un arrêté du 4 avril 2022, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'expiration de ce délai. M. B A fait appel du jugement du 27 mai 2022 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de cet article L. 542-2 : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 () ". Aux termes de cet article L. 531-24 : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / () 2° Le demandeur a présenté une demande de réexamen qui n'est pas irrecevable () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que l'OFPRA, qui a considéré recevable la demande de réexamen présentée par M. B A et qui a statué sur cette demande en procédure accélérée en application du 2° du I de l'article L. 723-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu le 2° de l'article L. 531-24 précité du même code, l'a rejetée par une décision du 19 mai 2020. Ainsi, en application du 7° de l'article L. 743-2 de ce code, devenu le d) du 1° de l'article L. 542-2 précité, le droit de M. B A de se maintenir sur le territoire français a pris fin dès que l'OFPRA a rendu cette décision du 19 mai 2020. Par suite, alors qu'il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B A, avant de prendre à son encontre la mesure d'éloignement en litige, l'autorité préfectorale a pu, en application du 4° de l'article L. 611-1 précité et sans entacher l'arrêté attaqué du 4 avril 2022 d'une erreur de droit, l'obliger à quitter le territoire français, sans qu'y fasse obstacle la seule circonstance qu'il a formé, devant la cour nationale du droit d'asile, un recours, toujours pendant, contre la décision de rejet du directeur général de l'OFPRA en date du 19 mai 2020.

6. En second lieu, M. B A reprend en appel ses moyens tirés, s'agissant de l'arrêté attaqué, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, s'agissant de la décision fixant le pays de destination en litige, de la violation des stipulations des articles 2 et 3 de cette convention. Il ne développe, toutefois, au soutien de ces moyens aucun argument de droit ou de fait pertinent de nature à remettre en cause l'analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. B A tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 30 novembre 2022.

Le président assesseur de la 4ème chambre,

R. d'Haëm

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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