jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA03724 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GRAU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société civile immobilière Serana a demandé au tribunal d'annuler la décision du 26 janvier 2020 par laquelle le maire de Sucy-en-Brie a implicitement refusé de lui délivrer le certificat de permis de démolir et de permis de construire tacite intervenu le 4 juillet 2019 et d'enjoindre au maire de la commune de lui délivrer le certificat sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Par un jugement n° 2002752 du 9 juin 2022, le tribunal administratif de Melun a annulé cette décision et enjoint à la maire de la commune de Sucy-en-Brie de délivrer à la société pétitionnaire le certificat du permis tacite accordé le 4 juillet 2019 dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard s'il n'est pas justifié de l'exécution de l'injonction.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 8 aout 2022 et des mémoires enregistrés le 14 septembre 2022 et le 26 mai 2023, la commune de Sucy-en-Brie, représentée par Me Grau, demande à la Cour dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le jugement du 9 juin 2022 du tribunal administratif de Melun ;
2°) de rejeter la demande présentée par la SCI Serana devant ce tribunal ;
3°) nommer un médiateur aux fins de rapprocher les parties, pour une mission d'une durée de trois mois, renouvelable une fois, les frais étant partagés entre les parties ;
4°) mettre à la charge de la société intimée le versement d'une somme de 4 000 euros au titre des frais de procédure.
Elle soutient que :
- la Cour est compétente pour juger la présente requête ;
- le jugement attaqué est irrégulier, en ce qu'elle n'a pas été informée de la procédure et que la note en délibéré ne lui a pas été communiquée ;
- la demande de permis de construire n'a pas été présentée par une personne justifiant de la qualité pour agir à cette fin ;
- la société pétitionnaire ne peut justifier de l'existence d'un quelconque permis tacite de démolir ou de construire ;
- le litige doit faire l'objet d'une procédure de médiation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 25 avril 2023 et le 31 mai 2023, la société civile immobilière Serana, représentée par Me Cotillon (société civile professionnelle d'avocats ENJEA) conclut :
- à titre principal, au rejet de la requête comme présentée devant une juridiction incompétente pour en connaître,
- et, à titre subsidiaire :
1°) au rejet de la requête comme mal fondée ;
2°) par la voie de l'appel incident, à la réformation du jugement du 9 juin 2022 du tribunal administratif de Melun en tant qu'il a limité l'astreinte prononcée à l'encontre de la commune de Sucy-en-Brie à la somme de 100 euros par jour de retard et fixer cette astreinte à la somme de 500 euros par jour de retard ;
- en tout état de cause :
1°) à la condamnation de la commune de Sucy-en-Brie à une amende pour recours abusif de 5 000 euros sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;
2°) à la charge de cette commune de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la Cour n'est pas compétente pour juger la requête, dès lors que le jugement attaqué doit être regardé comme rendu en premier et dernier ressort et ne peut donc faire l'objet que d'un pourvoi en cassation ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Diémert,
- les conclusions de M. Doré, rapporteur public,
- les observations de Me Garnier substituant Me Grau pour la commune de Sucy-en-Brie,
- et les observations de Me Bakkali substituant Me Cotillon pour la société civile immobilière Serana.
La commune de Sucy-en-Brie a produit le 7 juin 2023 une note en délibéré.
1. La commune de Sucy-en-Brie relève appel devant la Cour du jugement du 9 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Melun a annulé la décision implicite de son maire, en date du 26 janvier 2020, refusant de délivrer à la société civile immobilière Serana le certificat de permis de démolir et de permis de construire tacite intervenu le 4 juillet 2019 et lui a enjoint de lui délivrer à la société pétitionnaire le certificat du permis tacite accordé le 4 juillet 2019 dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard s'il n'est pas justifié de l'exécution de l'injonction
2. Aux termes de l' article R. 811-1-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction applicable à la date de la décision litigieuse : " Les tribunaux administratifs statuent en premier et dernier ressort sur les recours contre les permis de construire () un bâtiment à usage principal d'habitation () lorsque le bâtiment ou le lotissement est implanté en tout ou partie sur le territoire d'une des communes mentionnées à l'article 232 du code général des impôts et son décret d'application, à l'exception des permis afférents aux opérations d'urbanisme et d'aménagement des jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 mentionnées au 5° de l'article R. 311-2. / (). ". Ces dispositions, qui ont pour objectif, dans les zones où la tension entre l'offre et la demande de logements est particulièrement vive, de réduire le délai de traitement des recours pouvant retarder la réalisation d'opérations de construction de logements ayant bénéficié d'un droit à construire, doivent être regardées comme concernant non seulement les recours dirigés contre des autorisations de construire, de démolir ou d'aménager, mais également, lorsque ces autorisations ont été accordées puis retirées, les recours dirigés contre ces retraits. La décision par laquelle un maire refuse la délivrance d'un certificat de permis de construire tacite, qui affecte l'existence de l'autorisation, doit être regardée comme un retrait de cette dernière et, dès lors, entre dans le champ des dispositions précitées.
3. Dans ces conditions, le jugement attaqué doit être regardé comme rendu en premier et dernier ressort, au sens des dispositions précitées de l'article R. 811-1-1 du code de justice administrative. En conséquence, la requête de la commune de Sucy-en-Brie doit être transmise au Conseil d'État.
DECIDE :
Article 1er : La requête n° 22PA03724 de la commune de Sucy-en-Brie est transmise au Conseil d'État.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la commune de Sucy-en-Brie et à la société Serana.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lapouzade, président de chambre,
- M. Diémert, président-assesseur,
- M. Gobeill, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
S. DIÉMERTLe président,
J. LAPOUZADE
La greffière,
Y. HERBER
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026