lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA03747 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET PECHARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Montreuil, d'une part, d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle, d'autre part, d'enjoindre au préfet de renouveler son titre de séjour, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, enfin, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2115688 du 10 juin 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 9 août 2022, M. B, représenté par Me Péchard, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de renouveler son titre de séjour, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Paris a désigné M. d'Haëm, président assesseur à la 4ème chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les magistrats " ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant cap-verdien, né le 25 janvier 1980, entré en France, selon ses déclarations, en avril 1986 et qui s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable du 27 juillet 2017 au 26 juillet 2019, a sollicité, le 17 janvier 2020, le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 7 octobre 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande. M. B fait appel du jugement du 10 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise, notamment, l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que M. B a fait l'objet des condamnations suivantes : le 29 juin 2006, par le tribunal correctionnel de Bobigny, à 600 euros d'amende pour conduite d'un véhicule malgré l'invalidation du permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points, le 17 août 2012, par le tribunal correctionnel de Paris, à 300 euros d'amende pour conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique - concentration d'alcool par litre d'au moins 0,80 gramme (sang) ou 0,40 milligramme (air expiré), le 24 janvier 2013, par le tribunal correctionnel de Bobigny, à un mois d'emprisonnement pour détention non autorisée, transport non autorisé, acquisition non autorisée et usage illicite de stupéfiants, le 1er juin 2017, par le tribunal de grande instance de Bobigny, à 800 euros d'amende pour conduite d'un véhicule à moteur malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points, le 8 janvier 2018, par le tribunal de grande instance de Créteil, à 500 euros d'amende pour vol et le 29 janvier 2018, par le tribunal correctionnel de Paris, à 80 heures de T.I.G. à accomplir dans un délai de 1 an et 6 mois à titre principal pour outrage et violence sur une personne chargée de mission de service public sans incapacité. Cette décision relève également que l'intéressé est connu au fichier de traitement des antécédents judiciaires pour recel de bien provenant d'un vol le 14 décembre 2017. Elle indique, en outre, que, le 16 septembre 2021, la commission du titre de séjour a rendu un avis défavorable, compte tenu des condamnations précitées et de l'absence d'insertion professionnelle. Par ailleurs, elle fait état de ce qu'au regard des faits susmentionnés, il est établi que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public. Enfin, elle mentionne que M. B, célibataire et sans enfant, ne justifie pas en France d'une situation personnelle et familiale à laquelle la présente décision porterait une atteinte disproportionnée au regard du but poursuivi. Par suite, la décision en litige, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fondent, est, contrairement à ce que soutient le requérant, suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de cette motivation, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation d'ensemble de l'intéressé, avant de refuser de renouveler son titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit dont serait entachée la décision en litige doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est rendu coupable, le 25 avril 2006, de faits de conduite d'un véhicule malgré l'invalidation du permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points, le 13 juillet 2012, de faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique - concentration d'alcool par litre d'au moins 0,80 gramme (sang) ou 0,40 milligramme (air expiré), le 22 janvier 2013, de faits de détention non autorisée, transport non autorisé, acquisition non autorisée et usage illicite de stupéfiants, le 11 juillet 2016, de faits de conduite d'un véhicule à moteur malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points, le 5 juin 2017, de faits d'outrage et de violence sur une personne chargée de mission de service public sans incapacité et le 23 août 2017, de faits de vol, infractions qui lui ont valu d'être condamné par le juge pénal, à six reprises, à une peine d'un mois d'emprisonnement, à des peines d'amendes de 300 à 800 euros ou à une peine de quatre-vingts heures de travaux d'intérêt général. En outre, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas sérieusement contesté que M. B est connu des services de police, outre pour des faits de destruction ou dégradation de véhicule privé commis le 4 avril 1999 et des faits de destruction ou dégradation importante du bien d'autrui commis le 7 mars 2012, pour des faits d'outrage et de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité commis le 2 septembre 2016 et pour des faits de recel de vol commis le 14 décembre 2017. Par ailleurs, la commission du titre de séjour, dans son avis défavorable du 16 septembre 2021, a relevé " l'absence de projet professionnel " de M. B et la " banalisation de son parcours judiciaire ", l'intéressé " trouvant toujours une excuse pour se dédouaner ". Enfin, le requérant, âgé de quarante-et-un ans à la date de la décision en litige et qui n'apporte aucun élément précis sur ses conditions d'existence sur le territoire français depuis de nombreuses années, l'intéressé n'exerçant plus d'activité salariée depuis le mois d'avril 2009, ne justifie pas d'une insertion sociale et professionnelle stable et ancienne en France. Par suite, compte de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment de la nature et du caractère répété des faits délictueux commis par M. B sur une longue période et de l'absence de toute distanciation ou remise en question par rapport aux faits commis et de gages d'insertion ou de réinsertion et de non réitération sérieux et avérés, le préfet de la Seine-Saint-Denis, en estimant que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public et, en conséquence, en refusant de renouveler son titre de séjour, n'a commis aucune erreur d'appréciation.
7. En dernier lieu, M. B se prévaut de la durée de son séjour en France depuis le mois d'avril 1986 et fait valoir que sa mère et ses neufs frères et sœurs, titulaires de titre de séjour, y résident et qu'il a lui-même fixé, depuis longtemps, le centre de ses intérêts dans ce pays. Toutefois, ainsi que l'a relevé le tribunal administratif, le requérant n'établit pas l'ancienneté et le caractère habituel de son séjour sur le territoire. Sur ce point, il ne fournit, en particulier, aucun document permettant d'attester de sa présence entre 1986 et 1997. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 6, M. B ne justifie pas davantage d'une insertion sociale et professionnelle stable et ancienne en France et, en particulier, d'une activité salariée postérieurement au mois d'avril 2009. Par ailleurs, s'il se prévaut de la présence sur le territoire de sa mère et de sa fratrie, il n'établit, ni n'allègue sérieusement que sa présence auprès de ces derniers revêtirait un caractère indispensable. Enfin, il ne justifie d'aucune circonstance particulière de nature à faire obstacle à ce qu'il poursuive normalement sa vie privée et familiale à l'étranger et, en particulier, au Cap-Vert où il ne démontre pas qu'il serait dépourvu de toute attache privée et familiale ou qu'il serait dans l'impossibilité de s'y réinsérer. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et, notamment, de la répétition des faits délictueux commis par M. B sur une longue période et en l'absence de gages sérieux et suffisants d'insertion ou de réinsertion et de non réitération, la décision attaquée portant refus de renouvellement de titre de séjour ne saurait être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts de préservation de l'ordre public que ce refus poursuit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Paris, le 12 décembre 2022.
Le président assesseur de la 4ème chambre,
R. d'Haëm
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026