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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-22PA04130

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-22PA04130

jeudi 24 novembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-22PA04130
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantHERVET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Par une ordonnance n° 2208609 du 11 août 2022, le président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2022, M. B, représenté par Me Hervet, demande à la Cour :

1°) d'annuler l'ordonnance n° 2208609 du 11 août 2022 du président du tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

3°) à titre principal, d'enjoindre à toute autorité compétente de lui délivrer une carte de résident dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre à toute autorité compétente de réexaminer sa situation dans le même délai sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable dès lors qu'elle comporte une copie de celle-ci et de la décision contestée ;

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen individuel ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 5 juin 1993, est entré en France le 18 mars 2017 sous couvert d'un visa court séjour Schengen. Par arrêté du 12 mai 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. M. B interjette appel de l'ordonnance du 11 août 2022 par lequel le président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

3. Aux termes de l'article R. 412-1 de ce code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () / La demande de régularisation mentionne qu'à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

4. Pour rejeter la requête de M. B comme manifestement irrecevable, le président du tribunal administratif de Montreuil s'est fondé sur le motif tiré de l'absence de production, dans le délai imparti par la demande de régularisation adressée par le greffe du tribunal, des copies de la requête et de la décision attaquée. D'une part, l'article R. 612-1 du code de justice administrative, cité précédemment, dispose que les requêtes non régularisées à l'expiration du temps imparti devront être rejetées comme irrecevables. D'autre part, M. B ne conteste pas la régularité de la demande de régularisation et n'établit pas non plus avoir été empêché de produire ces documents dans le délai imparti. Par suite, faute pour le requérant de justifier de l'envoi des copies demandées dans le délai imparti, c'est à bon droit que le président du tribunal administratif de Montreuil a considéré que la décision attaquée n'était pas produite en application des prescriptions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative et a rejeté pour ce motif la demande présentée par M. B comme manifestement irrecevable, sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen individuel, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquels ne peuvent être utilement soulevés, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'ordonnance attaquée, par laquelle le président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande au motif qu'elle était manifestement irrecevable. Ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte, ainsi que celles tendant à l'attribution des frais d'instance non compris dans les dépens, doivent dès lors être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Paris, le 24 novembre 202Le président de la 9ème chambre,

S. CARRERE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. 0

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