lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA04504 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MERIAU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Paris, d'une part, d'annuler l'arrêté du préfet de police en date du 16 février 2022 en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français, d'autre part, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, enfin, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un jugement n° 2205176/8 du 2 juin 2022, le tribunal administratif de Paris a rejeté cette demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 18 octobre 2022 et le 25 octobre 2022, M. B, représentée par Me Mériau, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la circonstance que les trois médecins qui ont siégé au sein du collège à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui a rendu l'avis du 14 décembre 2021, ont fait l'objet d'une désignation régulière, n'étant pas établie, la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure ;
- dès lors qu'un défaut de prise en charge médicale pourrait avoir, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne peut effectivement bénéficier dans son pays d'origine d'un traitement approprié à ses pathologies, cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris en date du 5 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Paris a désigné M. d'Haëm, président assesseur à la 4ème chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les magistrats " ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo, né le 14 mai 1976 et entré en France, selon ses déclarations, le 1er août 2015, a sollicité, le 17 août 2021, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au vu d'un avis du 14 décembre 2021 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et par un arrêté du 16 février 2022, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'expiration de ce délai. M. B relève appel du jugement du 2 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté en tant qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français.
3. En premier lieu, les docteurs Florence Coulonges, Emilie Mettais Cartier et Abdelhafid Ouali, qui ont rendu l'avis du 14 décembre 2021, sont mentionnés dans l'annexe 1 de la décision du 17 janvier 2017 modifiée du directeur général de l'OFII portant désignation au collège des médecins à compétence nationale de l'office, publiée, ainsi d'ailleurs que l'indique le requérant, sur le site internet de l'office. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour en litige serait intervenue au terme d'une procédure irrégulière, faute de justification de la désignation régulière de ces médecins, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, pour refuser de délivrer à M. B un titre de séjour pour raison de santé, le préfet de police s'est notamment fondé sur cet avis du 14 décembre 2021 du collège de médecins de l'OFII, lequel a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Si, pour contester cette appréciation, M. B fait valoir qu'il souffre de différentes pathologies, liées à son " nanisme ", et qu'il est suivi pour une " maladie digestive ", soit la présence d'Helicobacter pylori, pour une autre pathologie par un urologue, sans fournir la moindre précision sur cette pathologie, ainsi que pour des lombalgies chroniques et une scoliose, aucun des documents d'ordre médical qu'il produit, notamment un certificat médical établi le 10 décembre 2020 par un omnipraticien, une ordonnance du 8 novembre 2021 prescrivant un antalgique et du paracétamol, un courrier du 22 décembre 2021 d'un gastro-entérologue, assorti d'une ordonnance comportant le traitement d'éradication de ce germe et indiquant qu'" il n'y a aucune inquiétude à avoir à court terme " ainsi que des prescriptions médicales des 4 février 2022 et 24 juin 2022 pour des séances de rééducation fonctionnelle de la colonne dorso-lombaire, pour des séances de rééducation et massages du rachis dorso-lombaire et pour deux radiographies du rachis et du bassin, ne saurait permettre de considérer qu'un défaut de prise en charge médicale de M. B pourrait entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, le préfet de police, en se fondant sur l'avis émis le 14 décembre 2021 par le collège de médecins de l'OFII et en refusant de délivrer à M. B un titre de séjour pour raison de santé et en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a commis aucune erreur dans son appréciation de la situation de l'intéressé au regard des dispositions de l'article L. 425-9 ou du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième lieu, M. B, qui se prévaut de la durée de son séjour en France depuis le 1er août 2015 ainsi que de son état de santé, fait valoir également qu'il a désormais fixé dans ce pays le centre de ses attaches personnelles et privées. Toutefois, le requérant ne justifie pas de l'ancienneté alléguée de son séjour depuis 2015, de surcroît, dans des conditions irrégulières. De plus, ainsi qu'il a été dit au point 4, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de l'intéressé justifierait son admission au séjour. En outre, il ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle stable et ancienne en France. Par ailleurs, M. B n'établit, ni n'allègue qu'il serait dépourvu de toute attache dans son pays, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-neuf ans, ni qu'il y serait exposé à des persécutions ou à des atteintes graves du seul fait de son " nanisme ", sur lequel il ne fournit aucun élément étayé et probant. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de police n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels ces deux mesures ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ces deux décisions sur la situation personnelle de l'intéressé, doit également être écarté.
6. En quatrième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne détermine pas, par elle-même, le pays à destination duquel M. B pourrait être éloigné. Par suite, le moyen soulevé à l'encontre de cette décision et tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant.
7. Enfin et en tout état de cause, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'en fixant à trente jours le délai de départ volontaire, le préfet de police aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles portant sur les frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 21 novembre 2022.
Le président assesseur de la 4ème chambre,
R. d'Haëm
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026