jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA04577 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TALL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A F B a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 3 août 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui renouveler son titre de séjour.
Par un jugement n° 2120867 du 28 septembre 2022, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 10 janvier 2023, Mme B, représentée par Me Tall, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2120867 du 28 septembre 2022 du tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 août 2021 par lequel le préfet de police a refusé de lui renouveler son titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; à défaut, de procéder au réexamen de sa situation administrative et de lui délivrer, pendant le temps de ce réexamen, un récépissé l'autorisant à travailler dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement est entaché d'un défaut d'examen, les premiers juges n'ayant pas tenu compte de l'ensemble des éléments de preuve produits ;
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a démontré que le père de son enfant contribuait à son entretien et à son éducation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1986 ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne née le 24 décembre 1978, est entrée en France le 27 janvier 2018. Le 7 juin 2021, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " qui lui avait été délivrée le 22 juin 2022 en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 3 août 2021, le préfet de police a rejeté sa demande. Mme B relève appel du jugement du 28 septembre 2022 du tribunal administratif de Paris ayant rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). ".
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Dans le cadre de l'effet dévolutif, le juge d'appel, qui est saisi du litige, se prononce non sur les motifs du jugement de première instance mais directement sur les moyens mettant en cause la régularité et le bien-fondé de l'arrêté en litige. La requérante ne peut donc utilement se prévaloir d'un défaut d'examen de sa situation qu'aurait commis les premiers juges pour demander l'annulation du jugement attaqué.
Sur le bien-fondé de l'arrêté attaqué :
4. En premier lieu, en première instance, Mme B a fait valoir que l'arrêté était entaché d'un vice d'incompétence. Les premiers juges ont énoncé que par un arrêté
n° 2022-00263 du 18 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs
n° 75-2022-210, le préfet de police a donné délégation à Mme C D, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du 9ème bureau, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer toutes décisions relatives aux attributions de ce bureau. Ils en ont déduit que le moyen tiré de ce que l'arrêté du 3 août 2021 serait entaché d'un vice d'incompétence doit être écarté. En se bornant à alléguer de ce que l'auteur de l'arrêté n'était pas compétent, en l'absence de délégation de signature, Mme B ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif au point 2 de son jugement.
5. En deuxième lieu, en première instance, Mme B a fait valoir que l'arrêté en litige était entaché d'une insuffisance de motivation. Les premiers juges ont fait valoir que l'arrêté visait les textes dont il est fait application et précisait les éléments de fait et de droit sur lesquels il se fonde. Ils ont énoncé que cette motivation, contrairement à ce que soutenait Mme B, n'était pas stéréotypée et comportait les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ils en ont déduit que le moyen tiré de ce que l'arrêté serait insuffisamment motivé devait être écarté. En se bornant à alléguer de ce que l'arrêté ne tient pas compte de l'ensemble des éléments de preuve produits tendant à démontrer l'implication du père de son enfant dans son éducation et sa contribution à son entretien et à son éducation, Mme B ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif au point 3 de son jugement. Par ailleurs, et pour les mêmes motifs, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation dont serait entaché l'arrêté ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, Mme B soutient que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, comme les premiers juges l'ont énoncé à bon droit, l'attestation du 3 septembre 2021 rédigée par le père de l'enfant, tendant à établir qu'il contribuerait effectivement à son entretien et à son éducation en versant notamment la somme de 150 euros par mois, l'attestation d'une voisine du 11 janvier 2022 indiquant " avoir vu M. E pendant les fêtes de Noël chez Mme B ", l'attestation de suivi médical du 17 juin 2022 certifiant que l'enfant de Mme B est " venu régulièrement en consultation dans notre centre accompagné de ses parents ", sont insuffisamment circonstanciées. Les premiers juges ont en outre considéré que les copies de factures d'achats libellées au nom du père de l'enfant de Mme B, datées du 8 octobre 2018, du 13 janvier 2019 et du 4 juin 2021 censées correspondre à des achats effectués en faveur de son enfant, les justificatifs de transferts d'argent établissant que M. E a versé 100 euros à Mme B le 15 octobre 2018 et le 19 octobre 2019, les copies de billets de trains libellés au nom de Mme B et de son enfant, censés correspondre à trois trajets empruntés pour se rendre à Grenoble pour rendre visite à M. E, ne suffisent pas à démontrer que, à la date à laquelle le préfet de police a statué sur la demande de Mme B, le père de son enfant contribuait à son entretien ni, en tout état de cause, à son éducation. Si la requérante produit en appel plusieurs documents tels que des extraits de l'acte de naissance de son fils, de nouveaux justificatifs de transfert et de réception d'argent, dont elle est la bénéficiaire, ainsi que deux factures d'achat dans des magasins de vêtements pour enfant au nom de M. E, ces pièces dont certaines sont d'ailleurs postérieures à l'arrêté litigieux, et par suite sans incidence sur la période en litige, ne permettent pas davantage d'établir l'implication du père de son enfant dans l'éducation et l'entretien de ce dernier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés au point 6 de la présente ordonnance, l'arrêté attaqué n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
8. En cinquième lieu, en première instance, Mme B a fait valoir que l'arrêté en litige méconnaissait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les premiers juges ont énoncé qu'elle ne démontrait pas que le père de son enfant contribuait à son entretien et son éducation d'une part et qu'il était constant, par ailleurs, que Mme B n'était pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et ses deux autres enfants. Ils en ont déduit que le préfet n'avait pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention précitée. En se bornant à reprendre son argumentation de première instance et à produire, en appel, des pièces dont certaines sont postérieures à l'arrêté en cause, Mme B ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif au point 10 de son jugement.
9. En dernier lieu, en première instance, Mme B a fait valoir que l'arrêté en litige méconnaissait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Les premiers juges ont énoncé que la décision portant refus de titre de séjour, laquelle n'avait pas pour conséquence de séparer l'enfant de Mme B de sa mère ni de son père, ne portait pas atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention précitée dès lors, qu'au surplus, l'intéressée n'établissait pas, par les pièces qu'elle produisait, que le père contribuait à l'entretien et à l'éducation de leur enfant. En se bornant à reprendre son argumentation de première instance et à produire, en appel, des pièces dont la plupart sont postérieures à l'arrêté en cause, Mme B ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif au point 12 de son jugement.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B, en ce qu'elle tend à l'annulation du jugement du 28 septembre 2022 et de l'arrêté du 3 août 2021, est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Elle doit donc être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A F B.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 19 janvier 2023.
Le président de la 9ème chambre,
S. CARRERE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026