jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA00156 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KECHIT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A B a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2022 du préfet de police en tant qu'il lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination d'une mesure d'éloignement.
Par un mémoire enregistré le 22 mars 2022, M. A B, représenté par Me Kechit, a demandé au tribunal administratif de Paris, en application de l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 et à l'appui de sa requête tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police, de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 5221-5 et L. 5221-9 du code du travail.
Par une ordonnance n° 2203433 du 19 avril 2022, le vice-président de la 2ème section du tribunal administratif de Paris a refusé de transmettre la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil d'Etat.
Par un jugement n° 2203433 du 12 décembre 2022, le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de M. A B tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2022 en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixe le pays de destination d'une mesure d'éloignement.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Kechit, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2203433 du 12 décembre 2022 du tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2022 du préfet de police en ce qu'il l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination d'une mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer un rendez-vous pour régulariser son dossier sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur le jugement contesté :
- il n'a pas été signé ;
- il est entaché d'erreurs de fait, en particulier concernant l'information délivrée par la préfecture de Paris au requérant et la délivrance d'un récépissé le 23 juin 2021, et d'erreurs de droit, notamment concernant les dispositions du code des relations entre le public et l'administration et sa vie privée ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît le principe de la charge de la preuve en ce qui concerne la réception du mail du 7 octobre 2022.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur de procédure ;
- elles méconnaissent les dispositions des articles L. 114-2, L. 114-3, L. 114-5 et L. 114-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont entachées d'erreurs de fait ;
- elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier de sa situation ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans la mesure notamment où il exerce un métier relevant d'un secteur en tension ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elles ont été adoptées sur le fondement des dispositions des articles L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 5221-5 et L. 5221-9 du code du travail qui méconnaissent les droits et libertés garantis par la Constitution.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant égyptien né le 8 octobre 1978, a sollicité le 23 juin 2021 le renouvellement du titre de séjour qui lui avait été délivré sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 13 janvier 2022, préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lu a fait obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêté et a fixé le pays de destination d'une mesure d'éloignement. M. A B relève appel du jugement du 12 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2022 en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixe le pays de destination d'une mesure d'éloignement.
2. En application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents des formations de jugement des cours " peuvent, () par ordonnance : rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
Sur la régularité du jugement contesté :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ".
4. Il ressort des pièces du dossier de première instance transmis à la Cour que la minute du jugement attaqué a été signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et la greffière d'audience, conformément aux dispositions précitées. Si l'expédition du jugement du tribunal administratif de Paris notifié à l'avocate de M. A B ne comporte pas cette signature, cette circonstance n'est pas de nature à entacher la régularité du jugement attaqué. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
5. En second lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Par suite, M. A B ne peut, en tout état de cause, utilement se prévaloir de ce que les premiers juges auraient entaché leur jugement d'erreurs de fait, en particulier concernant l'information délivrée par la préfecture de Paris et la délivrance d'un récépissé le 23 juin 2021, d'erreurs de droit, concernant notamment les dispositions du code des relations entre le public et l'administration et sa vie privée ou d'une erreur manifeste d'appréciation, ni de ce qu'ils auraient méconnu le principe de la charge de la preuve en ce qui concerne la réception du mail du 7 octobre 2022. Dans ces conditions, les moyens ne peuvent qu'être écartés.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement :
6. En premier lieu, M. A B se borne à reprendre dans sa requête d'appel, sans les assortir d'éléments nouveaux, les moyens qu'il avait invoqués en première instance, tirés de ce que les décisions contestées méconnaîtraient, chacune, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cependant, il ne développe au soutien de ces moyens aucun argument de fait ou de droit pertinent et ne produit aucun document de nature à remettre en cause l'analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif de Paris. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à juste titre par les premiers juges.
7. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les éléments de droit dont le préfet de police a fait application pour prendre les décisions en litige et mentionne également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé. Ainsi, le moyen tiré de ce que ces décisions seraient insuffisamment motivées ne peut qu'être écarté.
8. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation de M. A B.
9. En quatrième lieu, M. A B soutient que les décisions en litige seraient entachées d'une erreur de procédure, d'erreurs de fait concernant l'absence de justification des motifs de la rupture de son contrat de travail qui lui a été opposée et l'invitation à ce qu'une demande d'une autorisation de travail soit présentée auprès du service de la main d'œuvre étrangère, et méconnaîtraient les dispositions des articles L. 114-2, L. 114-3, L. 114-5 et L. 114-6 du code des relations entre le public et l'administration ainsi que les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans la mesure notamment où il exerce un métier relevant d'un secteur en tension. Cependant, ces moyens ont trait à la légalité du refus de délivrance d'un titre de séjour et sont, par suite, inopérants à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement. Dès lors, ils ne peuvent qu'être écartés.
10. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait entaché ses décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 711-12 du code de justice administrative : " Lorsque, en application du dernier alinéa de l'article 23-2 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel, l'une des parties entend contester, à l'appui d'un appel formé contre la décision qui règle tout ou partie du litige, le refus de transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité opposé par le premier juge, il lui appartient, à peine d'irrecevabilité, de présenter cette contestation avant l'expiration du délai d'appel dans un mémoire distinct et motivé, accompagné d'une copie de la décision de refus de transmission ".
12. Par une ordonnance n° 2203433 du 19 avril 2022, le vice-président de la 2ème section du tribunal administratif de Paris a refusé de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité présentée par M. A B relative à la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 5221-5 et L. 5221-9 du code du travail. Si M. A B soulève également en appel l'inconstitutionnalité de ces dispositions, en tout état de cause cette contestation concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de laquelle aucune conclusion n'a été formulée. De plus, elle n'a pas été présentée par mémoire distinct, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 711-12 du code de justice administrative. Par suite, cette contestation est irrecevable et ne peut qu'être rejetée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A B est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de faire application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative et de la rejeter en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 6 avril 2023.
La présidente de la 5ème chambre,
H. VINOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026