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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-23PA00441

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-23PA00441

lundi 24 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-23PA00441
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantDIAWARA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 23 février 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné.

Par un jugement n° 2104260 du 9 décembre 2022, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 1er février 2023, M. B, représenté par Me Diawara, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2104260 du 9 décembre 2022 rendu par le tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 511-4 6°, L. 313-14, L. 313-11 7° et L. 313-11 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiés aux articles

L. 611-3 5°, L. 435-1, L. 423-23 et L. 423-7 du même code ;

- il est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2023 près le tribunal judiciaire de Paris.

Vu les autres pièces du dossier et notamment les pièces enregistrées le 6 février 2023.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de New York relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant malien né le 1er octobre 1985 et entré en France le 12 août 2012, a sollicité le 20 novembre 2020 le renouvellement du titre de séjour qui lui avait été délivré en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 23 février 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B interjette appel du jugement du 9 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). ".

3. En premier lieu, M. B réitère en appel les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle au regard des dispositions des articles L. 511-4 6° et L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiés aux articles L. 611-3 5° et L. 423-7 du même code. Les premiers juges ont considéré que M. B ne justifiait pas participer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants depuis leurs naissances ou depuis au moins deux ans à la date de la décision en litige. Ils ont considéré que le requérant n'allègue pas qu'à la date de l'arrêté attaqué il résidait avec la mère de ses enfants ni avec ses derniers et ne se prévaut d'aucune décision de justice portant sur la contribution à l'éducation et à l'entretien des enfants. Les premiers juges ont par ailleurs énoncé que pour justifier contribuer à l'entretien de ses enfants, M. B produit des facturettes correspondant à des achats de marchandises ainsi que des relevés d'opérations bancaires se rapportant à un compte dont la mère des enfants est titulaire qui comportent la mention, sans précision sur leur origine, de versements effectués sur ce compte en janvier 2019, février et août 2020. Ils ont également considéré que l'attestation établie le 15 mars 2021 par la mère des enfants qui se borne à mentionner que le requérant verse une somme de 200 euros par mois ainsi que les seuls témoignages de la mère des enfants, du frère de celle-ci ainsi que d'une personne se présentant comme une résidente voisine, ne suffisent pas à justifier de l'implication de M. B dans l'éducation de ses enfants. Si le requérant produit en appel plusieurs documents tels que des virements bancaires au bénéfice de la mère des enfants, des règlements de la cantine scolaire, un justificatif de domicile ainsi que des factures établies à son nom à l'adresse de la mère de ses enfants, d'une part, ces éléments n'attestent que d'une participation financière à l'entretien de ses enfants pouvant se poursuivre dans son pays d'origine, et, d'autre part, ces pièces portent sur une période postérieure à l'arrêté litigieux, et sont par suite sans incidence sur l'appréciation, au titre de la période en litige, de l'implication du requérant dans l'éducation et l'entretien de ses enfants. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B au regard des dispositions des articles L. 511-4 6° et L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiés aux articles L. 611-3 5° et L. 423-7 du même code. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, en première instance, M. B a fait valoir que l'arrêté attaqué était entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Les premiers juges ont énoncé qu'à la date de l'arrêté attaqué, l'intéressé ne peut se prévaloir d'attaches familiales dès lors qu'il ne démontre pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Ils ont en outre énoncé que M. B, résidant en France depuis le mois d'août 2012, ne justifie d'aucune insertion sociale particulière, bien

qu'il établisse avoir effectué une formation linguistique, alors qu'au demeurant il n'allègue pas avoir exercé une quelconque activité professionnelle en France. Les premiers juges en ont ainsi déduit que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi par cette décision, ni porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. Eu égard à ce qu'il a été dit au point 3 de la présente ordonnance et en se bornant à reprendre son argumentation de première instance et à produire, en appel, des pièces portant sur une période postérieure à

l'arrêté litigieux, M. B ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges. Par suite, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif au point 8 de son jugement.

5. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 313-14 et L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiés aux articles L. 435-1 et L. 423-23 du même code. Dès lors, l'intéressé ne peut utilement soutenir qu'il remplirait les conditions pour obtenir un tel titre de séjour. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. B au regard de ces dispositions ne peuvent qu'être écartés.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, en ce qu'elle tend à l'annulation du jugement du 9 décembre 2022 et de l'arrêté du 23 février 2021, est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Elle doit donc être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Paris, le 24 avril 2023

Le président de la 9ème chambre,

S. CARRERE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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