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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-23PA00503

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-23PA00503

jeudi 29 juin 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-23PA00503
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantMOULAI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 13 mai 2022 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Par un jugement n° 2212729 du 5 janvier 2023, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2023, et un mémoire, enregistré le 25 avril 2023, M. A, représenté par Me Moulai, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2212729 du 5 janvier 2023 rendu par le tribunal administratif de Paris ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 mai 2022 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation administrative ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'un défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- le préfet ne pouvait fixer l'Inde comme pays de destination de la mesure d'éloignement.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant indien né le 21 août 1983 et entré en France en 2018 selon ses déclarations, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 13 mai 2022, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. M. A interjette appel du jugement du 5 janvier 2023 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). ".

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué précise les éléments de fait de la situation personnelle et professionnelle du requérant. Il contient ainsi l'énoncé des circonstances de fait et de droit au vu desquelles il est pris et est par suite suffisamment motivé. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de la situation du requérant doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, si M. A se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2018, l'ancienneté de la résidence sur le territoire ne constitue pas à elle seule un motif d'admission exceptionnelle au séjour en application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il ne démontre pas une insertion sociale ou professionnelle stable et ancienne sur le territoire français susceptible de constituer un motif d'admission exceptionnelle au séjour par la production d'un contrat à durée indéterminée d'électricien conclu en octobre 2020 et par l'acquisition d'un bien immobilier et de deux emplacements pour véhicule automobile en date du 10 mai 2022. En outre, M. A, célibataire et sans charges de famille en France, n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans au moins. Dans ces conditions, le refus de titre de séjour contesté n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il en est de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle.

5. En troisième lieu, à défaut de justifier sa résidence habituelle en France depuis au moins dix années à la date de l'arrêté attaqué, la commission du titre de séjour n'avait pas à être saisie. Par suite, M. A n'est pas fondé à contester le défaut de saisine de la commission du titre de séjour.

6. En quatrième lieu, l'illégalité de la décision portant refus de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire, doit être écarté.

7. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et en particulier des mentions de la décision attaquée que le préfet de police aurait fixé l'Inde comme seul pays de destination pour l'exécution de la mesure d'éloignement, M. A étant par ailleurs légalement admissible en Italie où il a obtenu un titre de séjour à durée illimitée en 2019. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A, en ce qu'elle tend à l'annulation du jugement du 5 janvier 2023 et de l'arrêté du 13 mai 2022 est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Elle doit donc être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction et, en tout état de cause, celles relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 29 juin 2023

Le président de la 9ème chambre,

S. CARRERE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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