vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA03393 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DELORME |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C et M. D A ont demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler les arrêtés du 14 février 2023 par lesquels le préfet de police leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de ces mesures d'éloignement.
Par deux jugements n° 2304589 et 2304594 du 18 avril 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la Cour :
I- Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 27 juillet et 22 août 2023 sous le n° 23PA03393, Mme B C, représentée par Me Delorme, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2304589 du 18 avril 2023 rendu par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2023 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendue ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
II- Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 27 juillet et 22 août 2023 sous le n° 23PA03394, M. D A, représenté par Me Delorme, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2304594 du 18 avril 2023 rendu par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2023 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Il soulève les mêmes moyens que ceux exposés dans la requête n° 23PA03393.
Mme C et M. A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 6 juillet 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux arrêtés du 14 février 2023, le préfet de police a fait obligation à Mme C et à son époux M. A, ressortissants égyptiens nés respectivement le 18 décembre 1984 et le 23 juin 1983, de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de ces mesures d'éloignement. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, Mme C et M. A interjettent appel des jugements du 18 avril 2023 par lesquels le magistrat désigné par le tribunal administratif de Paris a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Les requêtes visées ci-dessus présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu par suite d'y statuer par une même ordonnance.
3. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
4. En premier lieu, Mme C et M. A reprennent en appel les moyens tirés de l'insuffisance de motivation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et du défaut d'examen de leur situation personnelle. Toutefois, le premier juge a relevé que les décisions en litige comportaient les considérations de droit ou de fait au vu desquelles elles avaient été prises, notamment leur situation personnelle et familiale dont le préfet n'était pas tenu de mentionner tous les éléments mais qu'il avait examiné de manière circonstanciée. En appel les requérants ne développent, au soutien de ces moyens, aucun argument de droit ou de fait pertinent de nature à remettre en cause l'analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif. Par conséquent, ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par le premier juge aux points 3 et 4 des jugements attaqués.
5. En deuxième lieu, ainsi que l'a relevé le premier juge, Mme C et M. A ont été entendus dans le cadre de l'examen de leurs demandes d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile et pouvaient faire valoir à tout moment auprès de la préfecture les éléments pertinents relatifs à leur situation personnelle. Les intéressés n'allèguent ni n'établissent qu'ils auraient sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ou qu'ils auraient été empêchés de présenter leurs observations avant que ne soit prises les décisions litigieuses. Par suite, le préfet de police, qui n'était pas tenu d'inviter Mme C et M. A à formuler des observations avant l'édiction de ces mesures, ne les a pas privés de leur droit à être entendus.
6. En dernier lieu, Mme C et M. A reprennent en appel les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Le premier juge a relevé que les requérants étaient entrés en France en 2019 avec leurs deux enfants régulièrement scolarisés, un troisième étant né en avril 2021. Ils ont estimé qu'en dépit de leurs remarquables efforts d'intégration et du parcours scolaire des enfants, la cellule familiale avait vocation à se reconstituer en Egypte dont ils sont originaires et où les enfants pourront poursuivre leur scolarité. En appel, les requérants produisent de nouvelles attestations et relevés scolaires témoignant de la bonne intégration de leurs enfants mais n'apportent aucun élément de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le tribunal administratif. Par conséquent, ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par le premier juge aux points 8 des jugements attaqués.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme C et M. A, tendant à l'annulation des jugements du 18 avril 2023 et des arrêtés du 14 février 2023 sont manifestement dépourvues de fondement au sens des dispositions précitées de l'article
R. 222-1 du code de justice administrative. Elles doivent donc être rejetées dans l'ensemble de leurs conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais des instances.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de Mme C et M. A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F et à M. E.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 29 septembre 2023
Le président de la 9ème chambre,
S. CARRERE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision., 23PA033940
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026