jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA03727 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOUZOUBA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E G a demandé au tribunal administratif de Melun d'annuler l'arrêté du 14 juin 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Par une ordonnance n° 2206026 du 17 août 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Melun a transmis, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, au tribunal administratif de Paris la demande de M. G.
Par un jugement n° 2217942 du 7 juillet 2023, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 16 août 2023, M. G, représenté par Me Bouzouba, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur de fait quant aux conditions régulières de son entrée en France ;
- il méconnaît les dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- son état de santé fait obstacle à l'exécution de cet arrêté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2023, la présidente de la cour administrative d'appel de Paris a désigné M. d'Haëm, président assesseur à la 6ème chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les magistrats " ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. G, ressortissant algérien, né le 10 mai 1975, a été interpellé le 14 juin 2022 pour des faits d'usage d'un faux document. Par un arrêté du même jour, le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. G fait appel du jugement du 7 juillet 2023 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. G étant entré régulièrement en France le 7 juillet 2017 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa Schengen de court séjour, le préfet de Seine-et-Marne ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour l'obliger à quitter le territoire français, le préfet s'est également fondé sur les dispositions du 6° de cet article, aux termes desquelles une telle mesure d'éloignement peut être prise à l'égard de " l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail ", M. G, qui ne résidait pas régulièrement en France depuis plus de trois mois et qui a fait usage d'une fausse carte d'identité italienne afin d'exercer une activité professionnelle, y ayant travaillé sans avoir obtenu au préalable une autorisation de travail. En outre, il résulte de l'instruction que le préfet de Seine-et-Marne aurait pris la même mesure d'éloignement en se fondant sur ce seul motif. Au surplus, la mesure d'éloignement en litige trouve également sa base légale dans les dispositions du 2° de cet article L. 611-1, aux termes desquelles une telle mesure peut être prise à l'égard de " l'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré (), s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour () ". Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur de droit et d'une erreur de fait quant aux conditions régulières de l'entrée en France de M. G doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. G se prévaut de la durée de son séjour en France depuis le 7 juillet 2017, et fait valoir qu'il y vit avec son épouse, Mme H, et leurs trois enfants, F B, D et A C, nés respectivement le 13 décembre 2008, le 3 janvier 2011 et le 25 juillet 2015 et qui y sont scolarisés. Il fait valoir également qu'il exerce une activité professionnelle depuis trois ans. Toutefois, l'intéressé s'est maintenu sur le territoire sans être titulaire, ni même solliciter un titre de séjour et a fait usage d'une fausse carte d'identité italienne. En outre, en établissant avoir travaillé à compter du mois de mai 2019 comme " chauffeur-livreur " auprès de la société " Mno Transport ", puis à compter du mois de février 2020 comme " employé polyvalent " auprès de la société " First Manut " et, enfin, à compter du mois de juin 2020 comme auto-entrepreneur dans le montage de meubles et la pose de cuisines équipées ou le BTP, le requérant ne saurait être regardé comme justifiant d'une insertion professionnelle stable et ancienne en France, ni d'une qualification professionnelle spécifique ou particulière. Par ailleurs, M. G, qui n'apporte aucun élément précis sur les liens de toute nature, notamment d'ordre amical, qu'il aurait noués en France, ne justifie d'aucune circonstance particulière de nature à faire obstacle à ce qu'il emmène avec lui son épouse, de nationalité algérienne et qui est également en situation irrégulière au regard du séjour, ainsi que ses trois enfants et à ce qu'il poursuive normalement sa vie privée et familiale à l'étranger et, en particulier, en Algérie où il n'allègue pas être dépourvu d'attaches privées et familiales et où lui-même a vécu jusque l'âge de quarante-deux ans. Enfin, il n'établit, ni n'allègue sérieusement qu'il serait, avec les membres de sa famille, dans l'impossibilité de se réinsérer dans son pays d'origine ou que ses jeunes enfants ne pourraient pas y bénéficier d'une scolarisation normale. Par suite, l'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour n'a pas porté au droit de M. G au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels ces mesures ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. En troisième lieu, si le requérant fait valoir, d'une part, que son épouse a été convoquée par les services de la préfecture de police pour le 13 février 2024 en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour, d'autre part, qu'opéré le 26 janvier 2023 pour une arthrodèse lombaire de type TLIF, il a été victime d'une infection à l'hôpital, qui a nécessité une reprise chirurgicale et une antibiothérapie, que son état de santé nécessite un suivi médical en France et qu'un retour dans son pays l'exposerait à un risque sérieux de détérioration grave de son état de santé et l'empêcherait de faire l'objet d'une expertise dans le cadre de la procédure qui l'opposerait à l'hôpital, ces différents éléments, postérieurs à l'arrêté contesté du 14 juin 2022, sont sans incidence sur sa légalité, qui s'apprécie à la date de son édiction. Au surplus, aucun des documents d'ordre médical produits par le requérant ne permet de démontrer l'existence d'un tel risque ou que l'intéressé ne pourrait pas effectivement bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée dans son pays d'origine.
6. Enfin, M. G ne peut, en tout état de cause, utilement se prévaloir, à l'encontre de la mesure d'éloignement en litige, des orientations générales définies par le ministre de l'intérieur dans la circulaire du 28 novembre 2012.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. G est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles portant sur les frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E G.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Paris, le 14 septembre 2023.
Le président assesseur de la 6ème chambre,
R. d'HAËM
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026