vendredi 19 septembre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-24PA01389 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'ALVERNY AVOCATS |
Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : M. B C a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler la décision du 23 juillet 2021 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle à hauteur de 10 000 euros pour le mois d'octobre 2020 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19. Par un jugement n° 2120214 du 23 janvier 2024 le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Procédure devant la Cour : Par une requête enregistrée le 25 mars 2024, M. C, représenté par Me De Smet, demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 2120214 du 23 janvier 2024 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; 2°) d'annuler la décision du 23 juillet 2021 par laquelle sa demande d'aide exceptionnelle à hauteur de 10 000 euros pour le mois d'octobre 2020 au titre du fonds de solidarité institué pour aider les entreprises particulièrement touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19 a été rejetée ; 3°) d'enjoindre à l'Etat de lui verser l'aide sollicitée ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat à la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - le jugement est insuffisamment motivé ; - c'est à tort que l'administration a considéré que son activité ne relevait pas du secteur 1 ouvrant droit à l'aide ; - il est éligible au bénéfice de l'aide. Par un mémoire en défense, enregistré, le 30 mai 2024 le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ; - l'ordonnance n° 2020-705 du 10 juin 2020 ; - le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 dans sa version issue du décret n° 2020-1328 du 2 novembre 2020 et du décret n° 1770 du 30 décembre 2020 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de Mme Boizot, - les conclusions de M. Sibilli, rapporteur public, - et les conclusions de Me De Smet pour M. C. Considérant ce qui suit : 1. M. C qui exerce une activité d'entrepreneur individuel depuis le 1er janvier 2014 a sollicité le bénéfice du fonds de solidarité institué par le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, au titre des pertes de chiffres d'affaires du mois d'octobre 2020. Il a déposé deux demandes le 20 novembre 2020, toutes les deux relatives au mois d'octobre 2020 : la première au titre de la perte du chiffre d'affaires qui lui a été accordée, le 21 novembre 2020, pour un montant de 7 740 euros et la seconde au titre de l'interdiction de déplacement de personnes pour un montant de 10 000 euros laquelle demande a été rejetée par une décision du 23 juillet 2021 du directeur général des finances publiques. Par un jugement n° 2120214 du 23 janvier 2024 dont il interjette régulièrement appel, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision précitée. Sur la régularité du jugement : 2. Si M. C soutient que les premiers juges ont insuffisamment motivé leur jugement dès lors qu'ils se sont bornés à reprendre à leur compte les écritures de l'administration et n'ont pas répondu notamment à ses arguments tirés de son code A en tant que créateur relevant des arts plastiques et de son adhésion à la Maison des artistes dont ne relèvent pas les activités de design, il ressort du point 4 du jugement entrepris que les premiers juges, qui n'étaient pas tenus de répondre à tous ses arguments, ont qualifié l'activité du requérant de conception graphique eu égard à l'appréciation des pièces du dossier et à l'examen des factures établies par l'intéressé auxquels ils se sont livrés. Par suite, le jugement doit être regardé comme étant suffisamment motivé. Le moyen doit donc être écarté. Sur le fond : 3. D'une part, aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa rédaction applicable au litige : " Il est institué, jusqu'au 16 février 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. () ". L'article 3 de la même ordonnance dispose que : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds () ". 4. D'autre part, aux termes de l'article 3-11 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa rédaction issue du décret n° 2020-1328 du 2 novembre 2020 : " I.- Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret domiciliées dans un territoire faisant l'objet d'un arrêté préfectoral d'interdiction de déplacement de personnes hors de leur lieu de résidence en application de l'article 51 du décret n du 16 octobre 2020 susvisé dans sa rédaction en vigueur au 28 octobre 2020 bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'octobre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : 1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er octobre 2020 et le 31 octobre 2020 ; () / II.- Les entreprises qui exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 ainsi que celles exerçant leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 et ayant subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 15 mars 2020 et le 15 mai 2020 par rapport à la même période de l'année précédente ou, si elles le souhaitent, par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 ramené sur deux mois ou, pour les entreprises créées après le 15 mars 2019, par rapport au chiffre d'affaires réalisé entre la date de création de l'entreprise et le 15 mars 2020 ramené sur deux mois perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros. () III. - La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois d'octobre 2020 et, d'autre part, -le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente ; / -ou, si l'entreprise le souhaite, le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 ; () ". Il ressort par ailleurs de l'article 3-12 de ce décret que les entreprises mentionnées en son article 1er bénéficient alternativement, sous conditions, d'une aide destinée à compenser la perte de chiffre d'affaires au titre du mois d'octobre 2020, le montant de l'aide étant au cas d'espèce plafonné à la somme de 1 500 euros pour les entreprises ayant subi une perte de chiffre d'affaires inférieures à 70 %. Enfin, l'annexe 1 à ce décret, dans sa version issue du décret n° 2020-1328 du 2 novembre 2020, en vigueur pour la période en cause, mentionne au point 25 l'activité de " création artistique relevant des arts plastiques " et au point 27 l'activité d'" artistes auteurs " et son annexe 2 mentionne au point 91 les " métiers graphiques, métiers d'édition spécifique, de communication et de conception de stands et d'espaces éphémères réalisant au moins 50 % de leur chiffre d'affaires avec une ou des entreprises du secteur de l'organisation de foires, d'évènements publics ou privés, de salons ou séminaires professionnels ou de congrès " et les " activités spécialisées de design ". 5. Il résulte de ces dispositions qu'une entreprise dont le secteur activité est listé en annexe 1 ou 2 du décret précité et située en zone de couvre-feu entré en application le samedi 24 octobre 2020, laquelle, par suite d'un arrêté préfectoral, comprend la ville de Paris peut sous conditions bénéficier d'une aide majorée. En outre, si la liste des secteurs d'activité éligibles énumérés aux annexes 1 et 2 du décret du 30 mars 2020 modifié recoupe partiellement certains intitulés de la nomenclature utilisée dans le système d'identification du répertoire des entreprises (SIREN) et du code dit A (activité principale exercée) de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), et si le code A constitue un élément dont l'administration fiscale peut tenir compte lorsqu'elle réalise, le cas échéant, un contrôle de cohérence entre les éléments déclarés par l'entreprise dans son formulaire de demande d'aide au titre du fonds de solidarité et les éléments dont elle dispose pour vérifier si l'activité principale déclarée relève ou non de ces secteurs, il ne résulte d'aucune des dispositions de ce décret, ni de ses annexes, que le numéro SIREN ou le code A attribué par l'INSEE lors de la création de l'entreprise ou modifié ultérieurement à l'initiative de l'entreprise soit le critère retenu pour apprécier l'éligibilité d'une demande d'aide au titre du fonds de solidarité, laquelle dépend de l'activité principale effectivement exercée par l'entreprise. 6. M. C soutient qu'il exerce l'activité d'artiste-auteur et qu'à ce titre, l'INSEE lui a attribué le code A 90.03A qui correspond aux créations artistiques et activités relevant des arts plastiques à savoir les activités exercées par des artistes indépendants tels que des sculpteurs, peintres, dessinateurs-caricaturistes, graveurs au burin, aquafortistes, ainsi que la restauration d'œuvres d'arts, et non le code A 74.10Z correspondant aux activités de design. Il en déduit qu'il est éligible pour bénéficier de l'aide instaurée par l'ordonnance du 25 mars 2020 pour les artistes auteurs mentionnés dans l'annexe 1 au point 27 compte tenu de la perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er octobre 2020 et le 31 octobre 2020. 7. Toutefois, à ce titre, s'il fait valoir son activité de créateur d'" images d'architecte " illustrée par des extraits de son site internet, et son affiliation à la Maison des artistes dont les statuts incluent les activités de création de " graphistes concepteurs d'images destinées à transmettre un message visuel dans tous les domaines de la vie économique, sociale et culturelle ", et excluent les activités de design, ces éléments ne permettent pas de qualifier son activité au regard des dispositions susmentionnées du décret du 30 mars 2020, et d'établir en conséquence l'existence d'une activité d' " artiste auteur " ou d'artiste plasticien au sens de l'annexe 1 à ce décret, alors qu'il ressort des pièces du dossier, en particulier des illustrations et factures produites, que M. C, qui exerce également l'activité d'architecte, crée des images pour des clients dans le cadre de leurs projets d'architecture ou d'animation pour lesquelles il établit des factures de " conception graphique ". En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C ait entrepris des démarches aux fins de protection d'un droit au titre d'une activité artistique. Dès lors, son activité doit être qualifiée d'activité de design ou de métier graphique au sens de l'annexe 2 du même décret. 8. En outre, pour bénéficier en application des dispositions précitées de l'article 3-11 du décret du 30 mars 2020 d'une aide égale au montant de la perte du chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros pour les activités mentionnés dans l'annexe 2 du décret, M. C devait justifier d'une perte de plus de 80 % entre les deux périodes du 15 mars au 15 mai 2020 et du 15 mars au 15 mai 2019. En l'absence de réponse complète à la demande de justificatif de son chiffre d'affaires qui lui a été faite pour les périodes mentionnées à l'article 3-11 du décret du 30 mars 2020 soit du 15 mars au 15 mai 2020 puis du 15 mars 2019 au 15 mai 2019, l'administration fiscale a procédé à un rapprochement des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée, souscrites sur les périodes en litige, qui font ressortir une perte du chiffre d'affaires de 50 %. Est à cet égard sans incidence la circonstance selon laquelle M. C aurait subi une perte supérieure à 50 % de son chiffre d'affaires entre octobre 2019 et octobre 2020. Dans ces conditions, et alors au demeurant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le montant d'aide qu'il a sollicité au titre de son activité de créateur d'images d'architecte, distincte de son activité d'architecte, ait été déterminé en tenant compte de la quote-part de chiffre d'affaires afférente à cette même activité, ainsi que l'administration lui avait, à deux reprises, demandé d'en justifier, l'administration fiscale a pu légalement rejeter la demande d'aide exceptionnelle pour un montant de 10 000 euros de M. C au motif qu'il ne remplissait pas la condition de perte d'au moins 80% de son chiffre d'affaires. 9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande à fin d'annulation. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions. D E C I D E : Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.Délibéré après l'audience du 5 septembre 2025, à laquelle siégeaient :- M. Carrère, président,- M. Lemaire, président assesseur, - Mme Boizot, première conseillère.Rendu public par mise à disposition au greffe de la Cour, le 19 septembre 2025. La rapporteure,S. BOIZOTLe président,S. CARRERELa greffière,C. DABERTLa République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.N° 24PA01389
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026