LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-25PA00296

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA00296

mercredi 8 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA00296
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantROQUES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler l’arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire sans délai et lui a interdit le retour pour une durée de cinq ans.

Par un jugement n° 2423153/2-1 du 20 décembre 2024, le tribunal administratif de Paris a annulé l’arrêté du 12 juillet 2024 du préfet de police.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2025, le préfet de police demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement du 20 décembre 2024 ;

2°) de rejeter la requête de M. B....

Il soutient que c’est à tort que les premiers juges ont annulé l’arrêté du 12 juillet 2024 au motif qu’il méconnaissait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et que les autres moyens soulevés par M. B... en première instance ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2025, M. B..., représenté par Me Roques, conclut au rejet de la requête du préfet de police et à ce que soit mise à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

La clôture de l’instruction a été fixée au 23 avril 2025 par une ordonnance du 8 avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique. :

- le rapport de Mme Bories,

- et les observations de Me Matiatou, substituant Me Roques, représentant M. B....

Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant pakistanais né le 1er janvier 1962, est entré en France en 1986 selon ses déclarations. Il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 16 décembre 2021. Par un arrêté du 12 juillet 2024, le préfet de police a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de cinq ans. M. B... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler cet arrêté. Par un jugement n° 2423153/2-1 du 20 décembre 2024, le tribunal administratif de Paris a annulé l’arrêté du 12 juillet 2024 et enjoint au préfet de délivrer un titre de séjour à l’intéressé. Le préfet de police relève appel de ce jugement.

Sur le moyen retenu par le tribunal :

2. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2.Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B... est entré en France au cours des années 1980, qu’il a épousé une ressortissante française en 1992, que le couple a eu un enfant en 1993, que M. B... a acquis la nationalité française en 1997, et que les époux ont divorcé en 2000. Par un arrêt du 25 septembre 2018, la déclaration de nationalité française de l’intéressé a toutefois été annulée par la cour d’appel de Paris, au motif que la communauté de vie avec son épouse était rompue à la date de son acquisition, compte tenu de son mariage au Pakistan en 1997 avec une autre épouse, avec laquelle il a eu trois enfants, désormais majeurs. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B... a exercé une activité professionnelle à partir de 1999, en tant que salarié dans les secteurs du bâtiment et de la restauration, puis à son propre compte entre 2012 et 2018 dans le commerce de détail, et enfin en contrat à durée indéterminée depuis le 1er septembre 2021 dans le secteur de l’hôtellerie. Enfin, il n’est pas contesté que M. B... a été condamné à deux reprises, pour des faits de menaces de mort et de harcèlement commis entre 2014 et 2016 puis de blanchiment et travail dissimulé commis entre 2017 et 2018. Compte tenu, d’une part, de la durée de présence en France de l’intéressé et de ses liens familiaux et, d’autre part, de son insertion professionnelle et de la nature des infractions qu’il a commises, qui ne peuvent être regardées comme récentes, c’est à bon droit que le tribunal administratif de Paris a estimé que le refus de délivrance d’un titre de séjour par le préfet de police méconnaissait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

4. Il résulte de ce qui précède que le préfet de police n’est pas fondé à se soutenir que c’est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a annulé l’arrêté du 12 juillet 2024.

 

Sur les frais du litige :

 

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

 

DÉCIDE :

Article 1er : La requête du préfet de police est rejetée.

  

Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B..., au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et au préfet de police.

Délibéré après l’audience du 25 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Vidal, présidente de chambre,

Mme Bories, présidente assesseure,

M. Segretain, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 octobre 2025.

La rapporteure,

C. BORIES

La présidente,

S. VIDAL

Le greffier,

C. MONGIS

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions