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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-25PA00698

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA00698

mercredi 26 mars 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA00698
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Melun d'annuler les décisions en date du 21 juin 2023 par lesquelles la préfète du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Par un jugement n° 2308750 en date du 18 septembre 2024, le tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 14 février 2025, M. B, représenté par Me Macarez, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2308750 du tribunal administratif de Melun en date du 18 septembre 2024 ;

2°) d'annuler les décisions du 21 juin 2023 par lesquelles la préfète du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique, ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de lui verser directement cette somme.

Il soutient que :

- le jugement est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur de fait ;

- il est entaché d'une contradiction de motifs ;

- les décisions litigieuses sont entachées d'un défaut d'examen ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que la préfète s'est crue en situation de compétence liée ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles sont entachées d'une erreur de fait ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris en date du 3 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la Cour a désigné M. Lemaire, président assesseur à la 9ème chambre, pour exercer les pouvoirs prévus aux 1° à 7° et au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant ivoirien né le 1er janvier 1986 et entré en France en octobre 2018 selon ses déclarations, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, arrivé à expiration le 19 janvier 2023. Par des décisions en date du 21 juin 2023, la préfète du

Val-de-Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. M. B relève appel du jugement en date du 18 septembre 2024 par lequel le tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".

4. Contrairement à ce que soutient M. B, les premiers juges ont répondu de façon suffisamment précise et circonstanciée à l'ensemble des moyens soulevés en première instance.

5. En second lieu, la circonstance, à la supposer établie, que le jugement contesté serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une erreur de fait ou d'une contradiction de motifs est par elle-même sans incidence sur sa régularité.

Sur le bien-fondé du jugement :

6. En premier lieu, les décisions attaquées mentionnent les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elles se fondent. M. B n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'elles sont insuffisamment motivées.

7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne n'a pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre les décisions contestées.

8. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation des décisions contestées, ni des autres pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne s'est crue en situation de compétence liée.

9. En quatrième lieu, pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, la préfète du Val-de-Marne a estimé, en suivant l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays. Pour contester cette appréciation, M. B, atteint du virus de l'immunodéficience humaine, fait état de l'indisponibilité en Côte d'Ivoire d'un traitement approprié à sa pathologie. Les premiers juges ont relevé que le requérant ne produit aucun certificat médical à l'appui de ses écritures mais se borne à produire des résultats de recherches effectuées sur la " liste provisoire des produits de santé enregistrés en Côte d'Ivoire " et relatives à des autorisations de mise sur le marché qui ont été accordées et à faire état de ce que les composantes actives du Triumeq ne figurent pas sur la liste des médicaments pris en charge par la couverture maladie universelle dans ce pays. Toutefois, il n'établit ni qu'un traitement médicamenteux à base de Triumeq ou d'autres antiviraux équivalents ne serait pas disponible en Côte d'Ivoire, ni qu'il ne pourrait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé. Les juges de première instance ont également considéré que la circonstance qu'il a obtenu plusieurs titres de séjour en qualité d'étranger malade est sans incidence sur la décision contestée. En se bornant à reprendre son argumentation de première instance sans apporter de nouveaux éléments pertinents, M. B ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit au point 14 du jugement. Au regard de ce qui vient d'être énoncé, les décisions attaquées ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. En cinquième lieu, si M. B soutient vivre en concubinage avec une ressortissante camerounaise, il ne l'établit pas. Par suite, la préfète du Val-de-Marne n'a pas entaché les décisions attaquées d'une erreur de fait en considérant qu'il est célibataire.

11. En sixième lieu, les juges de première instance ont relevé que si M. B soutient qu'il est présent depuis le 14 octobre 2018 sur le territoire français, qu'il y est inséré professionnellement dès lors qu'il a signé des contrats à durée indéterminée en tant que chauffeur-livreur et qu'il a rencontré une ressortissante camerounaise en situation régulière, mère d'une petite fille dont il s'occupe, il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire et sans enfant sur le territoire français, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans, et ne justifie pas de liens privés sur le territoire inscrits dans la durée et la stabilité par la seule présence d'une ressortissante camerounaise, qui lui a seulement délivré une attestation d'hébergement. Les premiers juges ont ainsi considéré que, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour sur le territoire national, les décisions contestées n'ont pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises. En reprenant son argumentation de première instance sans apporter de nouveaux éléments pertinents, M. B ne remet pas en cause l'appréciation portée à bon droit par les premiers juges. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit au point 16 du jugement.

12. En septième lieu, M. B n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il serait exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à des traitements prohibés par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit dès lors être écarté.

13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 9, 11 et 12, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Elle peut dès lors être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Paris, le 26 mars 2025.

Le président assesseur de la 9ème chambre,

O. LEMAIRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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