mardi 1 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-25PA01057 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | rectif. erreur matérielle |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SCHIELE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2016, outre les intérêts de retard et pénalités dont ces cotisations ont été assorties. Par un jugement n° 2113521/2 du 13 juillet 2023, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Par un arrêt n° 23PA04017 du 17 janvier 2025, la cour administrative d'appel de Paris a partiellement fait droit à la demande de M. A en ordonnant la réduction de sa base de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2016 d'une somme de 520 000 euros, en lui accordant la décharge des impositions correspondant aux réductions de base d'imposition précitées et en prononçant l'annulation du jugement du tribunal administratif de Paris du 13 juillet 2023.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 mars et 23 mai 2025, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique demande à la Cour sur le fondement de l'article R. 833-1 du code de justice administrative, de rectifier l'erreur matérielle affectant son arrêt n° 23PA04017 en ce qu'il a ordonné la réduction de la base imposable de M. A du montant brut de l'indemnité transactionnelle de licenciement perçue par celui-ci, alors qu'elle a été imposée sur son montant net.
Il soutient que la cour a entaché tant l'article 1er de son dispositif que le point 12 de ses motifs d'une erreur matérielle portant sur le montant de l'indemnité transactionnelle de licenciement perçue par M. A, erreur ayant eu une incidence sur l'issue du litige dès lors qu'elle a conduit à accorder un dégrèvement partiellement indu à celui-ci. Il en demande la rectification par la réduction de la base des impositions supplémentaires mises à la charge de M. A au titre de l'année 2016 d'un montant de 487 859 euros correspondant au montant net imposable de la somme de 520 000 euros bruts.
Par un mémoire enregistré le 14 mai 2025, M. A, représenté par Me Schiele, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'arrêt n'est entaché d'aucune erreur matérielle.
Vu le code de justice administrative, notamment son article R. 833-1.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : " 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".
2. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision de Cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée ". Il résulte de ces dispositions que le recours en rectification d'erreur matérielle est ouvert, même sans texte, devant les juridictions qui statuent en dernier ressort et qu'il n'est recevable que lorsqu'une erreur matérielle, imputable à la juridiction, est susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire. Lorsque ces conditions de recevabilité ne sont manifestement pas remplies, le président de la formation de jugement peut rejeter un tel recours par ordonnance.
3. En l'espèce, le grief tiré de ce que la cour la cour administrative d'appel de Paris, dans son arrêt du 17 janvier 2025, aurait dû mentionner au point 12 des motifs et à l'article 1er du dispositif, la réduction de la base imposable de M. A, au titre de l'année 2016, du montant brut de l'indemnité transactionnelle de licenciement perçue par celui-ci et non du montant net imposable, procède d'une critique de l'appréciation de la cour sur le litige exposé et non d'une erreur matérielle au sens des dispositions du code de justice administrative précitées. Or le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique n'est pas recevable à remettre en cause par la voie d'un recours en rectification d'erreur matérielle.
4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le recours en rectification d'erreur matérielle présenté par le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, qui ne satisfait pas aux conditions posées à l'article R. 833-1 du code de justice administrative, n'est pas recevable et ne peut qu'être rejeté.
ORDONNE :
Article 1er : Le recours en rectification d'erreur matérielle présenté par le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique est rejeté.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ainsi qu'à M. A.
Fait à Paris, le 1er juillet 2025.
La présidente de la 7ème chambre,
V. Chevalier-Aubert
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026