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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-25PA01083

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA01083

vendredi 13 février 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA01083
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème Chambre
Avocat requérantCHEMMI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler l’arrêté du 4 novembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours en vue de son éloignement du territoire français.

Par un jugement n° 2500605 du 7 février 2025, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 7 mars 2025, M. A..., représenté par Me Chemmi, demande à la Cour :

1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Montreuil du 7 février 2025 ;

2°) d’annuler l’arrêté du 30 octobre 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour pour une durée de douze mois, ainsi que l’arrêté du 4 novembre 2024 par lequel la même autorité l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Il soutient que :
- c’est à tort que le juge de première instance a rejeté sa demande comme étant irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- l’arrêté attaqué du 4 novembre 2024 est illégal, par voie d’exception, en conséquence de l’illégalité de l’arrêté du 30 octobre 2024 l’obligeant à quitter le territoire français sur lequel il se fonde, cet arrêté étant entaché d’incompétence, d’une insuffisance de motivation, d’un défaut d’examen particulier de sa situation, d’une erreur de fait, d’une erreur manifeste d’appréciation et d’une méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Lorin a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 30 octobre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pris à l’encontre de M. A..., ressortissant égyptien né le 3 juin 1976, un arrêté portant obligation de quitter sans délai le territoire français et interdiction de retour pour une durée de douze mois. Par un second arrêté du 4 novembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, sur le fondement des dispositions du 1° de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, M. A... relève régulièrement appel du jugement par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l’annulation de ce second arrêté.

Sur la recevabilité de la demande de première instance :

2. Aux termes de l’article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 (…) / Lorsqu'elle a été notifiée après la décision d'éloignement, elle peut être contestée alors même que la légalité de la décision d'éloignement a déjà été confirmée par le juge administratif ou ne peut plus être contestée ». L’article L. 921-1 de ce code dispose que : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision (…) ». Aux termes de l’article R. 921-1 du même code : « Lorsque le délai de recours prévu à l'article L. 911-1 n'est pas expiré à la date à laquelle l'autorité compétente notifie à l'intéressé une décision d'assignation à résidence en application de l'article L. 731-1, l'autorité administrative l'informe que ce délai est interrompu et qu'il dispose désormais, à compter de cette information, du délai de sept jours prévu à l'article L. 921-1 pour introduire son recours s'il ne l'a pas déjà fait. (…) ». Enfin, l’article R. 921-3 de ce code prévoit que « Les délais de recours de sept jours et quarante-huit heures respectivement prévus aux articles L. 921-1 et L. 921-2 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. ». Il résulte de ces dispositions que les mesures d’assignation à résidence peuvent faire l’objet d’un recours devant la juridiction administrative dans un délai de sept jours à compter de leur notification qui ne peut faire l’objet d’aucune prorogation.

3. En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que l’arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 4 novembre 2024 a été notifié à M. A... le jour même de son édiction par voie administrative. La mention des voies et délais de recours indiquait clairement que cet arrêté pouvait être contesté devant la juridiction administrative dans un délai de sept jours et non de deux mois, contrairement à ce qu’il soutient, ce second délai étant réservé aux recours administratifs gracieux et hiérarchiques. Si, pour contester la tardiveté qui lui est opposée, M. A... fait valoir que, compte tenu de l’indisponibilité de la connexion à l’application Télérecours, sa requête a été introduite par courriel dès le 4 janvier 2025 à 14h04 ainsi qu’il en justifie par la production d’une copie de ce message électronique, et non le 13 janvier suivant comme relevé dans le jugement, le délai de recours de sept jours fixé à l’article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui lui était réservé, était toutefois expiré depuis le 11 novembre 2024 à minuit. Par suite, la demande de M. A... tendant à l’annulation de l’arrêté du 4 novembre 2024 était en tout état de cause tardive et donc irrecevable.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement contesté, la juge de première instance du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande comme irrecevable. Par voie de conséquence, sa requête doit être rejetée.



D E C I D E :



Article 1er: La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 30 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

- M. Carrère, président,
- M. Lemaire, président assesseur,
- Mme Lorin, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe de la Cour le 13 février 2026.


La rapporteure,
C. LORIN



Le président,
S. CARRERE



La greffière,
C. DABERT



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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