jeudi 7 avril 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-20VE03426 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOULA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C épouse A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2019 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2000794 du 15 décembre 2020, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 30 décembre 2020, Mme C épouse A, représentée par Me Boula, avocat, demande à la cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler cet arrêté ;
3° d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4° de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le jugement omet de répondre au moyen tiré de ce que le préfet s'est abstenu à tort d'examiner spontanément sa demande de titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur celui de l'article L. 313-14 du même code ;
- les premiers juges ont dénaturé les pièces du dossier ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- l'arrêté contesté est entaché d'insuffisance de motivation ;
- il révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée pour le prendre ;
- il méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme C épouse A, ressortissante congolaise née le 13 janvier 1961 à Brazzaville (République du Congo), qui a déclaré être entrée en France le 17 juillet 2015, a sollicité le 25 avril 2017 son admission au séjour au titre des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 19 décembre 2019, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme C épouse A relève appel du jugement du 15 décembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. En premier lieu, Mme C épouse A soutient que les premiers juges auraient omis de répondre au moyen tiré de ce que le préfet s'est abstenu à tort d'examiner spontanément sa demande de titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur celui de l'article L. 313-14 du même code. Toutefois, il ne s'agit pas d'un moyen mais seulement d'un argument que Mme C épouse A a entendu développer au soutien du moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté contesté. Les premiers juges, qui n'étaient tenus de répondre qu'aux moyens soulevés devant eux, n'ont donc pas entaché leur jugement d'irrégularité en ne répondant pas à cet argument.
4. En second lieu, la requérante soutient que les premiers juges auraient dénaturé les pièces du dossier en ne tenant pas compte de l'une d'entre elles et en se fondant sur des éléments factuellement erronés. Toutefois, ce moyen se rattache au bien-fondé du jugement. Il est sans incidence sur sa régularité et doit donc être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
5. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les éléments de droit et de fait qui le fondent. Ainsi, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le préfet n'aurait pas mentionné l'ensemble des éléments caractérisant la situation de Mme C épouse A, il est suffisamment motivé.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté contesté qu'avant de le prendre, le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande de l'intéressée.
7. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que le préfet se serait cru à tort lié par l'avis rendu le 12 décembre 2019 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), à l'appui duquel elle ne fait état ni ne produit aucun élément nouveau, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges au point 3 du jugement entrepris.
8. En quatrième lieu, la requérante reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle soutient que, contrairement à ce qu'a estimé le collège des médecins de l'OFII dans leur avis du 12 décembre 2019, elle n'aurait pas effectivement accès aux soins que nécessitent les différentes pathologies dont elle souffre. Pour en justifier, elle produit un article de presse relatif au système de santé congolais, et plusieurs certificats médicaux dont un émanant d'un médecin congolais. Compte-tenu, toutefois, du caractère sommaire de ces certificats, en particulier sur le point de l'accès effectif aux soins, ils ne suffisent pas, comme l'ont d'ailleurs estimé à bon droit les premiers juges, à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII déjà mentionné. C'est donc en faisant une exacte application des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet a pris l'arrêté contesté.
9. En cinquième lieu, la requérante reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle soutient en particulier que, contrairement à ce qu'ont relevé les premiers juges, son époux demeurerait à ses côtés en France et non au Congo. Pour établir la présence de son époux à ses côtés sur le territoire national, elle produit des attestations de ses frères et sœurs, qui ne mentionnent pas son mari ou le font en indiquant, sans plus de précision, qu'il " réside " ou est " résident " en France, elle produit également la carte temporaire de M. A, valable de 2019 à 2021, qui mentionne que celui-ci est domicilié à la même adresse que la requérante, à savoir, celle de la demi-sœur de la requérante, et enfin en alléguant sans l'établir avoir informé la préfecture du " changement intervenu " lorsque son époux l'aurait rejointe en France, à une date et dans des conditions qu'elle n'indique pas. Ces éléments imprécis ne suffisent pas à remettre en cause les déclarations initiales de la requérante elle-même lors de sa demande de titre de séjour, selon lesquelles son mari demeurait alors au Congo. Mme C épouse A ne fait donc état ni ne produit aucun élément nouveau qui soit de nature ou suffise à remettre en cause l'appréciation des premiers juges, selon lesquels l'atteinte disproportionnée que porterait l'arrêté contesté à son droit au respect de sa vie privée et familiale n'est pas suffisamment caractérisée. Dans ces conditions, par ces motifs et ceux retenus à bon droit par le tribunal au point 7 du jugement entrepris, le moyen doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme C épouse A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme C épouse A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 7 avril 2022.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026