jeudi 19 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE00361 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MANCEL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2020 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2006617 du 14 janvier 2021, le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 9 février 2021 et le 29 septembre 2021, M. A, représenté par Me Mancel, avocat, demande à la cour :
1° d'annuler ce jugement ;
2° d'annuler cet arrêté ;
3° d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4° de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de fait ;
- le premier juge a fait une inexacte application des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B A, ressortissant nigérian né le 12 octobre 1974 à Bénin City, qui a déclaré être entré en France le 30 août 2017, a présenté une demande d'asile rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 26 octobre 2018 et par la Cour nationale du droit d'asile par une décision du 4 septembre 2020. Par un arrêté du 18 septembre 2020, le préfet de police a obligé M. A à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A relève appel du jugement du 14 janvier 2021 par lequel le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. En premier lieu, il ressort de la lecture du jugement attaqué que le président du tribunal administratif de Versailles, qui n'avait pas à faire état de tous les arguments avancés par les parties, a suffisamment motivé son jugement en répondant au moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant au point 8 de son jugement, par renvoi au point 6 de ce jugement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du jugement attaqué, à le supposer d'ailleurs effectivement soulevé, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, à supposer que M. A ait entendu invoquer le moyen tiré de l'erreur de fait en soulignant que le président du tribunal administratif de Versailles a mentionné qu'il avait deux enfants alors qu'il est père de trois enfants, ce moyen se rattache au bien-fondé du jugement et est sans incidence sur sa régularité et doit être écarté.
5. En troisième lieu, M. A soutient que le premier juge aurait fait une inexacte application des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, ce moyen se rattache au bien-fondé du jugement. Il est sans incidence sur sa régularité et doit être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, sans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
7. M. A est entré en France le 30 août 2017, soit depuis trois ans à la date de l'arrêté contesté. S'il se prévaut de sa vie commune avec la mère de ses trois enfants, qui est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle, et de ce qu'il contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation des enfants, les pièces produites en appel pour justifier d'une résidence commune sont postérieures à l'arrêté en litige et ne permettent pas d'en établir la réalité antérieurement à l'année 2021. De même, les attestations produites en appel pour établir la réalité de la contribution de M. A à l'entretien et à l'éducation de ses enfants sont datées de 2021 et sont trop peu circonstanciées pour permettre d'établir une contribution à la date de l'arrêté contesté. En outre, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, les deux plus jeunes enfants du couple sont nés en France en 2013 et en 2016, soit avant que le requérant n'entre en France, et d'autre part, que le requérant n'a reconnu son deuxième enfant qu'en 2019, soit six ans après la naissance de celui-ci. Par ailleurs, la mère des enfants est également de nationalité nigériane, de sorte qu'il n'est pas établi que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer au Nigéria où M. A a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente-sept ans, où il n'allègue pas être dépourvu d'attaches et où il n'allègue pas que ses enfants, dont l'aîné est né en Espagne en 2011, ne pourront pas poursuivre leur scolarité. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire et, en tout état de cause, la décision fixant le pays de destination, ne portent pas au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard du but qu'elles poursuivent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
9. La circonstance qu'un retour de M. A au Nigéria entraînerait une dégradation des conditions matérielles de vie de ses enfants, dès lors que leur mère travaille en France et ne bénéficierait pas d'un salaire équivalent au Nigéria, ne suffit pas à démontrer que l'intérêt supérieur des enfants n'aurait pas été pris en compte dès lors que, comme il a été énoncé au point 7 de la présente ordonnance, M. A qui n'établit ni vivre avec ses enfants ni contribuer à leur entretien et à leur éducation, n'invoque, en tout état de cause, aucune circonstance de nature à faire obstacle à la reconstitution de la cellule familiale au Nigéria. Il en est de même de la circonstance que les enfants de M. A perdraient la possibilité d'acquérir la nationalité française par déclaration en cas de retour au Nigéria. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français et, en tout état de cause, la décision fixant le pays de destination, ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet de police de Paris.
Fait à Versailles, le 19 mai 2022.
Le conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026