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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE00457

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE00457

jeudi 19 mai 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE00457
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantTAGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2020 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 2000992 du 25 juin 2020, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 17 février 2021, Mme B, représentée par Me Tagne, avocat, demande à la cour :

1° d'annuler ce jugement ;

2° d'annuler cet arrêté ;

3° d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;

4° de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- les premiers juges ont écarté, à tort, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté et de l'irrégularité de la procédure en raison du manque de précision de l'avis du collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

Sur le bien-fondé du jugement :

- l'arrêté est entaché d'insuffisance de motivation ;

- il révèle un défaut d'examen particulier du préfet sur les caractéristiques de l'offre de soins dans son pays d'origine ;

- il est intervenu au terme d'une procédure irrégulière en raison du manque de précision de l'avis du collège de médecin de l'OFII ;

- le préfet s'est cru, à tort, en situation de compétence liée vis-à-vis de l'avis du collège de médecin de l'OFII ;

- la décision portant refus de séjour méconnait les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 313-33 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du tribunal judiciaire de Versailles en date du 28 décembre 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le décret n° 2020 -1717 du 28 décembre 2020 ;

-l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A B, ressortissante camerounaise, née le 2 décembre 1972 à Yaoundé, qui a déclaré être entrée en France le 15 novembre 2010, a sollicité, le 4 mai 2018, son admission au séjour sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 16 janvier 2020, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B relève appel du jugement du 25 juin 2020 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. Mme B soutient que les premiers juges auraient écarté, à tort, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté et de l'irrégularité de la procédure en raison du manque de précision de l'avis du collège de médecin de l'OFII. Toutefois, ces moyens se rattachent au bien-fondé du jugement. Ils sont donc sans incidence sur sa régularité et doivent être écartés.

Sur le bien-fondé du jugement :

4. En premier lieu, Mme B soutient que le préfet a entaché son arrêté d'une insuffisance de motivation, faute de se prononcer sur son état de santé et sur la possibilité d'accéder, tant matériellement que financièrement, à des traitements adéquats pour sa pathologie dans son pays d'origine. De plus, elle fait valoir que le préfet se serait cru, à tort, en situation de compétence liée vis-à-vis des conclusions de l'avis du collège des médecins de l'OFII. Toutefois, l'arrêté en litige vise les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du 3° de l'article L. 511-1 de ce même code dont il fait application et indique qu'il ressort de l'avis défavorable du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 2 mai 2019 que l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté en cause que le préfet se serait cru en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins dont il pouvait s'approprier les termes. Enfin, dès lors que le préfet a rejeté la demande de titre de séjour en raison de l'absence de gravité exceptionnelle des conséquences d'une absence de prise en charge de son état de santé, il n'était pas tenu de motiver son arrêté sur la possibilité pour Mme B d'accéder à un traitement approprié au Cameroun. Il en résulte que les moyens tirés du défaut de motivation et de méconnaissance par le préfet de l'étendue de sa compétence doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré du défaut d'examen par le préfet de l'offre de soins dans le pays d'origine de Mme B et de sa capacité financière pour y accéder doit aussi être écarté.

5. En deuxième lieu, Mme B reprend en appel le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de consultation du collège des médecins de l'OFII en raison du manque de précision de l'avis obligatoire rendu par le collège. Toutefois, le collège de médecins de l'OFII n'était pas tenu de se prononcer sur la possibilité pour Mme B de bénéficier d'un accès effectif à un traitement approprié dans son pays d'origine dès lors qu'il ressort de l'avis émis le 2 mai 2019 que le collège a estimé que si l'état de santé de l'intéressée nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Ainsi, comme le relèvent à juste titre les premiers juges, aucune des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé, seules applicables en l'espèce, n'imposaient que cet avis comporte des mentions plus précises que celles qui y figurent. Or, Mme B n'invoque, au soutien de ce moyens repris, aucun élément de fait ou de droit nouveau. Il y a donc lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus aux points 5. et 6. du jugement attaqué.

6. En troisième lieu, Mme B soutient, une nouvelle fois en appel, qu'en cas de retour dans son pays d'origine, elle ne saurait bénéficier effectivement d'un traitement approprié à sa pathologie, au regard des caractéristiques de l'offre de soins et de ses ressources financières insuffisantes. Toutefois, comme le relèvent à juste titre les premiers juges, les deux certificats médicaux du 8 juin et du 20 mars 2020 qu'elle produit sont insuffisamment précis et circonstanciés pour démontrer qu'un défaut de prise en charge de sa pathologie entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, le préfet n'était pas tenu de se prononcer sur la disponibilité et l'accessibilité, au regard de ses ressources financières, d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Or, elle n'invoque aucun élément de fait ou de droit nouveau au soutien de ce moyen repris, tiré de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a donc lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus aux points 5. et 7. du jugement attaqué.

7. En dernier lieu, Mme B ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 313-33 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que cet article n'existe pas dans ce code.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 19 mai 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

3

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