jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE00563 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LANDOULSI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, d'une part, d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2020 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et, d'autre part, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir.
Par un jugement n° 2001275 du 29 janvier 2021, le tribunal administratif de
Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 26 février 2021, et des pièces nouvelles, enregistrées le 2 janvier 2023, M. C, représenté par Me Landoulsi, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire édictés dans l'arrêté du 20 janvier 2020 pris par le préfet du Val-d'Oise ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de condamner l'État aux entiers dépens.
Il soutient que l'arrêté attaqué en tant qu'il lui refuse un titre de séjour :
- porte atteinte à son droit à mener une vie privée et familiale normale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, quand bien même il serait susceptible de bénéficier du regroupement familial pour rejoindre son épouse ; il ne peut être tenu compte d'une précédente obligation de quitter le territoire français notifiée le 16 janvier 2018 qui est devenue caduque ;
- méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- viole les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français, est entaché, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
La requête a été communiquée le 13 mai 2022 au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit d'observations.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 9 août 1982, a fait l'objet d'un arrêté du 20 janvier 2020 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit. Il fait appel du jugement n° 2001275 du 29 janvier 2021 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " Les membres de la famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. () ". Pour l'application de cet article, le titre II du protocole annexé à l'accord précise que : " Les membres de la famille s'entendent du conjoint d'un ressortissant algérien () ". D'autre part, aux termes de l'article 6 du même accord : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C est marié depuis le 24 septembre 2016 avec une ressortissante algérienne titulaire d'un certificat de résidence valable du 15 décembre 2017 au 14 décembre 2027. En conséquence, il est susceptible de bénéficier du regroupement familial, tel que prévu par les stipulations précitées. Il ne peut donc utilement se prévaloir de celles prévues au 5 de l'article 6 du même accord, quand bien même son épouse ne remplirait pas les conditions de ressources pour qu'il puisse bénéficier effectivement de cette procédure.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1 - Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
5. Le requérant se prévaut de sa présence en France depuis 2015, de son mariage avec une compatriote en situation régulière, des liens qu'il entretient avec ses deux enfants, issus de cette union, nés en 2016 et 2018 et avec les deux enfants de nationalité française que sa femme a eus d'une précédente union, ainsi que de son insertion professionnelle. Toutefois, pour justifier de sa vie commune avec son épouse et ses enfants, M. C se borne à produire des pièces telles que l'attestation du fournisseur d'électricité en avril 2016, les avis d'impôt sur le revenu ne mentionnant aucun revenu, un courrier de l'assurance-maladie en janvier 2019, trois feuilles de soins en 2015 et 2017, un courrier de la banque postale en 2019 ou encore un bon de vente pour un équipement électronique en 2018, à hauteur d'une à trois pièces par an seulement, et qui, par ailleurs, sont toutes issues de ses propres déclarations. Le requérant ne justifie ainsi pas suffisamment de sa vie commune avec son épouse, ni de ses relations avec ses enfants, pour lesquelles seuls les pièces d'identité et des certificats de scolarité sont versés au dossier, ou avec les autres enfants de sa femme. En outre, s'il fait état de deux promesses d'embauche en mai 2017 et janvier 2020, M. C ne justifie, à la date de la décision attaquée, d'aucun emploi, ni d'aucune ressource. Enfin, il ne conteste pas que ses parents résident toujours en Algérie où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de trente-trois ans au moins et dont sa femme et ses enfants ont également la nationalité. Dans ces conditions, en édictant l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise n'a pas porté, à son droit au respect d'une vie privée et familiale normale, une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cet arrêté, au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni méconnu le 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué en tant qu'il refuse un certificat de résidence à M. C n'est pas entaché d'illégalité. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de certificat de résidence à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français n'est pas fondé et doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, en l'absence de dépens dans la présente instance, celles tendant à la condamnation de l'Etat à leur paiement, ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,
M. Lerooy, premier conseiller,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
C. BLa présidente,
L. Besson-Ledey
La greffière,
C. Fourteau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026