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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE00834

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE00834

mardi 25 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE00834
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantROCHEFORT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la délibération du 18 décembre 2018 par laquelle le conseil de territoire de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris a approuvé la modification n° 1 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Robinson, d'enjoindre à l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris d'adopter un règlement protecteur des trames verte et bleue et des zones humides du clos aux Renards et de la fontaine de la rue du Moulin et de mettre à la charge de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 1902277 du 19 janvier 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 mars 2021 et le 15 mars 2023, M. C, représenté Me Rochefort, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler la délibération du 18 décembre 2018 par laquelle le conseil de territoire de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris a approuvé la modification n° 1 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Robinson, et l'annexe page 166 pour les prescriptions à respecter pour les toitures à la Mansart, l'article 10-3-2 applicable à la zone UDb, l'article 6 des zones UB et UD, l'article 10 et l'annexe page 166 relative au terrasson, l'article 12 applicable aux zones UA et UB, l'article 13 applicable à la zone UB ;

3°) d'enjoindre à l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris de mettre en œuvre une nouvelle procédure de modification ou de révision de son plan local d'urbanisme protectrice des trames verte et bleue et des zones humides du clos aux Renards et de la fontaine de la rue du Moulin ;

4°) de mettre à la charge de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris la somme de 4 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les premiers juges ont insuffisamment motivé leur jugement s'agissant de la reconnaissance de la valeur paysagère et de biodiversité du secteur du clos Renard, comportant une zone humide et le ruisseau de la fontaine du Moulin, et de l'incompatibilité du plan local d'urbanisme modifié avec le schéma d'aménagement et de gestion des eaux de la Bièvre ; la réponse au moyen relatif à l'insuffisance du rapport de présentation ne fait pas état d'une zone humide ou de la présence du ruisseau de la fontaine du Moulin ni de l'incompatibilité du plan local d'urbanisme modifié avec le schéma d'aménagement et de gestion des eaux ;

- les premiers juges ont dénaturé les faits et les pièces du dossier ;

- le jugement est entaché de contradictions de motifs dès lors que les premiers juges ont à la fois relevé la régularité de la procédure de modification en ce qu'elle n'aurait concerné aucune protection, aucune zone protégée, tout en désignant la zone humide et que l'atteinte à cette dernière nécessitait le recours à la procédure de révision ;

- le jugement comporte plusieurs omissions à statuer, s'agissant du moyen tiré du défaut de réalisation d'évaluation environnementale, du moyen tiré du recours à la procédure de modification du plan local d'urbanisme et du moyen tiré du défaut de motivation du rapport de présentation et de son insuffisance, s'agissant en particulier de l'articulation entre les toitures à la Mansart et les toitures à deux pentes prévues aux articles UDa 11 et UE 11 et de l'absence d'élément sur la zone humide et le ru de la fontaine au Moulin, en l'absence d'étude de compatibilité avec le schéma départemental d'aménagement et de gestion des eaux et le schéma d'aménagement et de gestion des eaux ;

- les premiers juges n'ont pas tenu compte de l'expertise qui constate l'existence de la zone humide et des protections paysagères ;

- les premiers juges n'ont pas retenu l'existence d'une zone humide, le caractère arboré du secteur, empreint de biodiversité, et le jugement est entaché d'inexactitude matérielle des faits ;

- la modification du plan local d'urbanisme aurait dû être précédée d'une évaluation environnementale ; l'existence d'une zone humide, ou à tout le moins d'un milieu humide, est attestée par un expert et les modifications des règlements des zones UD et UB augmenteront les atteintes par l'obligation faite aux constructeurs de construire en cœur d'ilot et de doubler les règles d'emprise par division en augmentant la densité ; les risques d'atteinte à l'environnement étaient réels ; l'évaluation environnementale n'a pas été réalisée lors de la procédure de révision ; cette absence d'évaluation a empêché de prendre la mesure des changements lors de l'enquête publique, a faussé la procédure à suivre et la procédure a été suivie avec un rapport de présentation incomplet ;

- le plan local d'urbanisme aurait dû faire l'objet d'une procédure de révision et non d'une procédure de modification ; la modification atteint la zone N et porte atteinte aux orientations du projet d'aménagement et de développement durables concernant les espaces verts et sensibles ; les places de stationnement pour les commerces et bureaux en zone UA et UB devaient être réduits contrairement aux exigences du PDUIF ; il y a une augmentation importante de la densité ;

- l'additif au rapport de présentation aurait dû, en application de l'article R. 151-5 du code de l'urbanisme, justifier les prescriptions relatives aux toitures à la Mansart, qui permettent de cacher un double étage, l'incidence des modifications envisagées sur l'environnement et notamment le milieu humide participant à la trame verte, la dérogation aux règles de hauteur concernant les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif situées en zone UBb ainsi que la réduction des obligations de stationnement des véhicules pour les commerces et les bureaux, et la modification de la norme pour les vélos ; il n'a pas recensé le ruisseau de la fontaine du Moulin ;

- les modifications apportées au plan local d'urbanisme augmentent les possibilités de construction dans les zones UB et UD, aggravent les atteintes à la zone humide et au ruisseau de la fontaine du Moulin ; la prescription relative aux toitures à la Mansart est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il existe une contradiction entre l'article UB 13 protégeant les plantations existantes et l'aggravation des possibilités de construction en zone UBd ; elles aggravent la destruction des zones humides, trame bleue et coulée verte et l'atteinte aux zones pavillonnaires ; elles portent atteinte au principe d'équilibre en méconnaissance des dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, en augmentant la densité des constructions même en zone N et ne protègent pas les espaces verts ;

- les modifications sont incohérentes avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables visant à la sauvegarde du tissu pavillonnaire du Plessis-Robinson ainsi qu'à la protection des réservoirs biologiques et entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ; le projet d'aménagement et de développement durables aurait dû identifier la zone humide ;

- les modifications sont incompatibles avec le schéma d'aménagement et de gestion des eaux de la Bièvre ; le plan local d'urbanisme n'apporte aucune protection au milieu humide et au ruisseau de la fontaine du Moulin.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris, représenté par Me Marceau, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en intervention enregistré le 26 juillet 2022, la commune du Plessis-Robinson, représentée par Me Marceau, avocat, intervient au soutien des conclusions de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un courrier du 21 mars 2023, la cour a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que sa décision était susceptible d'être fondée sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la commune du Plessis-Robinson tendant à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dès lors qu'elle n'est pas une partie à l'instance et a présenté ces conclusions dans son mémoire en intervention.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil, du 27 juin 2001 ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de Mme Moulin-Zys, rapporteure publique,

- et les observations de Me Rochefort pour M. C et de Me Cazin pour l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris et la commune du Plessis-Robinson.

Considérant ce qui suit :

1. M. C est propriétaire d'une maison d'habitation sise sur une parcelle cadastrée D 36, située 14 sentier du clos aux Renards, sur la commune du Plessis-Robinson. Par un jugement du 19 janvier 2021, dont M. C relève appel, le tribunal administratif a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la délibération du 18 décembre 2018 par laquelle le conseil de territoire de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris a approuvé la modification n° 1 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Robinson.

Sur l'intervention de la commune du Plessis Robinson :

2. La commune du Plessis-Robinson, sur le territoire de laquelle doit s'appliquer la modification du plan local d'urbanisme en litige, justifie d'un intérêt suffisant au rejet de la requête de M. C dirigée contre le jugement ayant rejeté sa demande aux fins d'annulation de la délibération en date du 18 décembre 2018 par laquelle le conseil de territoire de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris a approuvé la modification n° 1 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Robinson. Il y a donc lieu d'admettre son intervention.

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".

4. M. C soutient, tout d'abord, que le jugement attaqué est insuffisamment motivé s'agissant de la réponse apportée au moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation et de l'incompatibilité avec le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE), en l'absence de reconnaissance de la valeur paysagère et de biodiversité du secteur du clos Renard, comportant selon ses écritures une zone humide, finalement qualifiée de milieu humide, et le ruisseau de la fontaine du Moulin. Toutefois, les premiers juges, qui n'étaient pas tenus de répondre à l'ensemble de ses arguments, ont relevé, notamment au point 10 du jugement attaqué, que l'additif au rapport de présentation indique que les modifications du plan local d'urbanisme n'engendreront " aucune consommation d'espaces naturels, agricoles ou forestier, que leur mise en œuvre n'exercera pas de pression particulière sur les ressources naturelles et n'aura pas d'impact sur le sol, le sous-sol, l'eau, l'air, les zones humides " et que l'additif n'avait pas à mentionner le ruisseau de la fontaine du Moulin, qui n'est pas affecté par le projet. Le jugement précise par ailleurs, au point 8, après avoir relevé que M. C faisait état de la continuité de la trame verte et bleue et de la présence d'une zone humide, que les modifications apportées aux règles d'occupation des sols n'auraient pas d'effet notable sur l'environnement. Par ailleurs, si les premiers juges ont, pour répondre au moyen tiré de l'incompatibilité des modifications du plan local d'urbanisme avec le SAGE de la Bièvre, renvoyé, en partie, au point 17 dudit jugement, auquel sont cités les articles L. 110-1 et L. 101-2 du code de l'urbanisme, il ressort du jugement que les motifs permettant de considérer que les modifications envisagées, qui n'ont pas pour objet de classer en zone urbaine une zone humide, ni d'assurer une densification notable de ces zones, ne sont pas incompatibles avec ces objectifs de protection définis par le SAGE de la Bièvre, étaient énoncés au point 18 du jugement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du jugement doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. C, les premiers juges ont répondu aux points 7 et 8 du jugement au moyen tiré du défaut de réalisation d'évaluation environnementale au regard de l'ensemble des modifications apportées au plan local d'urbanisme. Par ailleurs, les premiers juges n'avaient pas à prendre en compte la réduction des places de stationnement pour les commerces et les bureaux en zone UA et UB dès lors que, ainsi qu'ils l'ont indiqué au point 3 du jugement, la suppression des règles de stationnement des véhicules concernant les constructions à usage de bureau au sein des zones UA et UB, a été abandonnée afin de respecter le plan de déplacement urbain Ile-de-France. Enfin, il ressort du point 10 du jugement attaqué que les premiers juges ont répondu de façon complète à l'argumentation de M. C, tenant à l'insuffisance de justification des modifications dans le rapport de présentation. Le moyen tiré d'une absence de réponse à ces moyens doit donc être écarté.

6. En troisième lieu, si le requérant fait valoir que les premiers juges ont entaché leur jugement d'une contradiction de motifs et d'une dénaturation de faits et des pièces du dossier, qu'ils n'ont pas tenu compte d'une expertise qui constatait l'existence de la zone humide, le caractère arboré du secteur et sa biodiversité, de tels moyens sont relatifs au bien-fondé du jugement et, étant sans influence sur sa régularité, ne peuvent qu'être écartés à ce titre.

7. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'irrégularité du jugement ne peuvent qu'être écartés.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne la procédure de modification du plan local d'urbanisme :

8. Aux termes de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme, dans sa version alors applicable : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque () la commune décide : / 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; / 2° Soit de réduire un espace boisé classé, une zone agricole ou une zone naturelle et forestière ; / 3° Soit de réduire une protection édictée en raison des risques de nuisance, de la qualité des sites, des paysages ou des milieux naturels, ou d'une évolution de nature à induire de graves risques de nuisance. () ". Aux termes de l'article L. 153-36 du même code : " Sous réserve des cas où une révision s'impose en application de l'article L. 153-31, le plan local d'urbanisme est modifié lorsque () la commune décide de modifier le règlement, les orientations d'aménagement et de programmation ou le programme d'orientations et d'actions ".

9. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la notice explicative, que les modifications du plan local d'urbanisme approuvées par la délibération en litige ont pour objet de lever deux emplacements réservés, d'adopter et préciser certaines règles d'urbanisme pour en faciliter l'instruction, d'apporter quelques évolutions sur le plan de zonage et de corriger quelques erreurs matérielles. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les modifications apportées au règlement du plan local d'urbanisme, et notamment celles de l'article UB 6, qui élargissent de 2 mètres la bande de profondeur à partir de l'alignement pour préserver les jardins en fond de parcelle rue Malabry, de l'article UD 6, imposant une implantation des constructions avec un recul de 3 mètres par rapport aux voies et emprises publiques et des articles relatifs à la hauteur des constructions et enfin, à la possibilité dans le cas de travaux d'isolation thermique ou phonique de déroger aux règles relatives à l'emprise au sol, qui ne concernent que des constructions existantes, auraient pour effet d'accroitre substantiellement la densité de construction dans les secteurs concernés ni pour objet ou effet de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables. Enfin, M. C ne peut pas utilement se prévaloir de la réduction des places de stationnement pour les commerces et les bureaux en zone UA et UB dès lors que cette modification a été abandonnée en cours d'élaboration de la modification contestée. Par suite, et dès lors que la modification en cause n'a pas pour effet de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables, de réduire un espace boisé classé, une zone agricole ou une zone naturelle et forestière ou de réduire une protection édictée en raison de la qualité des sites, des paysages ou des milieux naturels, le moyen tiré de ce que l'autorité administrative aurait dû recourir à une procédure de révision du plan local d'urbanisme en application des dispositions précitées de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne l'absence d'évaluation environnementale :

10. Aux termes de l'article L. 104-2 du code de l'urbanisme : " () II - Font également l'objet de l'évaluation environnementale prévue au premier alinéa du I les documents qui déterminent l'usage de petites zones au niveau local suivants :1° Les plans locaux d'urbanisme : a) Qui sont susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil, du 27 juin 2001, précitée, compte tenu notamment de la superficie du territoire auquel ils s'appliquent, de la nature et de l'importance des travaux et aménagements qu'ils autorisent et de la sensibilité du milieu dans lequel ceux-ci doivent être réalisés. ".

11. M. C soutient que la modification du plan local d'urbanisme aurait dû être précédée d'une évaluation environnementale dès lors qu'elle engendre une densification du secteur pavillonnaire autour du sentier du clos aux Renards, qui abrite une zone humide, qu'il qualifie simplement de milieu humide dans ses dernières écritures. L'existence d'une zone humide dans ce secteur n'a toutefois été reconnue que par un expert mandaté par M. C qui a relevé, en dehors de toute étude contradictoire, l'humidité des quatre parcelles expertisées, qui sont situées dans un thalweg, en précisant qu'il s'agissait de petits jardins ne constituant pas un habitat d'un intérêt élevé, situés dans une partie de la commune fortement urbanisée et que les parcelles sont à côté d'une zone humide potentielle et qu'il est " probable " que cette dernière les englobe. Il ressort en outre des pièces du dossier que ce secteur est classé en zone urbaine et situé en zone UB et UD, accueillant un habitat collectif pour la première, et à caractère pavillonnaire et accueillant des immeubles collectifs pour la seconde. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient l'intéressé, aucune des modifications apportées au règlement du plan local d'urbanisme n'est de nature à entrainer une densification importante de la construction et donc d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil, du 27 juin 2001. Par ailleurs, non seulement la circonstance que la dernière révision du plan local d'urbanisme n'a pas fait l'objet d'une telle évaluation est sans incidence sur la procédure en cause, mais encore l'absence d'une telle évaluation n'a pas été regardée comme de nature à entacher d'illégalité cette procédure de révision, ainsi que l'a jugé la cour dans une décision 19VE00678, devenue définitive après la non admission du pourvoi en cassation de M. C par décision du Conseil d'Etat du 3 mai 2022. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la modification en litige aurait dû être précédée d'une évaluation environnementale.

En ce qui concerne le rapport de présentation :

12. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. () ". Et aux termes de l'article R. 151-5 du même code : " Le rapport de présentation est complété par l'exposé des motifs des changements apportés lorsque le plan local d'urbanisme est : () 2° Modifié ; () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que la modification n° 1 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Robinson est accompagnée d'un additif au rapport de présentation. Cet additif précise notamment que les modifications apportées à l'article 11 des dispositions communes du règlement, s'agissant notamment des toitures à la Mansart, sont justifiées par la volonté d'assurer une grande qualité architecturale des constructions nouvelles sur la commune et de préciser et d'encadrer la hauteur et la forme de ces toits. Chacun des articles relatifs à la hauteur des constructions, qu'il s'agisse des dispositions générales ou des articles UB 10, UD 10, UE 10, UG 10, fait en outre l'objet d'une explication des choix retenus, qu'il s'agisse d'une baisse de la hauteur (UB 10) ou d'une augmentation potentielle (UD 10). Il justifie également à l'article 12 des dispositions générales l'ajout de normes de stationnement pour les vélos, s'agissant de la destination commerce. Par ailleurs, l'additif au rapport de présentation précise les incidences des modifications envisagées sur l'environnement, plus particulièrement sur le cadre de vie, sur la forme urbaine, les incidences sur le milieu naturel et sur l'environnement paysager et patrimonial. Il n'avait ni à mentionner l'existence d'une zone humide ni le ruisseau de la fontaine du Moulin dès lors que l'existence de la première ne peut être regardée comme établie et que le ruisseau n'est pas affecté par les modifications du plan local d'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 151-5 du code de l'urbanisme doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme :

14. Aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'urbanisme : " Le territoire français est le patrimoine commun de la nation. / Les collectivités publiques en sont les gestionnaires et les garantes dans le cadre de leurs compétences. / En vue de la réalisation des objectifs définis à l'article L. 101-2, elles harmonisent leurs prévisions et leurs décisions d'utilisation de l'espace dans le respect réciproque de leur autonomie. ". Aux termes de l'article L. 101-2 du même code : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : / 1° L'équilibre entre : / a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; / b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; / c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; / () / 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; () ".

15. Il ressort des pièces du dossier que les modifications en cause visent essentiellement les secteurs urbanisés et n'aboutissent pas à une densification notable des secteurs en question, en particulier s'agissant des zones UB et UD. Si M. C fait valoir que la commune du Plessis-Robinson aurait atteint tous ses objectifs de construction dès lors qu'elle aurait construit 300 à 350 logements par an, une telle circonstance n'est pas de nature à démontrer une densification trop importante. Par ailleurs, il résulte de ce qui précède, que les modifications n'ont pas pour objet d'affecter les zones humides reconnues par le plan local d'urbanisme et qu'elles ne portent donc pas atteinte à l'objectif d'utilisation économe des espaces naturels et de protection des milieux naturels, le secteur du sentier du clos aux Renards ne pouvant pas être regardé comme un espace naturel eu égard à son caractère urbanisé. Il ressort en outre des pièces du dossier que certaines modifications, notamment celle des articles UBd 6 et UD 6, sont justifiées respectivement par la préservation d'une végétalisation et celle de jardins en fond de parcelle. A ce titre, et eu égard en particulier à la modification apportée à l'article UBd 6, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il existerait une contradiction entre les dispositions de l'article UB 13 et les dispositions applicables au secteur UBd. Dès lors, le moyen tiré de l'incompatibilité de la délibération litigieuse avec les dispositions précitées du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne l'incohérence entre le règlement modifié du plan local d'urbanisme et le projet d'aménagement et de développement durables :

16. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".

17. Si M. C se prévaut du projet d'aménagement et de développement durables qui entend préserver les identités " paysagères Robinsonnaises ", ainsi que la trame verte et bleue, il résulte de ce qui précède que la modification en litige n'a aucune incidence notable sur les espaces naturels dûment identifiés dans ces secteurs et au nombre desquels ne figure pas le milieu humide que M. C évoque. Par suite, le moyen tiré de l'incohérence du règlement du plan local d'urbanisme avec le projet d'aménagement et de développement durables doit être écarté.

En ce qui concerne l'incompatibilité entre le règlement et le SAGE de la Bièvre :

18. Aux termes de l'article L. 131-7 du code de l'urbanisme : " En l'absence de schéma de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme, les documents en tenant lieu et les cartes communales sont compatibles, s'il y a lieu, avec les documents énumérés aux 1° à 10° de l'article L. 131-1 et prennent en compte les documents énumérés à l'article L. 131-2. / Lorsqu'un de ces documents est approuvé après l'approbation d'un plan local d'urbanisme, d'un document en tenant lieu ou d'une carte communale, ces derniers sont, si nécessaire, rendus compatibles ou les prennent en compte dans un délai de trois ans. ". Et aux termes de l'article L. 131-1 du même code, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 sont compatibles avec : () 9° Les objectifs de protection définis par les schémas d'aménagement et de gestion des eaux prévus à l'article L. 212-3 du code de l'environnement ; () ".

19. Il ressort des pièces du dossier que, si le SAGE de la Bièvre entend limiter les atteintes portées aux zones humides, les modifications apportées au plan local d'urbanisme ne visent que les zones urbaines reconnues par le plan local d'urbanisme, sans entraîner une densification notable de ces zones ni surtout porter atteinte à une zone humide reconnue. Par suite, le moyen tiré de l'incompatibilité de la modification du plan local d'urbanisme avec le SAGE doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à annuler la délibération du 18 décembre 2018 par laquelle l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris a approuvé la modification n° 1 du plan local d'urbanisme du Plessis-Robinson.

Sur les frais liés à l'instance :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, le versement de la somme que M. C demande à ce titre.

22. Par ailleurs, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme de 700 euros au titre des conclusions présentées par l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris sur le même fondement.

23. Il n'y a pas lieu de faire droit, en revanche, aux conclusions présentées sur le même fondement par la commune du Plessis-Robinson, qui sont irrecevables dès lors qu'elle n'est pas une partie à l'instance.

DÉCIDE :

Article 1er : L'intervention de la commune du Plessis - Robinson est admise.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : M. C versera à l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris la somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la commune du Plessis-Robinson au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. A C, à l'établissement public territorial Vallée Sud - Grand Paris et à la commune du Plessis-Robinson.

Délibéré après l'audience du 29 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Albertini, président de chambre,

M. Mauny, président-assesseur,

Mme Villette, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.

Le rapporteur,

O. BLe président,

P.-L. ALBERTINILa greffière,

S. DIABOUGA

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

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