vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01364 |
| Type | Décision |
| Recours | exécution décision justice adm |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARVIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure d'exécution devant la cour :
Par deux lettres, enregistrées le 28 et le 30 décembre 2020, M. C D a demandé à la cour d'enjoindre au rectorat de l'académie de Versailles de prendre les mesures propres à assurer l'exécution de l'arrêt n° 17VE01798 du 30 janvier 2020 en les assortissant d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Par une ordonnance du 12 mai 2021, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a procédé à l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en vue de prescrire, si nécessaire, les mesures propres à assurer l'exécution de cet arrêt.
Par un mémoire, enregistré le 15 juin 2021, M. D, représenté par Me Arvis, avocat, demande à la cour :
1°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie à compter du 8 décembre 2014 et jusqu'à la reprise effective de ses fonctions, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'imputabilité au service de sa maladie doit être reconnue par le rectorat de l'académie de Versailles pour la période comprise entre le 8 décembre 2014 jusqu'à sa reprise effective de fonctions alors qu'elle n'a été reconnue jusqu'à présent que pour la période comprise entre le 31 août 2015 et le 30 septembre 2016 ;
- il doit être rémunéré à plein traitement jusqu'à sa reprise de fonctions et l'ensemble de ses arrêts et soins doivent être pris en charge par le rectorat de l'académie de Versailles dans un bref délai assorti d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Sauvageot, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
2. M. D demande à la cour d'assurer l'exécution de son arrêt du 30 janvier 2020 par lequel elle a annulé la décision du recteur de l'académie de Versailles du 29 mars 2016 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie et enjoint au recteur de l'académie de Versailles de reconnaître cette imputabilité dans un délai de deux mois à compter de la notification de cet arrêt.
3. Aux termes du 2° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat dans sa version applicable à la date de sa demande du requérant de reconnaissance de l'imputabilité de sa maladie au service : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ; ".
4. Il résulte de l'instruction que, par un premier arrêté, la rectrice de l'académie de Versailles a rétroactivement placé M. D en position de congé longue durée imputable au service à plein traitement du 31 août 2015 au 30 août 2016, puis que, par un second arrêté, elle a prolongé le congé de longue durée imputable au service et à plein traitement de M. D du 31 août 2016 au 30 septembre 2016. En revanche, le rectorat de l'académie de Versailles n'a pas produit d'arrêté plaçant le requérant en congé de maladie imputable au service pour la période comprise entre le 8 décembre 2014, date à laquelle l'intéressé a été placé en arrêt de maladie, et le 30 août 2015, ni pour la période postérieure au 1er octobre 2016 alors qu'il est constant qu'à cette date, l'intéressé n'avait pas repris le service. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction que M. D a été rémunéré à plein traitement, du fait de la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, entre le 31 août 2015 et le 30 août 2016, le rectorat de l'académie de Versailles n'a pas justifié, en dépit de la mesure d'instruction adressée par la cour le 4 janvier 2023, avoir versé un plein traitement au requérant entre le 8 décembre 2014 et le 30 août 2015, puis à partir du 1er octobre 2016 jusqu'à la reprise effective de son service. Enfin, le rectorat de l'académie de Versailles n'a pas justifié avoir pris en charge les frais et honoraires médicaux supportés par M. D à raison de son accident de service.
5. Ainsi, à la date du présent arrêt, le rectorat de l'académie de Versailles n'a que partiellement exécuté l'arrêt de la cour du 30 janvier 2020. Il y a donc lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles de prendre un arrêté reconnaissant l'imputabilité au service de l'affection de M. D pour la période comprise entre le 8 décembre 2014 et le 30 août 2015 et à compter du 1er octobre 2016 jusqu'à la reprise effective de ses fonctions. Par ailleurs, il y a lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles de verser au requérant sa rémunération à taux plein pour la période comprise entre le 8 décembre 2014 et le 30 août 2015 et à compter du 1er octobre 2016 jusqu'à la reprise effective de ses fonctions, sous réserve qu'elle ne lui ait pas déjà été versée, ainsi que de prendre en charge l'ensemble des frais et honoraires médicaux supportés par M. D en lien avec sa pathologie.
6. Enfin, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour si aucune mesure d'exécution n'a été prise à l'expiration du délai de deux mois suivant la date de notification du présent arrêt.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros à M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Il est enjoint au recteur de l'académie de Versailles de prendre un arrêté reconnaissant l'imputabilité au service de l'affection de M. D pour la période comprise entre le 8 décembre 2014 et le 30 août 2015 et à compter du 1er octobre 2016 jusqu'à la reprise effective de ses fonctions, de lui verser sa rémunération à taux plein pour la période comprise entre le 8 décembre 2014 et le 30 août 2015 et à compter du 1er octobre 2016 jusqu'à la reprise effective de ses fonctions, sous réserve qu'elle ne lui ait pas déjà été versée, et de prendre en charge l'ensemble des frais et honoraires médicaux supportés par M. D en lien avec sa maladie imputable au service.
Article 2 : Une astreinte est prononcée à l'encontre de l'Etat s'il ne justifie pas avoir, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt, pris l'ensemble des mesures énumérées à l'article 1er du présent arrêt. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour à compter de l'expiration du délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt.
Article 3 : Le rectorat de l'académie de Versailles communiquera à la cour copie des actes justifiant des mesures prises en exécution de l'article 1er du présent arrêt.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de M. D est rejeté.
Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à M. C D et au rectorat de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,
M. Camenen, président assesseur,
Mme Janicot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
La rapporteure,
M. B La présidente,
C. Signerin-Icre La greffière,
M. ALa République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2512307
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête d'un ressortissant algérien contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire (OQTF) et le délai de départ volontaire. Le tribunal a jugé que le préfet des Yvelines était compétent pour signer les décisions contestées et que le refus de titre de séjour, fondé sur l'absence de contrat de travail visé par l'administration, était légal. La décision s'appuie sur les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
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