mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE01944 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RIFFAUD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société civile Gam a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise de mettre fin à l'obligation de payer découlant de l'avis à tiers détenteur délivré le 15 décembre 2016 à la société VLJ et notifié à la société SAL et d'ordonner à l'administration fiscale de lui restituer la somme de 300 000 euros représentant le montant du solde de la créance cédée par la société SAL sur la société VLJ.
Par un jugement n° 1811152 du 6 mai 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 juillet 2021 et le 1er mars 2022, la société Gam, représentée par Me Riffaud puis par Me Orsini, avocats, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'avis à tiers détenteur délivré le 15 décembre 2016 à la société VLJ et notifié à la société SAL ;
3°) de la rétablir dans ses droits et de lui restituer les fonds dont elle est créancière envers le Trésor, ainsi que les intérêts moratoires dus en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales.
Elle soutient que :
-l'acte par lequel la société SAL a cédé la créance qu'elle détenait sur la société VLJ à la société Gam est opposable à l'administration fiscale, dès lors qu'il a été enregistré avant la notification de l'avis à tiers détenteur à la société VLJ ; cette cession de créance prive l'avis à tiers détenteur de base légale pour appréhender les sommes dues par la société VLJ à la société Gam ;
-les fonds reçus par le Trésor de la société VLJ doivent être restitués de plein droit au créancier, en l'occurrence la société Gam ;
-le Trésor ne peut poursuivre le recouvrement de sa créance qu'à l'encontre de la société Gam.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
-les conclusions aux fins d'annulation sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
-la requête est irrecevable en application de l'article L. 281-1 du livre des procédures fiscales, dès lors que la société Gam n'a pas de qualité lui donnant intérêt pour agir, n'étant ni le redevable des impositions recouvrées, ni le débiteur solidaire de leur paiement ;
-les conclusions aux fins de restitution doivent être rejetées, dès lors que la société Gam ne peut solliciter la restitution de sommes dont elle n'a pas effectué préalablement le paiement ;
-la réclamation présentée le 25 juillet 2018 est tardive ;
-les moyens soulevés par la société Gam ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins de restitution de la somme de 300 000 euros, dès lors qu'aucune saisie n'a finalement été effectuée à l'encontre de la société VLJ.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Bobko, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société SAL a vendu, en juillet 2016, un aéronef à la société VLJ pour un montant de 410 400 euros avec un paiement échelonné en 57 mensualités jusqu'en mars 2021. La société SAL est par ailleurs redevable d'une somme de 363 507 euros auprès du Trésor public au titre d'impôts non acquittés. Le 15 décembre 2016, l'administration fiscale a adressé un avis à tiers détenteur en date du 9 décembre 2016 à la société VLJ en vue d'obtenir le paiement au profit du Trésor public des mensualités que cette société verse à la société SAL du fait de la vente de l'aéronef. Le 10 décembre 2016, la société SAL a cédé sa créance sur VLJ à la société Gam, dont elle est une filiale à 100 %. Le 25 juillet 2018, la société Gam a adressé à l'administration fiscale une réclamation intitulée " réclamation contentieuse article R. 281 du livre des procédures fiscales " par laquelle elle contestait l'opposabilité, à son encontre, de l'avis à tiers détenteur notifié le 15 décembre 2016. Cette réclamation ayant été rejetée par l'administration fiscale le 12 septembre 2018, la société Gam a saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Elle relève appel du jugement n° 1811152 du 6 mai 2021 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à mettre fin à l'obligation de payer découlant de l'avis à tiers détenteur délivré le 15 décembre 2016 et à la restitution d'une somme de 300 000 euros qui représenterait le montant du solde de la créance cédée par la société SAL sur la société VLJ.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'avis à tiers détenteur notifié le 15 décembre 2016 :
2. La société Gam n'étant pas redevable de l'impôt dû, elle ne peut contester l'avis à tiers détenteur du 15 décembre 2016 ni dans le cadre d'un contentieux d'assiette, ni dans le cadre d'un contentieux du recouvrement portant sur l'obligation de payer. Par suite, ses conclusions tendant à cette annulation, par ailleurs nouvelles en appel, sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions tendant à la restitution des sommes saisies auprès de la société VLJ :
3. Un tiers qui soutient que le Trésor a indûment prélevé des fonds lui appartenant pour régler une dette fiscale dont il n'est pas redevable, même solidairement, et dont il ne saurait ainsi contester ni l'assiette ni le recouvrement, a le droit de saisir le juge administratif d'un recours de plein contentieux en restitution de la somme prélevée. Un tel recours relève du contentieux administratif général, échappe aux règles du livre des procédures fiscales et ne se trouve soumis, en ce qui concerne le délai de réclamation et les voies de recours, qu'aux dispositions de droit commun du code de justice administrative et, en ce qui concerne la prescription de l'action, aux règles de la déchéance quadriennale résultant de la loi du 31 décembre 1968. Une telle action est en outre distincte de l'action en revendication d'objets saisis, prévue par les dispositions de l'article L. 283 du livre des procédures fiscales, qui ne concerne que les biens meubles corporels.
4. En l'espèce, il résulte cependant de l'instruction, et notamment des écritures de première instance de la société Gam, que l'avis à tiers détenteur notifié le 15 décembre 2016 n'a donné lieu à aucune saisie auprès de la société VLJ. Ainsi, faute de sommes à restituer, les conclusions à fin de restitution présentées par la société Gam sont irrecevables.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la société Gam n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant au versement des intérêts moratoires.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Gam est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société Gam et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Beaujard, président de chambre,
Mme Dorion, présidente assesseure,
Mme Pham, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
C. A Le président,
P. BEAUJARDLa greffière,
S. LOUISERE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026