jeudi 21 avril 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE02474 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Avocat requérant | GUILLAUME |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler la décision du 14 mars 2019 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a rejeté sa demande de promotion au grade de personnel de direction hors classe au titre de l'année 2019.
Par un jugement n° 1901287 du 15 juin 2021, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 17 août 2021, M. A, représenté par Me Guillaume, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cette décision ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa candidature n'a été soumise ni à la commission administrative paritaire académique ni à la commission paritaire nationale ;
- sa demande de départ à la retraite n'a pas été prise en compte dans le cadre de l'élaboration du tableau d'avancement ;
- il en résulte que la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2001-1174 du 11 décembre 2001 ;
- le décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, alors proviseur adjoint au lycée professionnel Marguerite Audoux à Gien (Loiret), fait appel du jugement du 15 juin 2021 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 14 mars 2019 refusant de faire droit à sa demande de promotion au grade de personnel de direction hors classe au titre de l'année 2019 au motif qu'après examen de sa situation par la commission administrative paritaire lors de sa séance du 10 janvier 2019 et au vu de l'ensemble des dossiers, sa candidature n'avait pu être retenue au titre de l'année 2019.
3. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " () Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents () / Les décrets portant statut particulier fixent les principes et les modalités de la sélection professionnelle, notamment les conditions de grade et d'échelon requises pour y participer. / Les promotions doivent avoir lieu dans l'ordre du tableau ou de la liste de classement. () " L'article 18 du décret du 11 décembre 2001 portant statut particulier du corps des personnels de direction d'établissement d'enseignement ou de formation relevant du ministre de l'éducation nationale, dans sa version en vigueur à la date de la décision contestée, dispose que : " Les nominations au grade de personnel de direction hors classe sont prononcées par arrêté du ministre chargé de l'éducation nationale, dans l'ordre d'inscription au tableau annuel d'avancement établi sur proposition des recteurs après consultation de la commission administrative paritaire académique lorsqu'ils sont affectés en académie, ou sur proposition de leur supérieur hiérarchique lorsqu'ils sont dans une autre affectation. () ". Et aux termes de l'article 1er du décret du 1er septembre 2005 relatif à l'avancement de grade dans les corps des administrations de l'Etat : " I - A compter du 1er janvier 2006, nonobstant toute disposition statutaire contraire, le nombre maximum des fonctionnaires appartenant à l'un des corps des administrations de l'Etat, à l'exclusion des corps propres des établissements publics, pouvant être promus à l'un des grades d'avancement de ce corps est déterminé par application d'un taux de promotion à l'effectif des fonctionnaires remplissant les conditions pour cet avancement de grade. Cet effectif s'apprécie au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que le tableau d'avancement au grade de personnel de direction hors classe au titre de l'année 2019, qui comportait un nombre maximum de fonctionnaires, présentait un caractère indivisible. Par suite, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse était tenu de rejeter la demande de M. A qui tendait à sa promotion à ce grade et, par suite, était dirigée contre ce tableau seulement en tant qu'il n'y figurait pas. Dès lors, les moyens de la requête dirigés contre la décision attaquée sont inopérants. Au demeurant, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier et notamment pas du courriel produit par le requérant, qui établit seulement que le responsable du pôle retraite n'avait pas connaissance de sa demande de départ à la retraite, que, contrairement aux mentions de la décision en litige, la candidature de M. A n'aurait pas été soumise à la commission administrative paritaire. Par ailleurs, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire qu'une demande de départ à la retraite constituerait un critère à prendre en considération pour l'établissement du tableau d'avancement. Enfin, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par l'administration n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, les moyens soulevés par le requérant doivent, en tout état de cause, être écartés.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Fait à Versailles le 21 avril 2022.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne SIGNERIN-ICRE
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
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04/05/2026