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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE02478

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE02478

mardi 13 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE02478
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantDIAWARA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Par un jugement n° 2013464 du 9 février 2021, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 20 août 2021, M. B, représenté par Me Diawara, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il fait valoir des circonstances humanitaires ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la Côte-d'Ivoire ne figure pas sur la liste des pays sûrs.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 juillet 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A B, ressortissant ivoirien né le 1er janvier 1991 à Odienné, qui a déclaré être entré en France le 22 décembre 2017, a présenté une demande d'asile le 7 février 2018, rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 7 février 2020 puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 3 novembre 2020. Par arrêté du 10 décembre 2020, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B relève appel du jugement du 9 février 2021 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté en tant en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

3. En premier lieu, M. B reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'invoque, au soutien de ce moyen, aucun argument de droit ou de fait nouveau. Il y a donc lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée au point 9. du jugement entrepris.

4. En deuxième lieu, M. B reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'invoque, au soutien de ce moyen, qui n'est opérant qu'à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, aucun argument de droit ou de fait nouveau. Il y a donc lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée au point 15. du jugement entrepris.

5. En troisième et dernier lieu, si M. B reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'invoque, au soutien de ce moyen, aucun argument de droit ou de fait nouveau. En outre, ces moyens ne sont opérants qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, or il résulte des pièces du dossier que M. B n'a pas demandé, en première instance, l'annulation de cette décision. Dès lors ces moyens doivent être rejetés, comme la circonstance que la Côte-d'Ivoire ne figure pas sur la liste des pays d'origine sûrs établie par l'OFPRA qui ne suffirait pas, en tout état de cause, à caractériser l'existence d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision fixant le pays de destination sur la situation personnelle de M. B.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Versailles, le 13 décembre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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