mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE02571 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GERARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. et Mme B A ont demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler la décision du 8 août 2017 par laquelle le préfet de l'Essonne leur a demandé de se présenter en préfecture afin de restituer les titres d'identité français de leur fils mineur D A.
Par un jugement n° 1800824 du 8 octobre 2020, le tribunal administratif de Versailles a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2021, M. et Mme A, représentés par Me Gérard, avocate, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision précitée du 8 août 2017 ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, d'une part, de restituer les titres d'identité français C D A et d'autre part, de saisir le tribunal d'instance de Paris pour qu'il se prononce à nouveau sur la demande de délivrance de certificat de nationalité française pour M. D A ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à leur avocate, Me Gérard, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
-le jugement attaqué est irrégulier, dès lors qu'il n'est pas signé ;
-la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit en ce qui concerne la nationalité C D A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2022, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Par décision du 31 mai 2021 notifiée le 13 juillet 2021, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme A.
Par ordonnance du 9 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 29 juin 2023, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique modifiée ;
- le décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pham, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Viseur-Ferré, rapporteure publique
Considérant ce qui suit :
1. Le fils C et Mme A dénommé D, né le 5 mars 2007 à Baltimore (Etats-Unis), s'est vu délivrer une carte nationale d'identité française le 27 juillet 2007 par le préfet de police de Paris et un passeport le 20 juillet 2015 par le préfet de l'Essonne. Par une décision du 26 février 2013, qui leur a été notifiée le 30 mai 2013, le greffier en chef du tribunal d'instance de Paris a refusé à M. et Mme A la délivrance d'un certificat de nationalité française pour D A. Le préfet de l'Essonne, informé de ce refus, a demandé à M. et Mme A, par une décision du 8 août 2017, de se présenter en préfecture afin de restituer les titres d'identité français de leur fils mineur au motif que ces documents lui avaient été indûment délivrés et les a informés, d'une part, qu'en l'absence de réponse dans un délai d'un mois, il en informerait le ministre de l'intérieur et le procureur de la République, et, d'autre part, qu'il avait procédé à l'invalidation informatique de ces titres. Par le jugement n° 1800824 du 8 octobre 2020, le tribunal administratif de Versailles a rejeté la demande C et Mme A tendant à l'annulation de cette décision du 8 août 2017. M. et Mme A relèvent appel de ce jugement.
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. Le jugement attaqué a fait l'objet d'une minute signée. Le moyen tiré de l'irrégularité de ce jugement en raison du fait qu'il ne serait pas signé doit en conséquence être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
3. En premier lieu, il y a lieu, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, d'écarter le moyen tiré du défaut de motivation.
4.En second lieu, aux termes de l'article 18 du code civil : " Est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français ". Aux termes de l'article 31-2 de ce code : " Le certificat de nationalité indique () la disposition légale en vertu de laquelle l'intéressé a la qualité de français, ainsi que les documents qui ont permis de l'établir. Il fait foi jusqu'à preuve du contraire. () ". Aux termes de l'article 29 du même code : " La juridiction civile de droit commun est seule compétente pour connaître des contestations sur la nationalité française ou étrangère des personnes physiques. () ". Aux termes de l'article 30 du même code : " La charge de la preuve, en matière de nationalité française, incombe à celui dont la nationalité est en cause. / Toutefois, cette charge incombe à celui qui conteste la qualité de Français à un individu titulaire d'un certificat de nationalité française délivré conformément aux articles 31 et suivants. ", et aux termes de l'article 31 de ce code : " Le directeur des services de greffe judiciaires du tribunal judiciaire a seul qualité pour délivrer un certificat de nationalité française à toute personne justifiant qu'elle a cette nationalité. ". Aux termes de l'article 2 du décret du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité : " La carte nationale d'identité est délivrée sans condition d'âge à tout Français qui en fait la demande. / Elle est délivrée ou renouvelée par le préfet ou le sous-préfet. () () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 30 décembre 2005 relatif aux passeports : " Le passeport est délivré, sans condition d'âge, à tout Français qui en fait la demande. () ". Et l'article 9 du même décret prévoit que : " Le passeport est délivré ou renouvelé par le préfet ou le sous-préfet. () ".
5 .La délivrance d'un passeport ou d'une carte nationale d'identité présente un caractère purement recognitif et ne crée, par elle-même, aucun droit à la nationalité française en faveur du titulaire de ces documents. Pour l'application des dispositions réglementaires citées au point précédent, il appartient aux autorités administratives de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les pièces produites à l'appui d'une demande de passeport ou d'une carte nationale d'identité sont de nature à établir l'identité et la nationalité du demandeur. Seul un doute suffisant sur l'identité ou la nationalité de l'intéressé peut justifier le refus de délivrance ou de renouvellement de passeport ou de carte d'identité ou une demande de restitution de ces mêmes documents.
6. Pour prendre la décision attaquée, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur la décision du greffier en chef du tribunal d'instance du 1er arrondissement de Paris (Pôle de la nationalité française de Paris) du 26 février 2013 refusant la délivrance d'un premier certificat de nationalité française à leur fils au motif qu'à l'appui de leur demande, les intéressés n'avaient produit, ni les copies intégrales des actes de naissance et de l'acte de mariage maliens des grands-parents maternels de leur fils mineur, ni la copie du jugement supplétif du tribunal civil de Mopti (Mali) en date du 30 mai 1984 ayant permis la transcription de la naissance du grand-père maternel de leur fils sur les registres de l'état-civil malien, de sorte qu'il n'était pas établi que le père de Mme A était né sur un territoire qui avait, au moment de la naissance de celui-ci, " vers 1954 ", le statut de colonie ou de territoire d'outre-mer de la République. Si les requérants soutiennent que la nationalité française de Mme A, mère de l'enfant D A, n'a jamais été remise en cause, et que par conséquent son fils a la nationalité française, il ressort toutefois des pièces du dossier que la décision du greffier en chef du tribunal d'instance du pôle de la nationalité française a été prise en dépit de la production devant cette autorité du certificat de nationalité française et de la carte nationale d'identité de Mme A, documents visés dans cette décision et que Mme A n'a exercé un recours à l'encontre de cette décision devant le bureau de la nationalité dépendant du Garde des sceaux qu'en février 2018 postérieurement à la décision du préfet lui demandant de restituer la carte nationale d'identité et le passeport de son fils. Les documents produits en appel par les requérants concernant le grand-père maternel de l'enfant D A, à savoir, l'extrait de jugement supplétif du 9 décembre 2020 d'acte de naissance, un acte de naissance établi le 29 décembre 2020, et un extrait d'acte de naissance du même jour, qui peuvent être portées devant le tribunal d'instance à l'occasion du recours dirigé contre la décision du 26 février 2013 ou lors d'une nouvelle demande de certificat de nationalité française pour M. D A, ne permettent toutefois pas d'établir de manière probante la nationalité française de l'enfant mineur. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article 18 du code civil, ni d'erreur d'appréciation, que le préfet de l'Essonne a pu estimer qu'il existait, à la date de la décision contestée, un doute suffisant quant à la nationalité du jeune D A, justifiant la restitution de ses titres d'identité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leur demande. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête C et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. et Mme B A, au ministre de l'intérieur et des Outre-mer et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Gars, présidente,
Mme Pham, première conseillère,
Mme Florent, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
C. PHAM La présidente,
A.C. LE GARS
La greffière,
S. de SOUSA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026