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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-21VE02793

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-21VE02793

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-21VE02793
TypeOrdonnance
Avocat requérantTRUGNAN BATTIKH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 27 mai 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a informé de ce qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Par un jugement n° 2003153 du 23 novembre 2020, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2021, M. A, représenté par Me Trugnan Battikh, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour dès la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer, dans le délai de trois jours suivant cet enregistrement, un récépissé de cette demande ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- le premier juge n'a pas sérieusement examiné sa situation ;

- le jugement est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'erreur de fait ;

- le premier juge a dénaturé les pièces du dossier ;

- il a écarté à tort le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le premier juge a commis une erreur dans l'appréciation de la menace à l'ordre public qu'il représente et dans l'appréciation de sa situation ;

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- le préfet a manqué à son devoir de loyauté en ne retenant que les faits qui lui étaient défavorables ;

- elle méconnaît le 7° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas de menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît le second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, l'article 3.2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, l'article 17 de ce règlement les dispositions de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français qui est elle-même illégale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- le préfet a manqué à son devoir de loyauté en ne retenant que les faits qui lui étaient défavorables ;

- elle méconnaît les dispositions du 1° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas de menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, compte tenu notamment de la crise sanitaire ;

- elle méconnaît le second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, l'article 3.2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, l'article 17 de ce règlement les dispositions de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français qui est elle-même illégale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- le préfet a manqué à son devoir de loyauté en ne retenant que les faits qui lui étaient défavorables ;

- elle méconnaît les dispositions du 7° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas de menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, compte tenu notamment de la crise sanitaire ;

- elle méconnaît le second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, l'article 3.2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, l'article 17 de ce règlement les dispositions de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :

- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français qui est elle-même illégale ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- le préfet a manqué à son devoir de loyauté en ne retenant que les faits qui lui étaient défavorables ;

- elle méconnaît les dispositions du 7° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas de menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît le second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, l'article 3.2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, l'article 17 de ce règlement les dispositions de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, compte tenu notamment de la crise sanitaire.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 30 juin 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution du 4 octobre 1958 ;

- la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A est un ressortissant ivoirien né le 24 septembre 1983 à Daola. Par un arrêté du 27 mai 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A relève appel du jugement du 23 novembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. En premier lieu, le tribunal a pris en considération l'ensemble des éléments soumis à son appréciation et a répondu par un jugement qui est suffisamment motivé à l'ensemble des moyens soulevés dans la demande. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement serait insuffisamment motivé doit être écarté.

4. En second lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. M. A ne peut donc utilement se prévaloir du défaut d'examen réel et complet de sa situation par le premier juge ou de la dénaturation par celui-ci des pièces du dossier, ni des erreurs de fait, de droit ou d'appréciation qu'il aurait commises pour demander l'annulation du jugement attaqué.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, la décision contestée comporte les éléments de droit et de fait qui la fondent. Ainsi, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le préfet n'aurait pas mentionné l'ensemble des éléments caractérisant la situation de M. A, elle est suffisamment motivée.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision contestée qu'avant de la prendre, le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande de l'intéressé.

7. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision en litige que celle-ci est fondée notamment sur le constat que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Ce motif, qui n'est pas sérieusement discuté par le requérant qui allègue de l'impossibilité dans laquelle il se serait trouvé de solliciter un titre de séjour en raison de la désorganisation des services préfectoraux induite par la crise sanitaire, suffisait à fonder l'obligation de quitter le territoire français litigieuse. Dès lors, à supposer même que le préfet ait entendu fonder aussi cette décision sur son appréciation de la menace à l'ordre public que représenterait le requérant, et à supposer injustifiée cette appréciation, une telle erreur serait restée sans effet sur le sens et sur la légalité de la décision d'éloignement critiquée. Les moyens tirés de ce que cette décision méconnaîtrait le 7° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et serait entachée d'une erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que représenterait le requérant doivent ainsi, en tout état de cause, être écartés.

8. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. A ne fait état, en appel, d'aucun élément nouveau susceptible de remettre en cause l'appréciation du premier juge, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par le tribunal au point 6 du jugement attaqué.

9. En cinquième lieu, M. A se prévaut d'erreurs de fait qu'aurait commises le préfet, en tenant compte d'une durée de présence habituelle en France de deux mois au lieu d'un an, en tenant pour établis des faits pourtant erronés dont il aurait déduit une menace à l'ordre public, et en ne tenant pas compte des difficultés liées à la crise sanitaire qui expliqueraient pourquoi la délivrance d'un titre de séjour n'a pas été sollicitée. Si M. A soutient qu'en " sélectionn[ant] " et " tri[ant] " ces faits qui lui étaient défavorables, le préfet aurait manqué à son devoir de loyauté, il résulte de ce qui a été exposé aux points 7 et 8 de la présente ordonnance que ce moyen est en tout état de cause mal fondé.

10. En sixième lieu, le requérant, qui n'agit pas, dans la présente instance, comme un demandeur d'asile, ne peut utilement se prévaloir du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, de l'article 3.2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, de l'article 17 de ce règlement ou des dispositions de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens doivent être écartés.

11. En septième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir, à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français litigieuse, de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou des dispositions de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux. En tout état de cause, il ne justifie pas suffisamment que son retour en Côte d'Ivoire constituerait, au vu de son état de santé, un traitement inhumain et dégradant au sens de ces dispositions et stipulations. Les moyens doivent être écartés.

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, il ressort de ce qui vient d'être dit que M. A n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le refus de lui accorder un délai de départ volontaire devrait être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

13. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un vice de procédure n'est pas assorti des précisions nécessaires pour permettre à la cour d'en apprécier le bien-fondé. Il doit ainsi, en tout état de cause, être écarté. A supposer que le requérant ait entendu se prévaloir du même vice qu'en première instance, le moyen devrait être annulé pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le tribunal et exposés au point 3 du jugement attaqué.

14. En troisième lieu, la décision contestée vise l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et cite en substance les mentions utiles au cas d'espèce du II de cet article. Elle indique notamment que l'intéressé constitue une menace à l'ordre public, est dépourvu de document d'identité ou de voyage, n'a pas déclaré le lieu de sa résidence effective, n'est pas en mesure de démontrer son entrée régulière en France et n'a jamais effectué de démarche en vue de régulariser sa situation. Elle est dès lors suffisamment motivée.

15. En quatrième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision contestée qu'avant de la prendre, le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande de l'intéressé.

16. En cinquième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux adoptés au point 8 de la présente ordonnance.

17. En sixième lieu, compte tenu des éléments exposés par le premier juge au point 6 du jugement attaqué et adoptés aux points 8 et 16 de la présente ordonnance, compte tenu en particulier de la durée alléguée du séjour de l'intéressé en France et de la faiblesse relative de ses liens avec ce pays, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en l'obligeant à quitter sans délai le territoire français. Si le requérant invoque le " défaut d'examen de la situation de crise sanitaire " et peut ainsi être regardé comme se prévalant de la crise sanitaire pour contester les conditions d'exécution de la décision en litige, il ne le fait pas utilement dès lors que celles-ci sont sans incidence sur la légalité de cette décision. Le moyen doit être écarté.

18. En septième lieu, il ressort des termes de la décision en litige que celle-ci est fondée notamment sur le constat que l'intéressé ne peut justifier être en possession de documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Ce motif, qui n'est pas discuté par le requérant, suffisait à fonder l'obligation de quitter le territoire français litigieuse. Dès lors, même si le préfet a entendu fonder aussi cette décision sur son appréciation de la menace à l'ordre public que représenterait le requérant, et à supposer injustifiée cette appréciation, une telle erreur serait restée sans effet sur le sens et sur la légalité de la décision d'éloignement critiquée. Les moyens tirés de ce que cette décision méconnaîtrait le 1° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et serait entachée d'une erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que représenterait le requérant doivent ainsi être écartés.

19. En huitième lieu, M. A se prévaut des mêmes erreurs de fait que celles exposées au point 9 de la présente ordonnance et soutient à nouveau que le préfet aurait manqué à son devoir de loyauté. Toutefois, il résulte des éléments exposés ou adoptés aux points 16 à 18 de la présente ordonnance qu'à supposer même que le préfet ait commis de telles erreurs, celles-ci seraient restées sans incidence sur le sens et sur la légalité de la décision contestée, et ne sont pas susceptibles de révéler la déloyauté du préfet à l'égard de M. A. Les moyens doivent être écartés.

20. En neuvième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, de l'article 3.2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, de l'article 17 de ce règlement ou des dispositions de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 de la présente ordonnance.

21. En dixième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou des dispositions de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 de la présente ordonnance.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

22. En premier lieu, il ressort de ce qui vient d'être dit que M. A n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

23. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un vice de procédure n'est pas assorti des précisions nécessaires pour permettre à la cour d'en apprécier le bien-fondé. Il doit ainsi, en tout état de cause, être écarté. A supposer que le requérant ait entendu se prévaloir du même vice qu'en première instance, le moyen devrait être annulé pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le tribunal et exposés au point 3 du jugement attaqué.

24. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision contestée qu'elle vise les articles L. 513-1 à L. 513-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et mentionne que l'intéressé n'établit pas qu'il serait exposé à des peines ou traitements contraires en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.

25. En quatrième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision contestée qu'avant de la prendre, le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande de l'intéressé.

26. En cinquième lieu, le préfet n'a pas fondé la décision contestée sur son appréciation de la menace à l'ordre public que représenterait le requérant. Par suite, à supposer injustifiée cette appréciation, une telle erreur serait restée sans effet sur le sens et sur la légalité de la décision d'éloignement critiquée. Les moyens tirés de ce que cette décision méconnaîtrait le 7° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et serait entachée d'une erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que représenterait le requérant doivent ainsi, en tout état de cause, être écartés.

27. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, en tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux adoptés au point 8 de la présente ordonnance.

28. En septième lieu, les erreurs de fait déjà invoquées par le requérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français et du refus de lui accorder un délai de départ volontaire sont, en tout état de cause, étrangères à la décision fixant le pays de destination. Pour contester cette dernière décision, le requérant ne peut donc utilement se prévaloir de ces erreurs, ni de la prétendue déloyauté du préfet à son égard que ces erreurs révéleraient.

29. En huitième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, de l'article 3.2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, de l'article 17 de ce règlement ou des dispositions de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 de la présente ordonnance.

30. En neuvième lieu, le requérant ne justifie pas suffisamment que son retour en Côte d'Ivoire constituerait, au vu de son état de santé, un traitement inhumain et dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou des dispositions de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux. Faute de justifier de risques réels, personnels et actuels en cas de retour dans son pays d'origine, les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations et dispositions doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, et alors que M. A ne peut pas se prévaloir utilement des effets de la crise sanitaire sur les conditions d'exécution de la décision contestée pour en contester la légalité, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :

31. En premier lieu, il ressort de ce qui vient d'être dit que M. A n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

32. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un vice de procédure n'est pas assorti des précisions nécessaires pour permettre à la cour d'en apprécier le bien-fondé. Il doit ainsi, en tout état de cause, être écarté. A supposer que le requérant ait entendu se prévaloir du même vice qu'en première instance, le moyen devrait être annulé pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le tribunal et exposés au point 3 du jugement attaqué.

33. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () III. - L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. / Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. / () La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III () sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

34. Il ressort des termes de la décision contestée que pour la prendre le préfet, après avoir constaté la situation irrégulière en France de l'intéressé, la durée de son séjour dans ce pays où il était arrivé, selon ses dires, un an avant la date de cette décision, ses liens personnels sur place et ceux qu'il ne justifie pas ne pas conserver dans son pays d'origine, après avoir considéré que le requérant constituait une menace à l'ordre public et estimé que la décision litigieuse ne portait pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, a considéré que M. A ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, et que la durée de cette interdiction devait être fixée à un an. La motivation de la décision en litige atteste donc que pour la prendre, le préfet a tenu compte de l'ensemble des critères prévus par la loi. Par suite, le préfet a suffisamment motivé sa décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

35. En quatrième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision contestée qu'avant de la prendre, le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la demande de l'intéressé.

36. En cinquième lieu, après avoir apprécié la situation de M. A, le préfet a estimé, sans commettre d'erreur d'appréciation, que celui-ci ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Le préfet était, dès lors, tenu de prendre cette interdiction. Il en a fixé la durée en tenant compte des éléments mentionnés au point 34 de la présente ordonnance. A supposer même que, comme le soutient le requérant, il ne représenterait pas de menace à l'ordre public, c'est toutefois, compte tenu des autres éléments pris en compte, par une application exacte des dispositions citées au point 33 et sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet a fixé à un an la durée de l'interdiction en litige. Il suit de là, d'une part, que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions citées au point 33 de la présente ordonnance et de l'erreur d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation de l'intéressé doivent ainsi être écartés, alors qu'au demeurant, M. A ne peut pas se prévaloir utilement des effets de la crise sanitaire sur les conditions d'exécution de la décision contestée pour en contester la légalité. Il suit également de là, d'autre part, que les moyens tirés de l'erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que représenterait le requérant et, en tout état de cause, de ce que cette décision méconnaîtrait le 7° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent aussi être écartés.

37. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, en tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux adoptés au point 8 de la présente ordonnance.

38. En septième lieu, M. A se prévaut des mêmes erreurs de fait que celles exposées au point 9 de la présente ordonnance et soutient à nouveau que le préfet aurait manqué à son devoir de loyauté. Toutefois, il résulte des éléments exposés ou adoptés aux points 36 et 37 de la présente ordonnance qu'à supposer même que le préfet ait commis de telles erreurs, celles-ci seraient restées sans incidence sur le sens et sur la légalité de la décision contestée, et ne sont pas susceptibles de révéler la déloyauté du préfet à l'égard de M. A. Ces moyens doivent, en tout état de cause, être écartés.

39. En huitième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, de l'article 3.2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, de l'article 17 de ce règlement ou des dispositions de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 de la présente ordonnance.

40. En neuvième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou des dispositions de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 de la présente ordonnance.

41. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Seine-saint-Denis.

Fait à Versailles, le 15 décembre 2022.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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