vendredi 17 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE03340 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOUKHELIFA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 janvier 2020 et le 16 juin 2020,
M. A B, représenté par Me Boukhelifa, a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la décision du 13 septembre 2019 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble la décision du 11
décembre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement refusé de faire droit à
son recours hiérarchique dirigé contre cette décision ; d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ".
Par une ordonnance n° 2001178 du 24 novembre 2021, la présidente de la 2ème chambre du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2021, M. B, représenté par
Me Boukhelifa, demande à la Cour :
1° d'annuler cette ordonnance ;
2° d'annuler la décision implicite de refus de délivrance d'un titre de séjour prise par le préfet des Hauts-de-Seine en date du 13 septembre 2019, confirmée par décision implicite du ministre de l'intérieur en date du 11 décembre 2019 ;
3° d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour
temporaire portant la mention " salarié " ;
4° de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux administratifs et des cours peuvent, par ordonnance : / () 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () " ;
2. Aux termes de l'article R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et
du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Tout étranger, âgé de plus de dix-huit ans (), est tenu de se présenter, à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres
départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture, pour y souscrire une demande de titre
de séjour du type correspondant à la catégorie à laquelle il appartient. () ". Il résulte de ces
dispositions que, pour introduire valablement une demande de titre de séjour, il est nécessaire,
sauf si l'une des exceptions définies à l'article R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des
étrangers et du droit d'asile précité est applicable, que l'intéressé se présente physiquement à
la préfecture. A défaut de disposition expresse en sens contraire, une demande de titre de
séjour présentée par un ressortissant étranger en méconnaissance de la règle de présentation
personnelle du demandeur en préfecture fait naître, en cas de silence gardé par
l'administration pendant plus de quatre mois, délai fixé par l'article R. 311-12-1 du même
code, une décision implicite de rejet susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de
pouvoir. En pareille circonstance, le préfet n'est pas en situation de compétence liée pour
rejeter la demande de titre de séjour et peut, le cas échéant, procéder à la régularisation de la
situation de l'intéressé. Toutefois, lorsque le refus de titre de séjour est fondé à bon droit sur
l'absence de comparution personnelle du demandeur, ce dernier ne peut utilement se
prévaloir, à l'encontre de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour, de moyens
autres que ceux tirés d'un vice propre de cette décision.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a saisi le préfet des Hauts-de-Seine d'une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié "
sans contester le ministre de l'intérieur lorsqu'il soutient en défense qu'il ne s'est pas présenté
en personne au guichet de la préfecture, ni soutenir qu'il en aurait été valablement empêché. Ainsi, à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions en litige, M. B ne pouvait soulever de moyens autres que ceux tirés d'un vice propre aux décisions attaquées. Pour contester ces décisions, M. B fait valoir qu'elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et des articles L. 313-10 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tels qu'interprétés par la circulaire ministérielle du 28 novembre 2012, et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par une ordonnance motivée, la présidente de la 2ème chambre du tribunal a écarté la requête de M. B au motif que la requête qui n'indique pas être sommaire et n'annonce pas la production ultérieure d'un mémoire complémentaire, ne comporte que des moyens inopérants ou des moyens manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, sa demande était manifestement irrecevable et ne pouvait, dès lors, qu'être rejetée.
3. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, la présidente de la 2ème chambre du tribunal de
Cergy-Pontoise, a rejeté sa demande.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 17 juin 2022.
Le président de la 4ème chambre,
S. BROTONS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026