mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE03397 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TRORIAL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A C a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 9 juin 2020 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a obligé à se présenter avec les pièces justifiant de ses diligences dans la préparation de son départ, au bureau des étrangers de la préfecture des Yvelines.
Par un jugement n° 2105049 du 8 novembre 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2021, M. A C, représenté par Me Trorial, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, dans les mêmes conditions d'astreinte, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le jugement omet de répondre au moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le jugement omet de répondre au moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- les premiers juges ont écarté à tort le moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le jugement est insuffisamment motivé ;
- les premiers juges ont commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation professionnelle ;
- les premiers juges ont commis une erreur de droit en ne prenant pas en compte l'arrêt de la chambre sociale de la Cour d'appel de Versailles n° 103 du 17 février 2021 ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure en ce que le préfet n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation professionnelle et personnelle ;
- le refus de titre méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale dès lors qu'elle se fonde sur la décision de refus de titre de séjour elle-même illégale ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre la République française et le gouvernement du royaume du Maroc du 9 octobre 1987 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes manifestement dépourvues de fondement () ".
2.M. A C, ressortissant marocain né le 16 février 1980 à Mers Sultan, qui a déclaré être entré en France en octobre 2007, a sollicité le 14 janvier 2020 son admission exceptionnelle au séjour au titre des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 9 juin 2020, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A C relève appel du jugement du 8 novembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3.En premier lieu, aux termes de l'article 9 du code de justice administrative : " Les jugement sont motivés. ". Si M. A C soutient que le tribunal a omis de répondre, d'une part, au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et d'autre part, au moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, soulevés à l'encontre de la décision de refus de titre de séjour, le tribunal administratif a toutefois répondu à ces moyens respectivement aux points 7. et 8., et 5. et 6. du jugement entrepris. Il n'a donc pas omis d'y répondre et les moyens tirés de ces prétendues omissions doivent être écartés.
4.En deuxième lieu, hormis les cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. M. A C ne peut donc utilement se prévaloir d'erreurs de droit ou d'appréciation qu'auraient commises les premiers juges pour demander l'annulation du jugement attaqué.
5.En troisième lieu, le tribunal administratif de Versailles a pris en considération l'ensemble des éléments soumis à son appréciation et a répondu par un jugement qui est suffisamment motivé à l'ensemble des moyens soulevés dans la demande. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement serait insuffisamment motivé doit être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
6.En premier lieu, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A C ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit et exposés par les premiers juges aux points 3. et 4. du jugement entrepris.
7.En deuxième lieu, M. A C soutient, à titre subsidiaire, que le préfet a entaché l'arrêté contesté d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation tant personnelle que professionnelle en faisant valoir qu'il réside en France depuis treize ans, qu'il est bien intégré à la société française, notamment du fait qu'il exerce une activité professionnelle, mais également que ses liens avec son pays d'origine se sont nécessairement distendus en raison à la durée de sa présence sur le territoire français. Toutefois, il ne produit pas de pièce qui suffise à corroborer ses allégations relatives à la nature des liens qu'il a pu tisser en France et à son intégration professionnelle, alors qu'il est célibataire et sans charge de famille et ne fait état d'aucune attache affective d'une particulière intensité. Il suit de là que l'erreur manifeste dont allègue M. A C n'est pas caractérisée. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
8.En troisième lieu, M. A C reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers dont serait entaché le refus de titre de séjour. S'il précise en appel la nature des pièces produites pour les années 2010, 2012 et 2013, à savoir une lettre de la CPAM de Paris d'information sur la vaccination contre la grippe, sept avis de transfert de fonds, deux avis d'imposition des mois de septembre 2010 et janvier 2012, une attestation d'hébergement datant d'octobre 2010, un formulaire ainsi qu'une carte d'adhésion au mouvement pour l'intégration à la France datant d'avril 2012, son passeport d'identité refait en France en mai 2013, des documents de la Banque postale non déterminés, datant de février à avril 2013, et une facture non caractérisée du mois d'avril 2013, et s'appuie sur l'arrêt de la chambre sociale de la cour d'appel de Versailles du 17 février 2021 dans lequel elle admet sa présence en France de 2007 à 2014, ces éléments nouvellement invoqués, toutefois, ne suffisent pas, par eux-mêmes, à remettre en cause les motifs retenus à bon droit par les premiers juges. Il y a donc lieu d'écarter ce moyen par ces motifs et par adoption de ceux exposés par le tribunal aux points 7. et 8. du jugement attaqué.
9.En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 dont serait entaché le refus de titre de séjour, déjà soulevé en première instance et à l'appui duquel M. A C ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doit être écarté pour le même motif que celui retenu au point 6. du jugement entrepris.
10.En cinquième lieu, M. A C soutient que, du fait de sa présence habituelle en France depuis plus de dix années à la date de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, le préfet aurait dû saisir la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant de prendre l'arrêté litigieux. Il ressort, toutefois, des motifs de ce dernier que le préfet a estimé insuffisantes les pièces produites par M. A C pour justifier de sa présence en France depuis 2007. S'il précise en appel le détail des pièces qu'il produit pour les années 2010, 2012 et 2013, que les premiers juges ont qualifiés de très parcellaires, il n'en demeure pas moins que, compte tenu à la fois de leur nombre et de leur nature, celles-ci ne permettent pas de regarder comme établie la résidence habituelle en France de l'intéressé depuis plus de dix ans. En tout état de cause, M. A C ne pouvait se prévaloir de l'ancienneté de son séjour en France dès lors qu'il avait fait l'objet d'un précédent refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, le 16 février 2018, à laquelle il s'est soustrait. Par suite, M. A C n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché son arrêté d'un vice de procédure en s'abstenant à tort de saisir la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 312-1 précité.
11.En sixième lieu, il ressort de ce qui vient d'être dit que M. A C n'établit pas que le refus de titre de séjour serait entaché d'illégalité. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour.
12.En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux adoptés par les premiers juges et repris aux points 8. et 9. de la présente ordonnance, le préfet n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en obligeant M. A C à quitter le territoire français. Ces moyens doivent ainsi être écartés.
13.En dernier lieu, M. A C reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont serait entachée l'obligation de quitter le territoire français. Or M. A C n'invoque, au soutien du moyen repris, aucun élément de droit ou de fait nouveau. Il y a donc lieu d'écarter ce moyen par adoption du motif retenu à bon droit par les premiers juges au point 11. du jugement entrepris.
14.Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A C est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 25 avril 2023.
Le Conseiller d'État,
Président de la cour administrative d'appel de Versailles
T. OLSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°21VE0339700
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026