jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE03514 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | rectif. erreur matérielle |
| Avocat requérant | MAGDELAINE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A C veuve B a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler l'arrêté du 14 mai 2018 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence.
Par un jugement n° 1806416 du 28 mai 2019, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par un arrêt n° 20VE01214 du 21 juillet 2021 la cour a, d'une part, annulé le jugement n° 1806416 du 28 mai 2019 et l'arrêté du 14 mai 2018, et d'autre part, enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à Mme C, un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la notification de cet arrêt, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et a mis à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 6 octobre et le 16 novembre 2021, Me Magdelaine, avocate de Mme C, demande à la cour de procéder à la rectification de l'arrêt en tant qu'il met à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sans faire application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Elle soutient que l'arrêt est entaché d'une erreur matérielle en tant qu'il statue au titre du seul article L. 761-1 précité alors qu'elle sollicitait le versement de la somme de 1 500 à son avocate en vertu de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".
2. L'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut, en son nom propre, former un recours en rectification d'erreur matérielle lorsque, dans le cadre d'une instance donnée, le juge omet de statuer sur ses conclusions tendant à obtenir, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le bénéfice des frais irrépétibles payés par la partie perdante plutôt que de percevoir la somme versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Et eu égard à l'objet du litige, relatif à l'application des dispositions régissant l'aide juridictionnelle et né à l'occasion d'une instance dans laquelle un client de l'avocat était partie, les dispositions de l'article R. 811-7 du CJA ne font pas obstacle à ce que l'avocat d'un bénéficiaire de l'aide juridictionnelle assure sa propre représentation dans le cadre de la contestation d'une décision juridictionnelle en tant qu'elle a statué sur la demande qu'il avait présentée au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
3. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée. " Aux termes de l'article R. 751-4-1 du même code : " Par dérogation aux articles R. 751-2, R. 751-3 et R. 751-4, la décision peut être notifiée par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1 aux parties qui sont inscrites dans cette application ou du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 aux parties qui en ont accepté l'usage pour l'instance considérée. Ces parties sont réputées avoir reçu la notification à la date de première consultation de la décision, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition de la décision dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de la notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles. "
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêt du 21 juillet 2021 a été notifié par un courrier du greffe du 23 juillet 2021, à Mme C, laquelle en a accusé réception le 24 juillet 2021 et par l'application informatique prévue à l'article R. 414-1 du code de justice administrative à Me Magdelaine qui en a accusé réception le 30 juillet 2021. Cette notification a eu pour effet de déclencher le délai de deux mois prévu à l'article R. 833-1 précité afin d'introduire un recours en rectification d'erreur matérielle. Ainsi, la requête présentée par Me Magdelaine, enregistrée au greffe de la Cour le 6 octobre 2021, est tardive. Par suite, elle doit être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste, en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête en rectification d'erreur matérielle de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C veuve B.
Fait à Versailles, le 1er décembre 2022.
Le premier vice-président de la cour,
président de la 2ème chambre
B. EVEN
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