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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE00174

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE00174

mercredi 11 mai 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE00174
TypeOrdonnance
Recoursplein contentieux
Avocat requérantRENARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la décision du 24 avril 2019 par laquelle le maire de la commune de Neuilly-sur-Seine a rejeté sa demande tendant à voir son poste classé dans le groupe de fonctions 2 pour l'application du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'enseignement professionnel, d'enjoindre à la commune de Neuilly-sur-Seine de reclasser son poste dans le groupe de fonctions 2 à compter du 1er juillet 2016 et de lui verser la somme correspondant aux indemnités non perçues, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 1907436 du 3 décembre 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2022, M. A, représenté par Me Renard, avocat, puis par Me Sabado, avocat, constitué en lieu et place de Me Renard par un courrier enregistré le 23 avril 2022, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de faire droit à sa demande de première instance ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le tribunal administratif n'a pas respecté le principe du contradictoire dès lors que les moyens qu'il a développés dans le mémoire du 9 avril 2021 n'ont été ni communiqués ni analysés ;

- le tribunal a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il exerce son activité les week-end et que la pénibilité de son emploi est établie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;

- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent ( ), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, agent de propreté urbaine de la commune de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), fait appel du jugement du 3 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du maire de Neuilly-sur-Seine du 24 avril 2019 lui refusant l'octroi du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'enseignement professionnel afférent au groupe de fonctions 2, et à ce qu'il soit enjoint à la commune de lui verser les sommes qu'il aurait dû percevoir en conséquence du reclassement de son poste dans ce groupe de fonctions.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. En premier lieu, il ressort de l'examen du jugement attaqué que le tribunal administratif a visé le mémoire présenté par M. A le 9 avril 2021. Si ce dernier soutient que le tribunal n'a pas analysé les moyens soulevés dans ce mémoire, il n'apporte aucune précision de nature à permettre d'apprécier le bien-fondé de cette affirmation, faute, en particulier, d'indiquer quels moyens n'auraient pas été visés. Au demeurant, il ressort du jugement attaqué que le tribunal, qui mentionne notamment l'extrait de planning comportant six jours travaillés les samedis ou dimanche entre les 3 octobre et 13 décembre 2020, a bien tenu compte de ce mémoire. Par suite, le moyen tiré de ce que le tribunal n'aurait pas visé et analysé ce mémoire doit être écarté. Par ailleurs, M. A ne peut utilement, pour contester la régularité de la procédure de première instance, se prévaloir de la circonstance que ce mémoire n'a pas été communiqué à commune de Neuilly-sur-Seine dès lors que cette circonstance n'affecte pas le respect du caractère contradictoire de la procédure à son égard. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit également être écarté.

4. En second lieu, si M. A soutient que le tribunal administratif a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation, ces moyens sont relatifs au bien-fondé du jugement attaqué et sont sans incidence sur la régularité de ce jugement. Ils doivent, par suite, être écartés.

Au fond :

5. Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret. () ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. () ".

6. Par une délibération du 12 avril 2016, le conseil municipal de la commune de Neuilly-sur-Seine a instauré un nouveau régime indemnitaire en deux parts pour certains cadres d'emplois de la commune en prévoyant que " la part fonctionnelle peut varier selon le niveau de responsabilité des agents, leur niveau d'expertise ou les sujétions auxquelles les agents sont confrontés dans l'exercice de leurs missions. / Le montant individuel dépend du rattachement de l'emploi occupé par un agent à l'un des groupes fonctionnels définis ci-dessous. / Les groupes de fonctions sont déterminés à partir de critères professionnels suivants tenant compte : / - Groupe 1 = pas de sujétion, pas d'expertise particulière. / - Groupe 2 = sujétions : amplitude horaire de certains postes, cycle de travail comprenant les week-ends (samedi et dimanche), pénibilité, métiers en tension de catégorie B et C. () ".

7. M. A soutient que son emploi devait être classé dans le groupe 2 dès lors qu'il exerce régulièrement son activité le weekend et que la fiche de son poste établit la pénibilité de cet emploi. Toutefois, s'il est constant que M. A a travaillé certains samedis ou dimanches, il n'est pas contesté que ces jours, qui ont été rémunérés en heures supplémentaires, n'étaient pas consécutifs et qu'ils ne sont ainsi pas compris dans un cycle de travail incluant à la fois le samedi et le dimanche. A cet égard, si la fiche de poste publiée sur le site de la commune pour le recrutement d'un agent de propreté urbaine et consultée le 12 juin 2019 par le requérant, fait état d'un travail obligatoire le week-end et les jours fériés, elle précise que ce travail se fait par roulement à raison d'un samedi et d'un dimanche par mois. Par ailleurs, il ne ressort pas de cette fiche de poste que l'emploi d'agent de propreté urbaine exposerait l'agent à des facteurs de risques professionnels particuliers et que l'emploi de M. A répondrait ainsi à la condition de pénibilité posée par la délibération du 12 avril 2016. Par suite, le moyen tiré de ce que l'emploi du requérant aurait dû être classé dans le groupe de fonctions 2 doit être écarté. Dès lors, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de lui verser les sommes qu'il aurait dû percevoir en conséquence du reclassement de son poste dans le groupe de fonctions 2 doivent également être rejetées.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles le 11 mai 2022.

La présidente de la 5ème chambre,

Corinne SIGNERIN-ICRE

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

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