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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE00716

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE00716

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE00716
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL CAMILLE MIALOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C et autres ont demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler la décision du 10 février 2020 par laquelle le préfet de l'Essonne a retiré l'autorisation du 9 novembre 2019 de défrichement de la parcelle cadastrée AL 4 située au lieu-dit Beaurepaire à Dourdan et de mettre à la charge de la commune de Dourdan une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2001615 du 24 janvier 2022, le tribunal administratif de Versailles a admis l'intervention de la commune de Dourdan et rejeté la demande de M. C et autres.

Procédure devant la cour :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 mars 2022, le 9 mai 2022 et le 1er mars 2023, M. D C, l'EURL San Marko et M. B C, représentés par Me Julié, avocat, demandent à la cour, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cette décision ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 6 000 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;

- l'instruction aurait dû être rouverte après la production d'une deuxième note en délibéré contenant des pièces dont ils ne pouvaient avoir eu connaissance avant la clôture de l'instruction ;

- le jugement attaqué n'a pas été signé par les juges qui l'ont rendu ;

- l'arrêté attaqué a méconnu le principe du contradictoire et des droits de la défense ; les premiers juges ont entaché leur jugement d'une erreur de qualification juridique des faits en se fondant sur l'abattage des derniers arbres en février 2020 alors que l'essentiel du déboisement était déjà réalisé et qu'il n'y avait donc plus d'urgence à retirer une autorisation de défricher déjà entièrement exécutée ; les premiers juges ont commis une erreur de droit en estimant qu'il y avait urgence à retirer l'autorisation tacite de défrichement alors que les travaux entrepris n'étaient pas régis par le code forestier ; les premiers juges ont dénaturé les faits en jugeant qu'il y avait urgence alors que M. C n'a pas méconnu l'arrêté interruptif de travaux ;

- les premiers juges ont dénaturé les pièces du dossier en jugeant qu'il n'a été produit aucune pièce démontrant que M. D C était mineur au moment du défrichement ;

- les premiers juges ont dénaturé les pièces du dossier en jugeant que M. B C n'avait pas justifié de sa qualité de père de M. D C lors de la demande d'autorisation de défricher ;

- les premiers juges ont commis une erreur de droit en estimant qu'un défrichement réalisé illégalement ne pouvait être régularisé a posteriori ;

- les premiers juges ont commis une erreur dans la qualification juridique des faits en considérant que la parcelle cadastrée AL 4 revêt un intérêt environnemental particulier faisant obstacle à la régularisation du défrichement ;

- la mention du schéma directeur de la région Ile-de-France est inopérante dès lors que ce schéma n'est pas opposable aux autorisations de défricher ;

- les premiers juges ont inexactement qualifié les faits et commis une dénaturation des faits en jugeant que le détournement de pouvoir n'était pas établi.

Par un mémoire, enregistré le 20 janvier 2023, la commune de Dourdan, représentée par Me Garrigues, avocat, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 29 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 13 avril 2023, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code forestier ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Houllier,

- les conclusions de M. Frémont, rapporteur public,

- et les observations de Me Julié pour M. C et autres et de Me Heral pour la commune de Dourdan.

Deux notes en délibéré présentées pour M. C et autres ont été enregistrées les 3 et 4 juillet 2023.

Une note en délibéré présentée pour la commune de Dourdan a été enregistrée le 4 juillet 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C est propriétaire d'une parcelle cadastrée AL 4 située au lieudit de Beaurepaire à Dourdan. Son père, M. B C, a déposé une demande d'autorisation de défrichement le 30 août 2019, dont il a été accusé réception le 9 septembre 2019. Par un courrier du 5 février 2020, le préfet de l'Essonne a informé M. B C qu'il envisageait de retirer l'autorisation tacite de défrichement née le 9 novembre 2019. Ce retrait a été prononcé par un arrêté du 10 février 2020. M. D C, M. B C et l'EURL San Marko demandent à la cour d'annuler le jugement n° 2001615 du 24 janvier 2022 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté leur demande tendant à l'annulation de cet arrêté du 10 février 2020.

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. Lorsque le juge administratif est saisi, postérieurement à la clôture de l'instruction et au prononcé des conclusions du rapporteur public, d'une note en délibéré émanant d'une des parties à l'instance, il lui appartient dans tous les cas d'en prendre connaissance avant la séance au cours de laquelle sera rendue la décision. S'il a toujours la faculté, dans l'intérêt d'une bonne justice, de rouvrir l'instruction et de soumettre au débat contradictoire les éléments contenus dans la note en délibéré, il n'est tenu de le faire à peine d'irrégularité de sa décision que si cette note contient soit l'exposé d'une circonstance de fait dont la partie qui l'invoque n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et que le juge ne pourrait ignorer sans fonder sa décision sur des faits matériellement inexacts, soit d'une circonstance de droit nouvelle ou que le juge devrait relever d'office.

3. En l'espèce, l'arrêté attaqué est fondé, notamment, sur le fait que M. B C, pétitionnaire, ne justifiait pas, dans le dossier de demande, de sa qualité de propriétaire de la parcelle cadastrée AL 4, en méconnaissance de l'article R. 341-1 du code forestier. En première instance, les requérants faisaient valoir que le dossier était complet mais que n'en ayant pas conservé une copie il appartenait à l'administration de le produire ce qu'elle a fait, après une demande de communication formulée par M. B C par courriel du 17 janvier 2022, postérieurement à l'audience et au prononcé des conclusions du rapporteur public. Ce dossier, qui indiquait notamment que M. D C est le propriétaire de la parcelle cadastrée AL 4 et contenait un courrier donnant mandat à son père pour présenter la demande, a ensuite été produit par les requérants dans une note en délibéré du même jour.

4. Si le jugement attaqué vise cette note en délibéré, il indique, au point 6, " que le requérant n'a produit aucune pièce administrative en ce sens lors du dépôt de sa demande " et que " la demande d'autorisation de défrichement qu'il a déposée ne comportait aucune pièce justifiant de sa qualité pour présenter celle-ci, aucune mention du dossier de demande ne précisant à cet égard qu'elle aurait été faite au nom et pour le compte de son fils ". A ces conditions, alors même que M. B C aurait été la partie la mieux à même de produire ce dossier de demande, la note en délibéré du 17 janvier 2022 a permis de verser au dossier des pièces qu'il n'était pas en mesure de produire avant cette date et que les premiers juges ne pouvaient ignorer sans fonder leur décision sur des faits matériellement inexacts. Par suite, en s'abstenant de rouvrir l'instruction, les premiers juges ont entaché leur jugement d'irrégularité.

5. Ainsi le jugement du tribunal administratif de Versailles doit être annulé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de régularité soulevés par les requérants devant la cour tirés de l'insuffisante motivation du jugement, du défaut de signature du jugement attaqué et des erreurs de droit, de qualification juridique des faits et des dénaturations commises par les premiers juges.

6. Il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par M. D C, l'EURL San Marko et M. B C devant le tribunal administratif de Versailles.

Sur l'intervention de la commune de Dourdan :

7. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Dourdan, sur le territoire de laquelle se situe la parcelle cadastrée section AL n° 4 ayant fait l'objet du défrichement litigieux, a intérêt au maintien de la décision du préfet de l'Essonne du 10 février 2020. Par suite, son intervention, présentée par un mémoire distinct, doit être admise.

Sur la légalité de l'arrêté attaqué :

8. Aux termes de l'article L. 341-1 du code forestier : " Est un défrichement toute opération volontaire ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de mettre fin à sa destination forestière. / Est également un défrichement toute opération volontaire entraînant indirectement et à terme les mêmes conséquences, sauf si elle est entreprise en application d'une servitude d'utilité publique () ". Selon l'article L. 341-3 du même code : " Nul ne peut user du droit de défricher ses bois et forêts sans avoir préalablement obtenu une autorisation () ". L'article R. 341-4 de ce code dispose que : " Sous réserve des dispositions de l'article R. 341-6, la demande présentée sur le fondement de l'article L. 341-3 est réputée acceptée à défaut de décision du préfet notifiée dans le délai de deux mois à compter de la réception du dossier complet ".

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes () morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Selon l'article L. 121-1 de ce code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Par dérogation à cet article, l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration prévoit : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; () ". La décision portant retrait d'une autorisation tacite de défrichement est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire.

10. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 5 février 2020 remis à l'intéressé le même jour, le préfet a informé M. B C de son intention de retirer l'autorisation tacite de défrichement et lui a accordé un délai de 48 heures pour présenter ses observations. A la demande du conseil de M. C, ce délai a été prorogé de 24 heures. Le courrier accordant cette prorogation justifiait ce délai restreint par l'urgence s'attachant au retrait de cette autorisation. Si les requérants soutiennent qu'aucune urgence ne permettait de justifier ce délai dès lors que la parcelle était déjà entièrement défrichée, il ressort des pièces du dossier que le défrichement a été opéré sur plusieurs années depuis 2014. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B C, 24 heures après la réception du courrier, a abattu les derniers arbres encore plantés sur la parcelle cadastrée AL 4. Ainsi, eu égard à la nature, à l'ampleur et à la persistance des travaux qui ont été entrepris sur la parcelle cadastrée AL 4 et au comportement de M. B C, ce délai était, compte tenu de l'urgence à retirer l'autorisation tacite de défrichement, suffisant.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 341-1 du code forestier, dans sa version applicable à la date de l'arrêté attaqué : " La demande d'autorisation de défrichement est adressée par tout moyen permettant d'établir date certaine au préfet du département où sont situés les terrains à défricher. / La demande est présentée soit par le propriétaire des terrains ou son mandataire, soit par une personne morale ayant qualité pour bénéficier sur ces terrains de l'expropriation pour cause d'utilité publique, des servitudes prévues aux articles L. 323-4 et L. 433-6 du code de l'énergie et à l'article L. 555-27 du code de l'environnement ou de la servitude instituée par l'article 53 de la loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne, soit par une personne susceptible de bénéficier de l'autorisation d'exploiter une carrière en application de l'article L. 512-1 ou de l'article L. 512-7-1 du code de l'environnement, d'une autorisation de recherches ou d'un permis exclusif de carrières prévus aux articles L. 322-1 et L. 333-1 du code minier. / La demande est accompagnée d'un dossier comprenant les informations et documents suivants : / 1° Les pièces justifiant que le demandeur a qualité pour présenter la demande et, hors le cas d'expropriation, l'accord exprès du propriétaire si ce dernier n'est pas le demandeur ou, en cas d'application des articles L. 323-4 et L. 433-6 du code de l'énergie et de l'article L. 555-27 du code de l'environnement, l'accusé de réception de la notification au propriétaire de la demande d'autorisation ; / 2° L'adresse du demandeur et celle du propriétaire du terrain si ce dernier n'est pas le demandeur ; () ".

12. Pour fonder la décision de retrait de l'autorisation tacite de défrichement, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur la circonstance que M. B C, pétitionnaire, ne justifiait pas être propriétaire de la parcelle et n'avait donc pas qualité pour présenter la demande en méconnaissance des dispositions de l'article R. 341-1 précitées. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée AL 4 appartient à M. D C, fils de M. B C, qui était mineur à la date du dépôt de la demande d'autorisation de défricher. Si M. B C était donc alors le représentant légal du propriétaire de cette parcelle, il lui appartenait malgré tout de mentionner le nom du propriétaire dans le formulaire CERFA prévu à cet effet. Si les requérants produisent un formulaire CERFA portant cette mention ainsi qu'une attestation datée du 30 août 2019 établie par M. D C donnant mandat à son père pour présenter cette demande, ces deux documents contiennent des incohérences qui ne permettent pas d'en reconnaître le caractère probant, ni authentique. En particulier, l'adresse déclarée pour M. D C dans ces deux documents ne correspond pas à celle qu'il a déclarée à la date d'introduction de la requête devant le tribunal administratif de Versailles mais à une adresse ultérieure dont il a notifié le changement au tribunal administratif en cours d'instance. En outre, la circonstance que le préfet a accusé réception d'un dossier qualifié de complet par courrier du 9 septembre 2019 ne saurait faire obstacle à ce que l'absence de mandat puisse ensuite être opposée au demandeur dès lors que ce point est susceptible de nécessiter une appréciation particulière des services chargés de l'instruction de la demande. A ces conditions, c'est à bon droit que le préfet de l'Essonne a fondé sa décision sur la méconnaissance de l'article R. 341-1 précité.

13. En troisième lieu, l'article L. 341-5 du code forestier dispose que : " L'autorisation de défrichement peut être refusée lorsque la conservation des bois et forêts ou des massifs qu'ils complètent, ou le maintien de la destination forestière des sols, est reconnu nécessaire à une ou plusieurs des fonctions suivantes : () 8° A l'équilibre biologique d'une région ou d'un territoire présentant un intérêt remarquable et motivé du point de vue de la préservation des espèces animales ou végétales et de l'écosystème ou au bien-être de la population () ".

14. Pour retirer l'autorisation de défricher le préfet de l'Essonne s'est fondé sur la circonstance que la parcelle cadastrée AL 4 " s'insère notamment dans une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de la vallée de l'Orge de Dourdan à Arpajon et ses affluents, en raison de l'intérêt particulier des milieux qui la composent et que le SDRIF classe ce terrain en espace boisé et naturel ".

15. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée AL 4, classée en zone N du plan local d'urbanisme et qui accueillait, avant son défrichement sans autorisation, un boisement forestier de plus de 30 ans, s'insère dans une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 2 et constitue, avec les autres parcelles boisées qui la bordent, une coupure boisée nord-sud entre une zone urbanisée à l'ouest et un lotissement à l'est. A ces conditions, en dépit d'une taille modeste, le défrichement de cette parcelle très boisée, insérée dans un massif boisé constituant un corridor écologique entre deux zones urbanisées, est de nature à porter atteinte à l'équilibre biologique protégé par le 8° de l'article L. 341-5 du code forestier, alors même que l'identification de cette parcelle comme espace boisé et naturel par le schéma directeur de la région Ile-de-France ne serait pas, par lui-même, de nature à justifier un refus d'autorisation de défricher. A cet égard, la circonstance que les propriétaires de la parcelle AL 220 aient obtenu une autorisation de défricher est sans incidence sur la légalité de la décision retirant l'autorisation de défrichement tacite du 9 novembre 2019.

16. En quatrième lieu, le préfet de l'Essonne a estimé que le premier alinéa de l'article L. 341-3 du code forestier faisait obstacle à ce qu'une autorisation de défricher puisse être délivrée pour régulariser a posteriori des travaux déjà engagés. Toutefois, il ne résulte ni de ces dispositions, ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire qu'un défrichement réalisé sans autorisation ne pourrait faire l'objet d'une demande de régularisation. Par suite, c'est à tort que le préfet a opposé ce motif. Toutefois, il résulte de l'instruction que le préfet de l'Essonne aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur les motifs tirés de la méconnaissance de l'article R. 341-1 et du 8° de l'article L. 341-5 du code forestier.

17. En dernier lieu, en dépit des relations conflictuelles entretenues par M. B C et la précédente équipe municipale, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué serait entaché de détournement de pouvoir.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 10 février 2020. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Versailles n° 2001615 du 24 janvier 2022 est annulé.

Article 2 : L'intervention de la commune de Dourdan est admise.

Article 3 : La demande présentée par M. D C, l'EURL San Marko et M. B C devant le tribunal administratif de Versailles et les conclusions présentées devant la cour sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. D C, à l'EURL San Marko, à M. B C, au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée à la commune de Dourdan.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Even, président,

Mme Bonfils, première conseillère,

Mme Houllier, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.

La rapporteure,

S. HOULLIERLe président,

B. EVENLa greffière,

F. PETIT-GALLAND

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

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