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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE00993

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE00993

jeudi 16 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE00993
TypeOrdonnance
Recoursexécution décision justice adm
Avocat requérantAARPI LOIRE - HENOCHSBERG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler les arrêtés du maire de la commune de Boutigny-sur-Essonne du 20 septembre 2018 et du 28 février 2020 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, d'enjoindre à la commune de Boutigny-sur-Essonne de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie et, en conséquence, de procéder à la reconstitution de sa carrière, de liquider les sommes dues au titre de cette reconstitution de carrière et de prendre en charge les frais exposés pour traiter son affection, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard et de mettre à la charge de la commune de Boutigny-sur-Essonne une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 1900294 du 23 novembre 2020, le tribunal administratif de Versailles a annulé les arrêtés du maire de Boutigny-sur-Essonne du 20 septembre 2018 et du 28 février 2020, enjoint à la commune de procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A à compter du 9 avril 2018, et d'en tirer toutes les conséquences sur sa rémunération et ses droits sociaux.

Procédure devant la cour :

Par une demande enregistrée le 18 octobre 2021 et des observations formulée le 22 mars 2022, le 20 juillet 2022 et le 23 novembre 2022, Mme A, représentée par Me Loiré, avocat, demande à la Cour, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'enjoindre à la commune de Boutigny-sur-Essonne de lui verser les sommes de 28 340,47 euros au titre de 2018, 6 433,77 euros au titre de 2019, de 8 662,16 euros au titre de 2020 et de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2°) d'assortir les injonctions prononcées d'une astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Boutigny-sur-Essonne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie implique le versement de sommes supplémentaires au titre des conséquences sur sa rémunération et droits sociaux ; elle a droit à son plein traitement ;

- la commission de réforme s'est réunie le 7 octobre 2021 et a décidé son inaptitude à une reprise de fonctions et le maintien en congé d'invalidité temporaire ; elle n'a reçu qu'un courrier l'informant de la nécessité de constituer un dossier de retraite anticipée du 25 avril 2022 et un rendez-vous avec un expert du 11 mai 2022 destiné à évaluer son aptitude à reprendre ses fonctions ; elle n'a jamais reçu de décision relative à la consolidation de son état et les sommes perçues ne sont pas des indus ;

- les difficultés financières de la commune sont sans incidence sur la solution du litige ;

- elle peut prétendre au paiement de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) car elle a été placée en congés maladie avant sa mutation et elle peut y prétendre pour les années 2018 à 2020 ;

- elle a droit au paiement du complément indemnitaire annuel ( CIA) pour 2020, a minima.

Par une ordonnance en date du 25 avril 2022 le président de la cour administrative d'appel de Versailles a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue d'assurer l'exécution de l'arrêt.

Par des observations formulées le 29 décembre 2021 puis le 1er juillet, le 19 et le 21 octobre 2022 et le 17 janvier 2023, la commune de Boutigny-sur-Essonne conclut au rejet de la requête, et à titre subsidiaire à ce qu'il soit enjoint à la commune de verser le traitement dû dans un délai de 4 mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Elle fait valoir qu'elle a régularisé les traitements de 2020 en février 2021, les traitements de 2019 en janvier 2022 et ceux de 2018 en septembre 2022 ; le 4 mars 2021, la consolidation de son état a été fixée au 9 avril 2020 ; le comité médical s'est prononcé pour une reprise sur d'autres fonctions dans un avis du 27 août 2020 ; la requérante ne peut pas prétendre à un versement supplémentaire en raison d'un indu, un plein traitement étant seulement justifié jusqu'au 9 juillet 2020, puis un demi-traitement du 10 juillet au 9 avril 2021 ; le jugement est donc exécuté ; un versement était prévu en septembre 2022 afin de lisser cette dépense imprévue mais la commune est confrontée à une augmentation de charges ; elle ne doit que la somme de 14 704,94 euros ; Mme A ne perçoit plus la NBI depuis le 1er mai 2018 et le CIA n'est pas dû en cas d'arrêt maladie depuis un arrêté du 31 décembre 2019, et il ne l'est donc pas au titre de 2020 ; elle n'a pas contesté la mesure de mutation.

La commune de Boutigny-sur-Essonne a produit le 27 janvier 2023 un mandat de paiement à Mme A de la somme de 14 704,94 euros.

Par un mémoire enregistré le 3 mars 2023, Mme A se désiste de ses conclusions aux fins d'exécution du jugement du 23 novembre 2020 mais presiste dans ses conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à hauteur de 2 000 euros.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2022, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné M. Mauny, président assesseur à la 6ème chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes, d'une part, de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution.". Aux termes de l'article R. 921-2 du code de justice administrative : " La demande d'exécution d'un jugement frappé d'appel, même partiellement, est adressée à la juridiction d'appel.() ".

2. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours () peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

3. Mme A considère qu'il a été fait droit à sa demande d'exécution du jugement du tribunal administratif de Versailles du 23 novembre 2020 et déclare se désister de sa demande aux fins d'exécution dudit jugement, si besoin sous astreinte. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Boutigny-sur-Essonne la somme de 1 800 euros à verser à Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de Mme A.

Article 2 : La commune de Boutigny-sur-Essonne versera à Mme A la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Boutigny-sur-Essonne.

Fait à Versailles, le 16 mars 2023.

Le président-assesseur de la 6ème chambre,

O. MAUNY

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,00

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