lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE02159 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GASSOCH-DUJONCQUOY;LEBON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A C a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination, et d'enjoindre au préfet de l'Essonne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail.
Par un jugement n° 2200155 du 28 avril 2022, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 30 août 2022, Mme A C, représentée par Me Pommelet, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une carte de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux dès lors que le préfet a commis une erreur de fait en mentionnant que le couple s'était marié en Italie, qu'il a apprécié de manière erronée ses ressources et n'a pas pris en compte l'intensité de ses liens sur le territoire français ;
- le tribunal administratif n'a pas répondu au moyen tiré de l'intensité de ses liens en France ;
- la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son époux, qui a exercé de nombreuses activités professionnelles depuis son arrivée sur le territoire français en 2014, a été frappé d'une incapacité de travail résultant d'une maladie chronique et reconnu travailleur handicapé et entrait ainsi dans les exceptions mentionnées à l'article R. 233-7 de ce code ; il bénéficie de l'aide au retour à l'emploi d'un montant mensuel de 505, 50 euros par mois et justifie ainsi de ressources totales de 1 780, 10 euros par mois ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et professionnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée.
Par une décision du 18 juillet 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme A C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme A C, ressortissante marocaine née le 1er avril 1984, a sollicité, le 2 février 2021, son admission au séjour en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne. Elle fait appel du jugement du 28 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 7 juin 2021 rejetant sa demande de titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.
3. En premier lieu, Mme A C soutient que le tribunal administratif a omis de répondre au moyen tiré de ce que le préfet n'a pas pris en compte l'intensité de ses liens sur le territoire français, ce qui entacherait la décision de refus de titre de séjour attaquée d'un défaut d'examen particulier. Il ressort cependant de l'examen du jugement attaqué que le tribunal administratif, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments de la requérante, a, par une motivation suffisante, écarté au point 4 de ce jugement le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité du jugement attaqué doit être écarté.
4. En second lieu, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué, d'une part, que le préfet de l'Essonne a précisé les considérations de droit et de fait sur lesquelles il s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour de la requérante et, d'autre part, qu'il s'est livré à un examen particulier de la situation de l'intéressée, dont il a rappelé la date du mariage avec un ressortissant italien et la date d'entrée en France, alors même qu'il aurait commis une erreur de fait sur le lieu de ce mariage et que la requérante critique l'appréciation qu'il a faite du caractère suffisant de ses ressources.
5. En troisième lieu, pour rejeter la demande de titre de séjour sollicité par Mme A C sur le fondement des dispositions de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de l'Essonne a considéré que l'époux de la requérante, ressortissant italien, ne justifiait pas de ressources stables pour subvenir aux besoins de sa famille et éviter que celle-ci ne devienne une charge pour le système d'assistance sociale. Pour contester cette décision, la requérante soutient que son époux aurait exercé plusieurs activités professionnelles depuis son entrée en France en 2014, qu'il serait frappé d'une incapacité de travail résultant d'une maladie chronique, percevant à ce titre une allocation adulte handicapé d'un montant mensuel de 903, 60 euros, et qu'il bénéficierait en outre d'une aide au logement d'un montant mensuel de 371 euros ainsi qu'une aide au retour à l'emploi d'un montant mensuel de 505, 50 euros. Toutefois, l'intéressée ne démontre pas davantage en appel qu'en première instance qu'à la date de la décision attaquée, son époux exerçait une activité professionnelle ou justifiait de ressources stables et suffisantes, les deux fiches de paie et les documents relatifs à l'aide au retour à l'emploi étant relatifs à des périodes postérieures à la date de cette décision. Elle n'établit pas non plus qu'à cette date, son mari était frappé d'une incapacité de travail temporaire au sens de l'article R. 233-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 233-1 et R. 233-7 de ce code et de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour doit être écarté.
7. En cinquième lieu, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué que le moyen tiré de ce que le préfet de l'Essonne ne s'est pas livré à un examen particulier de la situation de la requérante avant de prendre la mesure d'éloignement en litige n'est pas fondé et doit être écarté.
8. En sixième lieu, pour soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, Mme A C se prévaut de sa présence en France depuis octobre 2020 au côté de son époux et de la naissance future de leur enfant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée était présente sur le territoire français depuis moins d'un an à la date de l'arrêté contesté. Par ailleurs, la légalité d'une décision administrative s'appréciant à la date de son édiction, la requérante ne peut utilement se prévaloir de sa grossesse débutée postérieurement à la décision attaquée, ni, pour le même motif, des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. En outre, l'intéressée ne justifie pas d'une insertion personnelle ou professionnelle particulière en France et n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales et privées dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-six ans. Dans ces conditions, eu égard notamment au caractère récent du séjour en France de Mme A C, le préfet de l'Essonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la mesure en litige a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'il aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressée.
9. En septième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
10. Enfin, il y a lieu d'écarter le moyen tiré du défaut de motivation de la décision fixant le pays de renvoi par adoption du motif retenu par le tribunal administratif au point 11 du jugement attaqué.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A C est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37-1 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 28 novembre 2022.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne SIGNERIN-ICRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
22VE02159
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026