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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE02481

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE02481

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE02481
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 11 août 2022 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination.

Par une ordonnance du 23 août 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement de l'article R. 312-8 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A.

Par un jugement n° 2211670 du 11 octobre 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 4 novembre 2022, M. A, représenté par Me Landoulsi, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'ordonner l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

5°) de condamner l'État à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur le refus de délai de départ volontaire :

- il justifie de garanties de représentation suffisantes ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A est un ressortissant indien né le 25 janvier 1984 à Pondichéry, qui a déclaré être entré en France en mai 2017. Par un arrêté du 11 août 2022, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans le délai et a fixé le pays de destination. M. A relève appel du jugement du 11 octobre 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

3. M. A n'est pas recevable à demander l'annulation de cette décision, que le préfet n'a pas prise. Le moyen qui s'y rapporte est inopérant et doit être écarté.

Sur les autres conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. M. A soutient que l'irrégularité de sa situation au regard du droit au séjour ne lui serait pas imputable mais le serait à la préfecture, qu'il a saisie d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour dont l'instruction est anormalement longue. Il ajoute que la décision litigieuse ne pouvait être fondée sur la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet trois ans plus tôt, devenue caduque. Pas ses allégations, le requérant doit être regardé comme soutenant que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur de droit. Il ressort cependant les termes de l'arrêté litigieux que le préfet, ayant constaté l'irrégularité de la situation administrative du requérant, a entendu fonder sa décision d'éloignement sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquelles : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : /1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Il est vrai que le requérant produit l'accusé de réception, daté du 13 juin 2022 et délivré par la sous-préfecture de Sarcelles, de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Cependant, le seul dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative décide de l'éloignement d'un étranger qui se trouve dans les cas mentionnés à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus, si le requérant se prévaut de la durée anormalement longue du traitement de sa demande par l'autorité préfectorale, en tout état de cause, il n'allègue pas avoir effectué de précédentes démarches afin de régulariser sa situation alors qu'il soutient résider habituellement en France depuis le mois de mai 2017. Dès lors, le moyen doit être écarté.

5. Le requérant reprend en appel les moyens tirés du défaut d'examen particulier de sa situation et de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation de ses conséquences de l'obligation de quitter le territoire français sur sa situation personnelle. Il se prévaut notamment de la qualité de son intégration professionnelle en France et de ce qu'il ne constitue pas de menace à l'ordre public. S'il produit un contrat de travail à durée indéterminée daté du 1er juin 2021 en vertu duquel il occupe un emploi de retoucheur, il ne justifie pas, ce faisant, d'une intégration professionnelle d'une particulière qualité. De plus, il ne conteste pas être célibataire et sans charge de famille en France où il n'établit pas, d'ailleurs, vivre habituellement depuis son entrée alléguée en 2017. A supposer qu'il l'établisse cependant, il résulterait alors de ses propres dires qu'il aurait vécu en Inde jusqu'à l'âge de trente-trois ans. Il n'est pas donc pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle, alors par ailleurs que les termes de cette décision révèlent que le préfet a suffisamment examiné, avant de la prendre, la situation personnelle de M. A. Les moyens tirés d'une telle erreur ou d'un tel défaut d'examen doivent ainsi être écartés.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

6. Le requérant conteste cette décision en arguant qu'il ne représente pas de menace à l'ordre public et qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes. Ce faisant, il ne conteste pas avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ni avoir explicitement déclaré, lors de son audition par les forces de police, son intention de ne pas se conformer à une mesure d'éloignement dont il ferait l'objet. Dès lors et en tout état de cause, le préfet a pu légalement, sur le fondement des dispositions des 4° et 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile combinées à celles du 3° du L. 612-2 du même code, prendre la décision litigieuse.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence et en tout état de cause, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de police.

Fait à Versailles, le 16 novembre 2023.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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