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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE02483

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE02483

mardi 19 mars 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE02483
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 2115740 du 7 octobre 2022, le tribunal administratif de

Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 4 novembre 2022 et le 16 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Tall, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et de lui délivrer, pour la durée de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;

4 °) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les premiers juges ont inexactement apprécié sa situation personnelle et familiale ;

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision de refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme C A B, ressortissante haïtienne née le 5 février 1963 à Saint Louis du Sud est entrée en France le 11 février 2015 munie d'un visa Schengen de court séjour. Le 21 juillet 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 13 décembre 2021, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A B relève appel du jugement du 7 octobre 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement :

3. Si Mme A B soutient que les premiers juges ont inexactement apprécié sa situation personnelle et familiale, ce moyen, qui se rattache au bien-fondé du jugement, est sans incidence sur sa régularité. Par suite, il doit être écarté.

Au fond :

4. En premier lieu, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, de l'insuffisante motivation dudit arrêté, et du défaut d'examen de la situation personnelle de la requérante doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges et exposés aux points 2. à 4. du jugement attaqué.

5. En deuxième lieu, Mme A B soutient, comme en première instance, que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale. Elle fait à cet égard valoir qu'elle réside en France depuis 2015, qu'elle est à la charge de sa fille française et de son gendre, qu'elle réside chez eux avec ses trois petits-enfants et sa sœur, tous de nationalité française, qu'elle participe à l'éducation de ses petits-enfants, que ses trois autres enfants vivent au Chili ou en République Dominicaine, que ses parents sont décédés, et qu'elle est dépourvue d'attaches dans son pays d'origine. Toutefois, l'ancienneté du séjour en France de l'intéressée, à la supposer établie, ne caractérise pas, à elle seule, un motif exceptionnel au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. En outre, si Mme A B produit pour la première fois en appel une attestation de prise en charge établie par sa fille et son gendre, ce document, non daté, est insuffisamment circonstancié et ne permet pas, à lui seul, d'établir la réalité de cette prise en charge. Par ailleurs, si la requérante soutient qu'elle est malade et suivie pour cette raison par des médecins français, elle ne l'établit par aucune pièce. Enfin, si la requérante fait valoir que ses trois autres enfants vivent au Chili ou en République Dominicaine et que ses parents sont décédés, ces circonstances ne sont pas de nature à établir qu'elle serait dépourvue de toute attache dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de cinquante-deux ans. Par suite, les moyens susmentionnés doivent être écartés.

6. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté pour les motifs exposés ci-dessus.

7. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté pour les motifs exposés ci-dessus. En outre, l'intéressée, en se bornant à soutenir qu'elle a quitté son pays d'origine pour des raisons politiques, n'établit pas qu'elle serait personnellement exposée à des risques de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Haïti, alors, au demeurant, que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 novembre 2015, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile le 8 juillet 2016. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance de ces stipulations doit être écarté, ainsi que celui tiré d'une erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Val-d'Oise.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Versailles, le 19 mars 2024.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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